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2 octobre 2026

Orphée est-elle l’arnaque de l’année ?

Crédit : Ella Bats

Revenu à la vie grâce à Adam Karakos, le mythique label Celluloid conclura sa première année de réanimation avec la sortie du premier album d’Orphée. Et le nom des fantômes dans sa valise (Brigitte Fontaine, Elli & Jacno, Alain Kan) fait déjà saliver celles et ceux qui espéraient secrètement une alternative à Clara Luciani. Le nouveau single, Arnaque, confirme tout le bien qu’on pense de cette musicienne non identifiée.

L’annonce, voilà un an, du retour du label Celluloid – qui traumatisa les années 70-80 avec des pointures du calibre d’Alan Vega, Lydia Lunch, Jacno, Soft Cell ou encore Mathématiques Modernes – avait de quoi faire flipper l’armée des nostalgiques qui hante encore mollement les derniers disquaires indépendants à la recherche de galettes usées. Etait-on en train d’assister à un énième come-back gavé de rééditions, comme ce fut le cas récemment avec le label BYG ? La sortie du très bon album de Nathan Roche (Villejuif Underground) constitua un premier élément de réponse (non), et dans son sillage, c’est désormais la très énigmatique quoique très farfelue Orphée qui vient clouer le cercueil à questions.

Cantatrice new-wave, sorte de Bianca Castafiore exfiltrée de l’Alcazar par les forces de l’ordre, Orphée n’est pas à proprement parler un lapin de six semaines. On lui doit une décennie de scènes alternatives, de chants dans des bouges mal éclairés, et une certaine idée du vrai Paris underground où les grandes résolutions se prennent à trois heures du matin sur un coin de table avec un paquet de clopes à moitié vide.

C’est donc avec un enthousiasme assez inédit que l’album à paraitre résonne comme un écho à d’autres décennies, d’autres artistes du Paris nyctalope (pensée émue pour les 56 fans encore vivants du Chateau Rouge de My Sister Klaus). Il est assez jouissif d’entendre les productions minimalistes de cette fille de personne venir cogner dans un coin oublié du cortex, et ravivant en 7 morceaux un pan effrité de la contre-histoire française allant des années 70 à 90. En empruntant à Nico et Catherine Ribeiro leur aspect prêtresse du noir, Orphée annonce donc son règne dans un palais en toc où basses synthétiques et boites à rythmes servent de décorum pour une nouvelle chanson française, bien éloignée des fourberie de La Femme. Tour de magie garanti sans trucages.

Orphée // French-Speaking music // Sortie chez Celluloid le 4 décembre 2026

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