70, année électrique…

Commencez par vous taire, dans cet article il n y aura aucun débat possible. Les Who m’ont pris aux tripes à 16

70, année électrique…

Commencez par vous taire, dans cet article il n y aura aucun débat possible. Les Who m’ont pris aux tripes à 16 ans et je ne rigole pas avec ça. The Who 1970, c’est un peu l’année 0 du rock. Là ou tout a véritablement commencé : rock business, overdoses bibliques et  purges en tous genres (Beatles).

Les Who ont traversé les sixties en ombre anglo anglaise des mods. Numéro 1 au classement devant Small Faces, Creation, Action, Move et j’en passe. Un sacré championnat. Une production impressionnante de singles, des groupes magnifiques, des sapes extraordinaires. Bref cette histoire du peuple mods traversant la Tamise, jonchée de miracles soniques et sexuels… tout le monde la connaît. Sauf que fin sixties, la grande majorité de ces groupes sont perdus dans le désert du rock fasciné par le bouillonnement outre-Atlantique. Ils étaient maintenant adultes et cramés (Statu Quo en tête de liste). Hard boogie et gueule de bois.

Quand au Who, l’histoire allait les révéler saint patron du rock britannique. Brillants intouchables de sa majesté. Townshend craque. Les Beatles ont tout défoncé à jamais, les Stones sniffent dans le luxe et chacun y va de son album concept. Même les Pretty Things, loosers à la coke mauvaise sortent ce bijou, SF Sorrow. Difficile de raconter cet état d’esprit pour un mec comme moi né au moment du Live Aid. Mais la stimulation artistique de cette époque devait être monstrueuse. Le grand pas beau Townshend accentue sa consommation d’amphétamines et écrit ce manifeste de l’adolescence: Tommy. Ecouté, adulé, mal digéré ou même vomi, je suis passé par tous les stades à l’écoute de ce disque. Après Who Sell out (1967) et la poignée de très bons singles de l’année suivante , Call me ligthning,  Magic Bus, Dogs, l’orchestration chargée de Tommy est difficile à supporter pour le bon croyant pratiquant que je suis. L’histoire est fabuleuse et l’écriture splendide se révèle comme la pointe du rythm n’blues mélodique qu’ils avaient entrepris depuis leur début.

Pour contrer ce disque aux guitares cleans, leur maison de disque sort moins d’un an après le Live at Leeds, grande célébration électrique devant une orde de mods aux rouflaquettes gonflées. Sorte de jugement dernier, cette soirée à Leeds est maléfique. Composé en majorité de tubes sixties, je n’ai depuis jamais entendu quelque chose de plus violent, petites pisseuses de Stooges et MC5.

Barbus et Mur d’Hiwatts. Tommy sorti début 69 avait métamorphosé le groupe tant physiquement que mentalement. Daltrey et sa permanente blonde chante divinement. Entwistle en homme des cavernes est un groupe punk à lui tout seul. Un son et un jeu de basse sortis de l’enfer. Moon commence son carnage qui le mènera jusqu’à la fin des seventies en tueurs de fûts incontrôlables et en mec décadent et riogolo. Le rock : avant tout un truc de gosse. Townhend maîtrise maintenant sa folie et son idéal mods. Pousser la modernité à son paroxysme. Tommy possède une esthétique très particulière et un son plutôt moderne pour l’époque. Sa plus grande folie interviendra sur les moogs de Who’s Next. Une autre histoire de névrose.

Donc durant toute l’année 69, le groupe joue Tommy en intégralité en concerts, parsemé d’anciens tubes. Les concerts sont filmés (les bandes seront détruites pour piraterie). Attentat à chaque concert. Le « Fucking awful » de Woodstock. Une tournée des opéras européens et 1970 débute dans ce cahot de décibels. Tournées des stades US pour la première fois. Le buldozer Who est maintenant lancé pour les trente prochaines années.

Arrive le 29 Aout 1970. Troisième et dernier Festival de l’Isle de Wight. Les Doors avec un Morrison décalqué, Miles Davis et ses robots ultra doués. Tout le beau monde freak du folk pénible au rock pré prog chiant est là et tout le monde en prend pour son grade quand les Who débarquent sur scène. Les anglais sortent de plusieurs mois de tournées et maitrisent parfaitement Tommy, jouant aux détails près l’enregistrement studio sans les overdubs de cuivres qui rendaient le truc pompeux mais avec un max d’électricité. Des milliers de gamins perchés s’enchaînent la trentaine de morceaux. Tout le groupe chante parfaitement, joue sa partition avec génie et interprétation.

Les larsens sont cataclysmiques et il n y a rien d’autres à dire. S’en prendre plein la gueule et jouir pleinement du moment présent même 39 ans après par un groupe compact, surpuissant et attachant. Tommy can you hear me !

16 commentaires

  1. bah si ils sont moches, il est la le prob, je veux pas que mes groupes préférés me ressemblent, je veux du reve, de l’inaccessible.

  2. « L’orchestration chargée de Tommy » ?
    C’est une illusion. Réécoute-le, mon pote. Il n’y aucun musicien extérieur aux quatre Who : guitare, basse, batterie, piano, orgue, un peu de cor anglais joué par Entwistle, et c’est tout. C’est pas Sgt Peppers.

  3. petit coquin
    qui t’a parlé d’autres musiciens ?
    ce disque a néanmoins une orchestration chargée d’une multitude de détails pompeux qui ont leurs charmes, de la bonne géllatine à l’anglaise !!!!!

    et pas de blague sur le sergent pepper…

    coquin va

  4. Beatles et Stones ont marqué leur époque, mais rien à côté des 4 boys déjantés, Pete, le talentueux illuminé, Roger, la voix sexy, John, the spider magique de la basse et le plus fou, le plus grand batteur farceur à gueule d’ange Moonie…

    Sergent Peper face à My generation, Tommy, Quadrophénia, Who’s next, Who are you, c’est déjà du réchauffé… souvenez-vous Isle of Wight 1970 ? Fabuleux…

    Manque de reconnaissance, c’est un euphémisme !!!!

    Personnellement fan dans ma jeunesse des Beatles, aujourd’hui, les Who, au moins c’est du pur et dur Rock.

    Long live a rock…

  5. Bonjour, j’étais à ce fameux festival de l’île de Wight 1970 et permettez-moi de préciser certaines choses : l’auteur de cet article va un peu vite en donnant l’impression qu’il n’y avait que les Who qui étaient bons, je me souviens de bien d’autres prestations, comme celles d’Hendrix, de Free, de Leonard Cohen, Donovan, Sly & the Family Stone, Kris Kristoferson, Ten years After, etc.. Les Doors, d’accord ce n’était pas leur meilleur jour.
    Aujourd’hui il est de bon ton de dire que le folk ou le prog c’est nécessairement « chiant », mais à l’époque on n’était pas si blasés, et puis le prog était innovant et n’était pas encore tombé dans les excès pompeux qu’on a connus par la suite, par exemple Jethro Tull étaient excellents.
    En ce qui concerne les Who, je suis plutôt d’acccord avec cet article, dommage qu’il ne cite pas leur excellent et excitant premier album « My Generation », l’un de leurs meilleurs selon moi. Je ne suis pas un grand fan de « The Who sell out ». Et quand « Tommy » est sorti, je dois reconaître que c’était assez bluffant, cette idée d’opéra rock, assez réussie malgré certaines longueurs.
    Et « Live at Leeds », un des plus grands live de l’histoire du rock, c’est sûr !

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