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18 septembre 2026

« Comme du Blade Runner en deprimos-wave » : Vers le Nord est ta nouvelle religion préférée

Si l’utilité de publier des clips à budget réduit se pose un peu plus chaque jour, maintenant que l’IA reproduit gratuitement le réel dans un monde inversé, il en va autrement pour Vers le Nord, nouveau projet du dark-messin Matthieu Pellerin, en route vers l’apocalypse avec le meilleur album du dernier automne de l’Humanité. De ce point de vue, le clip de L’homme errant, réalisé avec 787,56 € TTC, agit comme une paire de lunettes spécial éclipse.

Qui se souvient de Vers l’Est, titre de 1980 du groupe français Moderne, et de ses paroles synthetico-communistes ? « Plus loin vers l’est. D’ouest еn est. Plus loin vers l’est. Toujours plus loin, sans rеtour ». Pas grand monde, on s’en doute.
Mais on ne serait pas surpris que Matthieu Pellerin, à qui l’on doit l’existence des groupes Oi Boys, Loth ou encore Nuits Blanches, ait le disque rangé quelque part dans sa cave. La preuve de cette démonstration foireuse, c’est que son nouveau projet Vers le nord change de direction sur la boussole sans vraiment modifier le cap fixé par la jeunesse fascinée voilà 40 ans par le mur de Berlin, les affiches de propagande russe et l’idée d’un no futur qui rendrait le présent à la fois terriblement angoissant et diablement urgent. Oui le Nord, c’est froid et polaire, mais Pellerin s’apprête à réchauffer cette cold-wave au micro-onde avec des synthés tous droits sortis de Blade Runner (Oneohtrix Point Never est aussi cité comme référence) ; de quoi révolutionner un peu la grande église de la Triple Alliance Internationale de L’Est avec un son martial, puissant et épique. En écoutant L’homme errant, on vous met au défi de ne avoir envie de monter un raid nocturne contre une usine à robots en cramant le pack de 8.6. L’homme errant ici, ce n’est évidemment pas Pierre Palmade perdu dans un énième délire narcotique nocturne ; on pense davantage à du Francis Heaulme pur jus dans la forêt ardennaise et tout le porté par une batterie païenne de fin du monde. Difficile de se relever après un single aussi radicalement dansant.

« Pas vraiment marginal » comme il le dit sur l’un des autres sommets de ce premier album nommé A l’aise, Matthieu Pellerin réussit ici l’exploit de renouveler un exercice de style qu’on pensait connaître par coeur (l’anti-pop messine trempée dans la deprimos-wave, plus Poutou que Macron) avec un brulot de 10 titres que – ô surprise – on peut écouter tout seul dans son salon sans avoir envie de s’ouvrir les veines avec un best-of de Type O Negative.

Si le mythique quart d’heure américain devait être transposé en 2026, nulle doute que cet A l’aise trouverait donc rapidement sa place dans un squat de Lorraine avec ce Pellerin évangéliste du nouveau siècle planqué dans un coin avec son gros micro à réverb et un synthé rouge et noir. A défaut de croire en Dieu, reste donc une belle option pour le jugement dernier : croire en ce prophète non profit qui permet à Born Bad, qui fête cette année ces 20 ans, de repartir bruyamment pour un tour.

Vers le Nord // A L’aise // Sortie chez Born Bad le 20 novembre.

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