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LA HELL GANG
Bienvenido al Black Rebel Chicano Club

Ils sont jeunes, ils sont méchants et pourraient détrousser des vieilles si le ROCK & ROLL ne les avait pas remis dans le droit chemin, voici LA Hell Gang, un groupe pour qui le noir, plus qu’une couleur, est un mode de vie. Yeah.

Ils sont jeunes, ils sont méchants et pourraient détrousser des vieilles si le ROCK & ROLL ne les avait pas remis dans le droit chemin, voici LA Hell Gang, un groupe pour qui le noir, plus qu’une couleur, est un mode de vie. Yeah.

MEX190-500Ca, c’est pour la légende couchée sur papier ; dit autrement, pour la biographie qui accompagne « Thru Me Again », le deuxième album de LA Hell Gang, un groupe de Santiago dont le « LA » ne signifie pas Los Angeles, mais « La Vida », de l’aveu de Francisco Cabala. Le premier album publié en 2010, « Just What is Real », est tellement abominable qu’on vous épargnera un paragraphe complet sur ce qui ressemble à un best-of compilé des riffs de Keith Richards période Jumpin’ Jack Flash. Et je n’ose même pas parler de la section rythmique pataude comme un orchestre allemand tentant de reprendre les Who après s’être empiffré d’une choucroute pur beurre par une après-midi caniculaire.

Méchants qu’on disait, mais pas dangereux. Autant le dire pour éviter tout malentendu, pas sûr que le trio se soit déjà servi d’un couteau autrement que pour ouvrir des huitres. Après tout, simuler la transgression n’a jamais empêché quiconque de faire saigner ni les tympans – hormis sa street cred’, vous pensez vraiment qu’Iggy Pop a un jour tenté de CHERCHER ET DETRUIRE quoi que ce soit ? – ni la petite culotte de la groupie – quelqu’un a-t-il vérifié l’âge sur son passeport, bordel ? Bon, à part ça. « Thru Me Again » mérite tout de même qu’on en dise du bien, ne serait-ce que parce que La Hell Gang porte un nom plus cool que la mort, qu’il est évidemment inspiré d’un film sur les Hell’s Angels et que les morceaux dudit album racontent des histoires de bikers roulant jusqu’à la panne d’essence sur le périphérique californien, prêts à baiser n’importe quoi du moment qu’il y a un pot d’échappement et de l’huile dans le carbu.

Sauf que La Hell Gang vit au super-sud de la Californie : ils sont Chiliens, ce qui si on y regarde de près est l’un des rares mais incontestables atouts de la mondialisation : désormais chacun peut sonner comme les Américains, parfois même en mieux. C’est le cas avec « Thru Me Again ». On serait pointilleux, on reprocherait au groupe de creuser le même sillon que les Black Rebel Motorcycle Club dix ans avant eux ; ce serait non seulement pas volé mais aussi tellement flagrant : des fringues aux photos presse en passant par les couches de guitare empilées et la marque du micro à reverb, tout y passe pour se la jouer Marlon Brando marlou de bouge infâme avec la guitare sanglée en guise de préservatif. Du goudron et des plumes ouais, copieurs !

Soyons bons joueurs. Ces baroudeurs chicanos constituent avec leurs compatriotes de Föllakzoid une sorte d’alternative à l’idéal américain tel qu’on continue de le subir dans des publicités pour des parfums rock. Que dire d’autre sur ce disque ? Que ça sent la drogue (« on les prend naturelles » confie Francisco) pue le blues par tous les pores, qu’il y a de longues parties de guitares stridentes comme récemment sur le disque de Endless Boogie et que même si le groupe se déplace certainement dans des autobus munis de sanisettes, il y a ici nettement plus de danger que dans toute l’œuvre de The Killers. D’ailleurs comme l’indique le site diplomatie.gouv.fr, on constate actuellement une forte recrudescence de vols avec agression dans l’ensemble de la ville de Valparaiso. Cette information éminemment importante devrait suffire à vous convaincre que le rock chilien n’est pas cette fanfare guacamole décrite dans les brochures touristiques. Et puis LA Hell Gang, ça a toujours plus de gueule qu’un groupe en Français dans le texte. Gang des Blousons Noirs de Corbeille-Essonnes, passe ton chemin.

LA Hell Gang // Thru Me Again // Mexican Summer (Differ-Ant)
En concert au Lieu Unique (Nantes) le jeudi 26 mars avec Etienne Jaumet, Psychic TV et Grand Blanc. Plus d’infos ?

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