par
10 mars 2014

STRASBOURG [ECOUTE EXCLU]
Plus loin vers l’est

strasbourg_1« Sexe et violence », deux mots qui vont souvent de paire – demandez leurs avis à Phil Spector ou Bertrand Cantat – sans qu’on ait pourtant l’impression d’assister à une descente des organes en posant l’oreille – ou tout autre membre – sur la platine. Dans le cas du groupe Strasbourg, et sans dire qu’ils soient les dignes héritiers de Joy Division, Throbbing Gristle ou Frustration parce que de toute façon aucun de ces groupes ne saurait être atteignable, on retrouve la même répulsion qu’avec le dernier essai de Soft Moon, dont une seule écoute suffirait à régler le problème démographique tant on a envie de se pendre après trois crissements de guitare.
Au départ pourtant, les fondateurs du groupe Strasbourg (Raph Sabbath et LLCoolJo, + 10 pour les blases les mecs) souhaitaient produire un mix entre beats reggaetons et musique cold ; en gros se diriger vers une sorte de Kingston congelé, voire de Manchester sous les tropiques. Rejoints par un violon et un synthétiseur, et encouragés par leur label à « aller aussi loin qu’ils le souhaitent sans se soucier de la manière dont les morceaux seront reçus », Strasbourg enclenche la première direction le mur du son. Leur EP enquille quatre morceaux dont une reprise fuzz tellurique du hit hot de Blur, Girls and Boys, ici passé à la moulinette sur 12 minutes qui rappellent surtout la torture du goulag stalinien. A défaut d’être un sommet d’inventivité, « Sex et violence » contraste avec tous les efforts consentis par la concurrence pour plaire au plus grand nombre. A l’image de la ville dont il est ici question, voilà au moins un groupe à la périphérie du plaisir. A l’heure du cool pour tous, en voilà au moins quatre qui éviteront la pendaison. Ca leur laissera plus de temps pour regarder l’auditeur agoniser. Comme dirait Ian Curtis, c’est la jouissance par strangulation.

Strasbourg // EP « Sexe et Violence » // Le Turc Mécanique
http://leturcmecanique.bandcamp.com

8 Comments Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

0Shares
Aller enHaut

Ca vient de sortir

Rupture, tristesse, album, tournée, plan cul : le cycle infernal de Lime Garden

Quand quatre jeunes musiciennes toutes fascinées par l’idée de monter

Guadal Tejaz : « On voulait mêler le monde du club et la musique rock »

Des araignées, du kraut comme on n’en fait plus, des

Le nouvel album de Eightycuts expliqué par Eightycuts

Entre krautrock, psychédélisme, improvisations et pulsations électroniques, Thousand Fates, premier