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ERIC DUSSERT
Le cercle des postérités disparues

Ici, chez Gonzai, on a maintes fois rendu hommage aux passeurs, ces hommes de l’ombre qui vous offrent la lumière rien qu’en relevant leurs manches. Une fois de plus, après cet article, vous irez courir chez Gibert acheter un produit d’essence culturelle. La dernière fois c’était un disque, aujourd’hui c’est un livre. Et pas des moindres puisque la pochade n’en est pas une et est loin de se lire en deux coups de cuillère à pot : 605 pages, 156 portraits d’écrivains. Et je vous mets au défi d’en connaitre plus de 10.

Ici, chez Gonzai, on a maintes fois rendu hommage aux passeurs, ces hommes de l’ombre qui vous offrent la lumière rien qu’en relevant leurs manches. Une fois de plus, après cet article, vous irez courir chez Gibert acheter un produit d’essence culturelle. La dernière fois c’était un disque, aujourd’hui c’est un livre. Et pas des moindres puisque la pochade n’en est pas une et est loin de se lire en deux coups de cuillère à pot : 605 pages, 156 portraits d’écrivains. Et je vous mets au défi d’en connaitre plus de 10.

3La postérité, les asticots… c’est parce que l’on sait que l’on y passera tous que l’on sème par-ci par-là qui un petit plant qui une petite pousse, dans le but inavoué qu’ils deviennent grands. Il y en a qui sèment, d’autres qui récoltent.
En faisant bien attention de séparer le bon gain de l’ivraie, Eric Dussert a employé ses plus belles années de lecteur à lire (en soi, n’est-ce pas déjà naturellement formidable ?) et coucher sur fiche chacune de ses lectures. Au fil des ans, après avoir ausculté le gros du troupeau, il s’est attaché plus spécifiquement aux moutons noirs de la littérature (on dit « corneilles blanches » s’il y a des russophones dans la salle). Par le soin d’entomologiste qu’il a apporté à ce dur labeur (« Penser/Classer » comme dirait Pérec), Eric s’est vite retrouvé avec sur les bras une montagne d’informations indispensables sur des auteurs qui n’avaient toujours pas terminé d’expier leurs fautes au purgatoire de l’Histoire Littéraire (avec un grand H et un grand L comme Haro sur les Losers). Puis il a poussé le vice à vouloir faire quelque chose de toutes ces notices qu’il ne se décidait pas à abréger (que ces fiches ne finissent pas par passer sous les fourches caudines du temps qui salit tout !). A-t-il, comme tout le monde, ouvert un blog ? Oui, mais à l’heure où Internet n’était encore qu’un rêve mouillé dans le cerveau de Steve Jobs, notre homme a dû faire avec le papier.

Tiens au fait, profitons-en puisque Eric Dussert en personne est parmi nous pour lui demander comment sa petite histoire à lui (avec un petit h et un petit l) a commencé, au temps où Steve Jobs n’en avait pas.

D’où vient cette fascination pour les écrivains oubliés ?

Je raconte toujours ça, c’est peut-être anecdotique mais bon, je pense que ça a un petit peu de sens. Je viens d’une ville qui s’appelle Vienne, au sud de Lyon, qui a été la capitale des Gaules avant Lugdunum. Bref, là-bas dans la vallée du Rhône, partout où tu donnes un coup de pioche, des bouts de poterie. Ça a développé chez moi un goût du trésor, ou l’envie de déterrer les choses, de découvrir et de désenfouir. Évidemment, je voulais être archéologue quand j’étais enfant, résultat je ne le suis pas. Mais, au fond, je suis une sorte d’archéologue du papier maintenant.

Mais pourquoi les livres plus qu’autre chose ?

Bizarrement, je n’étais pas littéraire quand j’étais enfant, mes parents n’avaient pas une bibliothèque particulièrement robuste. Et habiter en périphérie de Vienne, c’est la campagne…  Moi, j’avais pas de mob donc je lisais un peu tout ce qui me tombait sous la main, les quelques Livres de Poche qui traînaient par là ou l’encyclopédie Tout l’Univers et puis la Bordas que j’ai lue dans tous les sens, à l’exception du volume sur les mathématiques qui m’a toujours paru un peu humoristique. Pour dire les choses comme ça. Puis j’ai passé un Bac B et j’ai fait Sciences-Po, les enseignements me tenant encore assez loin de la littérature. Peu à peu, lassé des cours de droit constitutionnel, j’ai séché les cours et fait des razzias chez les bouquinistes. Je me suis également rapproché de la littérature en passant par la case journalisme : à 18 ans, j’ai commencé à faire des piges pour les pages culturelles du supplément lyonnais de Libération. Je suis monté ensuite à Villetaneuse pour faire le seul DESS d’édition en France, créé par Jean-Marie Bouvet, un ancien représentant d’Hachette en Afrique.

Au sortir de la promotion, tu fais quoi ?

Un truc de ouf : mon service militaire ! Mais je trouve une place dans l’édition militaire à la revue Stratégique. A la fin de la conscription, je reviens à Paris mais c’est la guerre du Golfe, donc c’est la crise, donc la catastrophe pour le livre, comme toujours, donc les éditeurs pleurnichent. Restrictions des budgets et tout le toutim. Je trouve tout de même un poste à la Bibliothèque Nationale.

Tout en gardant un pied dans l’édition.

Oui, exactement. J’ai d’abord bossé pour la revue de nouvelles Brèves, et je continue d’ailleurs, parce que les directeurs de cette revue, Martine et Daniel Delort, sont vraiment des personnes adorables. Au début, je faisais des chroniques de livres puis j’ai fait une revue des revues, trop gros boulot que j’ai abandonné pour le grand bien de ma vie sociale pour créer une chronique qui me ressemble plus et qui nécessite moins de temps : « Relire ». C’est une chronique un peu comparable à celle que j’ai dans Le Matricule des Anges depuis le numéro 14, en 1993, à ceci près que Brèves me laisse le loisir de publier une nouvelle intégralement en plus.

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Le premier « égaré », puisque c’est ainsi que se nomme ta chronique dans le Matricule, ce fut qui ?

Victor Barrucand. C’est le premier parce que j’avais déjà depuis pas mal de temps l’envie de le rééditer. Le pain gratuit devait se faire chez un éditeur helvète qui s’appelait Canevas, maison dirigée par Maurice Bourg, lequel a complètement disparu de la circulation, je crois.

D’ailleurs, comment en es-tu venu à diriger des collections dans des maisons d’édition ?

A une conférence de rédaction du Matricule, chez Thierry Guichard et Philippe Savary, je fais la connaissance d’Eric Naulleau. Il s’avère que l’on a tous les deux le même côté… comment dire… taquin. Peu de temps après, il s’en va créer une maison d’édition, l’Esprit des Péninsules, et me demande de concevoir une collection de littérature. Naît « L’Alambic », que je reprendrai plus tard chez l’Arbre Vengeur, les éditions de David Vincent et Nicolas Étienne à Bordeaux.

Que décides-tu d’éditer à ce moment-là ?

En travaillant à la Bibliothèque Nationale, j’ai fait en quelque sorte une formation accélérée et j’ai dû lire beaucoup de classiques. Je m’aperçois alors que dans le Matricule, on néglige l’histoire littéraire au profit de la nouveauté. Illogisme pur, vu que l’on ne peut pas comprendre la nouveauté si l’on ne connait pas les antécédents. Ecrire un roman naturaliste aujourd’hui, ça n’a pas de sens. Mais si tu n’as pas lu Zola, tu ne t’en rends pas compte. D’où le rôle critique qui est censé rappeler les faits… J’ai bien dit « censé ». Par contre, une fois que tu as lu Zola, tu t’aperçois qu’il y a des tas d’écrivains contemporains qui nous fait le coup de nous repasser du naturaliste à la sauce d’aujourd’hui, en changeant le décor, simplement, et, également, tu constates qu’il existe des naturalistes « canal historique » qu’on ne lit plus. Henry Céard par exemple ou Marc de Montifaud. Ce sont des types, il faut les lire ! Terrains à vendre au bord de la mer, in-dis-pen-sable (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k617262)!

J. Pfieffer écrit de Friedo : « Un instinct étonnamment sûr, presque infaillible, pour les valeurs authentiques lui faisaient toujours découvrir, dans le passé et dans le présent, des nouveaux trésors qui, grâce à lui, devenaient pour ses amis un acquis inoubliable. »

Quelles sont les voix d’accès aux portraits ?

Elles sont multiples. Parfois, j’ai lu un texte formidable que je souhaite rééditer, donc je me renseigne, histoire de rédiger un avant-propos scrupuleux, plus rarement on me commande une préface, ou bien on me met un livre dans les mains en me disant, « Tiens, ça c’est pour toi ». Mais c’est la voie la plus rare. Sinon je chine beaucoup. Saint-Ouen et Montreuil pour commencer. Je suis intrigué par un titre, je rentre chez moi, je m’y mets. Je suis déçu, je ne le suis pas. Le hasard.

Par exemple, L’anthologie de la poésie naturelle de Camille Bryen et Bernard Gheerbrant à 480€ sur Amazon…

J’arrive à les avoir moins chers ! (rires) J’explique dans les remerciements d’Une forêt cachée que l’une des « voies de la connaissance », pour parler comme Kung-Fu, et c’est d’ailleurs ce que disait aussi François Caradec, ce sont les catalogues de livres anciens faits par les libraires qui aiment leur métier. A force de voir des noms, tu les retiens. Et puis tu y apprends des petites choses qui peuvent être intrigantes, qui émoustillent ta curiosité bien souvent. Mais pour revenir aux voies d’accès, la plus banale reste quand un éditeur réédite un texte dont j’avais prévu de faire un portrait. Un article normal mais rédigé sous forme de portrait. Quand Le Dilettante réédite Jean-Louis Brau, alors que je potasse beaucoup les Lettristes et notamment Gabriel Pomerand, je profite de la réédition du Singe appliqué pour publier un papier. L’occasion fait le larron, ça fait de la pub à l’éditeur et tout le monde est content.

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C’est drôle parce que la première fois que j’ai poussé la porte de la librairie de Dominique Gaultier (19 rue Racine dans le 6ème et bientôt place de l’Odéon), je l’ai questionné sur Brau, qui est, il faut le dire, un vrai dingue.

C’est un sacré personnage, et Le Singe appliqué un sacré livre, d’un sacré style ! Il a eu plusieurs vies dont une vie d’écrivain à la commande, obligés de faire des tas de bouquins sans intérêt pour payer le loyer.

Tu dis souvent que ton préféré d’entre tous est Francis de Miomandre. Et pourtant, tu ne fais pas de grosses révélations sur lui, en tout cas on n’en apprend moins que sur Brau.

Tout simplement parce que Miomandre n’a pas eu une vie rocambolesque. Brau, quant à lui, a été militaire, et même commando (il a écrit Les armes de la guérilla), il a cassé du Viêt-Cong, bref il a fait des choses pas très catholiques… Comme quoi, faut pas se fier aux apparences. Les Jojo-Les-Belles-Bacchantes qui traînaient leurs guêtres à la Mouffe (rue Mouffetard, lire là-dessus Rue des Maléfices de Jacques Yonnet) des mandalas plein les cheveux n’étaient pas tous des enfants de chœur!

Tu parles de Paris, tiens tiens… Bien souvent, les spécialistes ès auteurs de seconde zone se doublent d’amoureux de Paname…

Bah, figure-toi que moi, pas du tout ! Paris, les chiens, les chats, ça ne m’intéresse pas du tout. Et Paris en tant que ville historique encore moins ! C’est archi ressassé. C’est même repassé. Je fais une toute petit exception pour Yonnet, pour La Nuit des Halles de Claude Seignolle et pour l’Histoire de la merde de Dominique Laporte. Enfin, je plie aussi la rotule devant Rétif de la Bretonne. Pour le reste, ya basta !

Comme ça, on est fixé ! Reprenons le wagon en marche et recentrons-nous sur certains de ces oubliés. Pascal Pia, par exemple. Lui, il aurait bien voulu que jamais tu ne le déterres…

En effet, on pourrait reprendre la formule forgée par André Pieyre de Mandiargues à l’encontre Saint-Pol Roux pour parler de l’auteur de Les livres de l’Enfer, du XVIe siècle à nos jours : « Certains font tout pour bénéficier du magnifique plaisir de se faire oublier ». Excessive modestie ? Nihilisme scrupuleux ? Va savoir…

« Les amateurs éclairés n’ont jamais constitué une foule très dense », Pascal Pia.

Ça te fait quel effet de déterrer une œuvre, d’être le premier à découvrir et à faire découvrir ?

2Quand j’ai lu les poèmes d’Adolphe Vard, j’étais content. Plus récemment, j’ai trouvé des textes inédits d’un grand écrivain qui paraîtront plus tard, je suis comme un enfant. Mieux: j’ai édité cet été un roman de René Dalize qui s’appelle Le Club des neurasthéniques et a paru en feuilleton en 1912 ! Lui était un ami de collège d’Apollinaire, son plus vieil ami ! Et personne ne sait qui est René Dalize ! De quoi se poser des questions sur le circuit de l’information au sein des élites, non ? Ce roman est fabuleux ! Eh bien, parmi les lecteurs et « amis » d’Apollinaire, personne n’a daigné s’intéresser à René Dalize. S’il avait été seulement lu, il aurait été immédiatement réédité, ça ne fait pas l’ombre d’un doute. C’est un vrai roman, qui se lit tout seul, très rigolo. ça interroge, comme disent les socio-culs, non ?
Je vais te raconter une petite histoire, toujours à propos de ce goût, qui m’est venu très tôt, de chercher dans les marges. Quand j’étais étudiant à Lyon, je me rappelle d’un jour où je me suis retrouve sur la place Bellecourd devant le bac à nanards bazardés à 1 franc (0,15 €) par la librairie Flammarion. J’y ai acheté un Genet, un Maurice Roche, un André de Richaud. Avec le Richaud, j’ai compris qu’il y avait une littérature qu’on ne connaissait pas. L’iceberg. J’ai été électrocuté par l’incipit du livre : « Je ne suis pas mort. C’est bien plus pire » ( = ça rappelle la maladresse voulue de Duras au début de L’Amant : « Très tôt, j’ai eu mon visage de vieille femme, je ne sais pas si c’est tout le monde »). Comment peut-on écrire ça ? Qui peut se le permettre ? Est-ce de la littérature ? Ça m’a ouvert les yeux et ça a tout déclenché.

Tu évites sciemment Emmanuel Bove, Henri Calet et autres Georges Perros. Par contre, tu gardes Félix Fénéon et Gabrielle Wittkop…

Oui, parfois par choix (trop de thèses), parfois par sympathie. J’ai très bien connu Gabrielle Wittkop avant son grand « come back ». J’ai d’ailleurs des lettres d’elles assez inouïes, parfois illustrées. Cette femme était un personnage incroyable. Quant à Fénéon, c’est un fondateur, une pierre de touche qu’il faut impérativement réinscrire aux frontispices des histoires de la littérature, comme Georges Perros sans doute, mais ce dernier est bien soutenu par de fervents lecteurs et éditeurs. Ses mânes n’ont vraiment pas besoin de moi. Quant à Bove ou Guérin ou Calet, tu ne vas pas me dire qu’ils peuvent prétendre au statut d’écrivains oubliés depuis quarante ans qu’on agite leurs noms. Ils sont peut-être peu lus, mais ils ne sont pas oubliés. Lorsque j’ai entrepris la réédition de l’œuvre complète d’Henri Roorda, là, je me suis trouvé face à plusieurs générations de lecteurs, la mienne et les suivantes, qui n’avaient jamais entendu parler de lui. Pour Bove et Calet, ça n’est pas le cas. Celui ou celle qui accroche leurs noms à une hypothétique liste d’écrivains oubliés ou négligés sont des ignorants.

Est-ce qu’il y a un auteur plus qu’un autre que tu espères faire connaitre, un qui réclamerait peut-être une biographie à part entière écrite par tes soins ?

Oui. En réalité plusieurs, mais je préfère garder leurs identités pour moi.

« J’attends ma gloire d’une dizaine de types et la veux obtenir d’eux seuls. Derrière eux, la foule des gens qui ne comprennent qu’à moitié ou pas du tout, me fera une renommée de « poeta minor ». Et je travaille avec le beau courage du découragement. » (Lettre de Léon Deubel à Armand Dehorne, 10 juillet 1907)

De qui tu as appris ? Je veux dire : qui t’a permis d’aller dans cette direction, t’a aidé, t’a mis le pied à l’étrier ?

Personne ne m’a vraiment mis le pied à l’étrier, Mais plusieurs personnes m’ont permis d’avancer. Jean-Didier Wagneur, ex-critique à Libération, avec qui je travaille à la Bnf. Jean-Didier, qui, au passage, vient d’écrire un livre important sur la bohème chez Champ Vallon, m’a donné des pistes. Edmond Thomas, le patron des éditions Plein Chant et de la revue éponyme, Claire Paulhan dont les livres sont des modèles. Michel Décaudin, qui m’a impressionné par ses connaissances fines du post-symbolisme. Il a écrit La crise des valeurs symbolistes, une somme qui montre que, lui, il a tout lu, tout passé au crible, la moindre petite revue littéraire qui a fait le passage de la fin du XIXe siècle au début du suivant. Je pourrais citer aussi Michael Pakenham, spécialiste de Verlaine, Philippe Oriol, spécialiste de l’affaire Dreyfus qui sort très prochainement la somme définitive sur la question, Bruno Leclerc, un libraire qui est malheureusement décédé récemment, Christian Laucou, le codicologue le plus moustachu de ma connaissance, etc. Tous ces gens-là ont contribué à me former, ou à me déformer. Quoi qu’il en soit, ils m’ont beaucoup enrichi.

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Est-ce que via ton boulot en bibliothèque, tu as plus facilement accès à des documents rares ?

Oui, tout à fait, mais au même titre que tous les chercheurs de la bibliothèque nationale. Heureusement car qui dit trop rares dit trop chers.

J’ai appris que tu as travaillé chez Phébus ?

En 2003, j’ai quitté la BN et je suis devenu directeur adjoint de cette maison d’édition qui a connu à l’époque pas mal de rebondissements. Puis je suis revenu à la Bnf. Aller-retour.

Pour toi, quel est l’éditeur par excellence ?

Je n’ai pas d’engouements particuliers pour un éditeur ou pour un autre, si ce n’est qu’on s’aperçoit que tous, collectivement, arrivent à ressortir pas mal de choses. Edmond Thomas qui dirige Plein Chant est un modèle de droiture, de constance… et d’énergie ! Il est imprimeur à la base, il a gardé un côté très secret, façon « je fais les choses dans mon coin ». Il existe un phénomène assez net ces temps-ci : c’est la profusion de jeunes qui sont formés aux métiers de l’édition et qui se retrouvent sans boulot à la fin de leurs études. Ils sont obligés d’être marchands de voitures ou d’assurances le jour pour pouvoir être éditeurs la nuit. On assiste par conséquent à une émergence dans le monde de l’édition indépendante de livres introuvables qui ressurgissent à une cadence importante. Anciens ou récents d’ailleurs : certains avaient paru il y a une dizaine d’années et les voilà retraduits (voir le catalogue des éditions Sillage), augmentés (L’homme qui penche de Thierry Metz chez Plein Page en 2008), etc.

Rééditions d’auteurs négligés par des éditeurs qui se sentent eux aussi négligés…

En quelque sorte. Ou probablement. Ou pas du tout.

On va finir sur cette note joyeuse. Merci Eric, j’espère que tu nous continueras longtemps encore à gratter l’écorce et nous faire découvrir d’autres personnages tous plus obscurs les uns que les autres.

Il est trop facile de ne s’intéresser qu’à ce qui émerge à la surface du monde. Les bulles de savon sont pourvues de folles couleurs, certes, mais elles éclatent.

Ce sera le mot de la fin, alors.

Le blog d’Eric Dussert alias Le Préfet maritime : http://www.lekti-ecriture.com/blogs/alamblog/
A voir « Un livre un jour » avec Eric Dussert (03/05/2013):

Œuvres à lire sur Gallica (bibliothèque numérique de la Bnf).

Terrains à vendre au bord de la mer de Henry Céard : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k617262
Le pain gratuit de Victor Barrucand : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k224975

PS : comme l’écrit Pierre Jourde sur son blog Confitures de culture : Eric Dussert a été précédé dans cet apostolat [sauver certains écrivains de l’oubli] par des gens comme Charles Nodier, Charles Monselet (Les Oublié et les dédaignés), Gustave Brunet, Pascal Pia, Hubert Juin, Raymond Queneau, André Blavier (Les fous littéraires). A LIRE ABSOLUMENT (surtout Blavier, qui a côtoyé les surréalistes belges, bien plus surréalistes que les surréalistes français !).

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