Par définition, les miscellanées ont servi depuis la nuit des temps à assouvir les fantasmes et connaissances de gens en tout genre assoiffés d’un sujet bien

Par définition, les miscellanées ont servi depuis la nuit des temps à assouvir les fantasmes et connaissances de gens en tout genre assoiffés d’un sujet bien particulier. Premier du genre que je dévore : les miscellanées du rock n’roll. Petite vermine du style, je me tape sans pitié ses quelques pages dédiées aux classements les plus débiles du rock et aux anecdotes les plus croustillantes.

Histoire d’un gringo de 28 ans qui rêve une dernière fois au fin fond du Portugal, bidoche moite et bière tiède pendant qu’à Paris des fanatiques s’excitent sur sa chronique de Wilco. Legalize It de Peter Tosh et autres compiles Studio One sous un soleil biblique, une relecture précise de Gonzo Highway et ses miscellanées qui me bouffent comme la dernière drogue à la mode. Un été presque religieux.

Comme dans High Fidelity, ce bouquin sert dans un premier temps à établir les compilations les plus farfelues :

Dix chansons vraiment très longues : je m’en branle complet.

Dix chansons pour l’ipod planqué en cours de maths : j’ai toujours mon bon vieux discman qui saute de temps en temps avec lequel je peux écouter de vrais fichiers wave.

Dix pirates les plus recherchés de Bruce Springsteen : Je déteste ce mec, j’aurai préféré le bon vieux Neil Young.

Douze titres de James Brown samplés plus de 600 fois par des rappeurs : c’est une honte, enfoirés de rappeurs.

Dix chansons sur la fumée (qui sent bon) : ça me fait envie. Putain Legalise it est quatrième entre Thiéfaine et Moustaki, c’est un livre sur le rock ?

Cinq collectors Beatles de la mort : le n°5 sans hésiter, les 4 premiers singles du label Apple (1968) pack promotionnel de quatre 45 tours envoyés seulement à une dizaine de journalistes. 1700 dollars le pack, pour tes yeux baby !!

Les meilleurs albums anglo américians de 1967, 1968, 1969 : j’aurai adoré les faire mais finalement tout le monde les connaît.

Dix chansons cultes d’Hunter Thompson : yeah, Rod Stewart est dans le top 10, j’adore ce mec !!

Dix noms de groupes folk français les plus énervants des seventies : ah enfin un procès, il était temps de juger ces extrémistes du mauvais gout.

Vingt solos de guitares cultes du classique rock : fantastique mais dernier sur la liste, celui de Steve Winwood sur une version live de Dear Mr Fantasy avec Traffic (Welcome to the Canteen -1971) ça couine sévère.

Bon un dernier classement, si je vous dis 5 obsessions vestimentaires de Patrick Eudeline ?

D’accord au milieu de ces débilités,  il y a des histoires du rock, de l’école de Canterbury, à la Factory en passant par le Brill Building, le château d’Hérouville, les découvertes de John Hammond, les girls group, les ordonnances du Dr George Nichopoulos (médecin d’Elvis), les beatles boots, le 96-98 St. Mark’s Place, les personnages de la pochette de « We’re only in it for the money » ou encore les frasques de Peter Grant ou Screaming Lords Sutch.

Plutôt précis, et dotée d’une écriture assez coquine, ces miscellanées frisent la grande escroquerie façon Malcom McLaren. Le recyclage est roi.

Si ma grand-mère ne m’avait pas offert ce bouquin avec Babes in Arms du MC5 pour mon anniversaire (for real, no joke), je n’aurai surement jamais lu ces quelques pages rempli par feuillets de grosses merdes du genre : la chanson du lundi, celle du mardi, du mercredi bla bla bla. Tous les chanteurs de black Sabbath, ça fait flipper ils sont tous joué dans des groupes horribles (Rainbow, Deep Purple..). La liste des noms de groupes animaliers, bref nerveusement je ne suis pas loin du mot croisé ou du mot fléché. Sûrement la chaleur…

Puis il y a quand même ces petites anecdotes façons Paris Match du Rock’n’roll assez drôles. Lors d’un concert de Big Brother and the Holding Company, le bassiste du groupe Peter Albin, fait taire Janis Joplin, qui crie comme une chienne en chaleur dans une envolée bluesy pénible dont seule la dame a le secret, en souhaitant la bienvenue au public au show très attendu de la chienne Lassie. Une bonne mandale dans la gueule après le concert et Janis se barre du groupe.

Donc pas d’analyses pénibles dans ce livre, et c’est tant mieux. C’est déjà assez le bordel.

Juste des écrits bruts sur une musique bourrée de légendes qui en dit plus que les trop nombreuses frasques sociologiques sur le sujet, celles de Greil Marcus en tête de file. L’université de Liverpool a même ouvert un Master Beatles. N’importe quoi. Heureusement cet été il y a eu Good Morning England et ce bouquin pour me garder en vie dans le monde de la pop. Il y a peut être mieux mais au pays du Fado ou parfois les vendeurs de poissons mériteraient des baffes, c’est déjà un grand luxe.

« Legalize it, don’t criticise it » Peter Tosh (1977)

Les Miscellanées Du Rock // Jean-Eric Perrin, Jérôme Rey, Gilles Verlant // Ed. Fetjaine

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