Michaël Spanu est sociologue, docteur de l’Université de Lorraine et membre du comité éditorial de la revue Volume!. Pour Gonzaï, il revient sur un épisode marquant de son enfance, dans le monde d’avant, quand fêtes de village et festivals populaires permettaient à la France de se réunir autour de Michel Leeb, Pierre Bachelet, La Compagnie Créole et autres artistes gérés par des bénévoles. Bienvenue à Lichemialle dans l’histoire des musiques populaires en France.

J’ai grandi en entendant mon père raconter qu’avec sa bande de copains, ils avaient fait venir les Vagabonds (un groupe de reprises yéyés) à la fête du 14 juillet d’un village voisin du nôtre, Lichemialle. L’anecdote se terminait (presque) toujours de la même manière : après le concert, le groupe demandait son argent et le comité des fêtes de Lichemialle leur disait « ça va pas être possible ». Les Vagabonds avaient en effet prévu une date quelques jours avant à Firminy, à moins de 50 kilomètres de Lichemialle, rompant ainsi la clause d’exclusivité du contrat. « Ils ont essayé de nous la faire à l’envers ! » s’exclamait alors mon père, sans toujours préciser s’il y avait eu castagne après. Ça se passait dans les années 1980.

Tout comme ses histoires sur Linda de Suza, Pierre Bachelet ou Michel Leeb, celle des Vagabonds a fini par devenir banale au point que je n’y prêtais plus attention. Pourtant, il y avait de quoi s’étonner car, de ce que j’en voyais, mes parents étaient très loin du showbiz. Ils travaillaient comme commerçants l’hiver et forains l’été, et on ne peut pas dire qu’ils comptaient leurs heures. Ce n’est que plus tard que j’ai réalisé que cette fête du 14 juillet n’avait de fête que le nom, qu’il s’agissait plutôt d’une sorte de festival-kermesse géant rassemblant jusqu’à 30 000 personnes dont mes parents avaient trouvé le temps d’être les artisans alors que je faisais encore dans mes couches.

La vedette est dans le pré

Lichemialle est un patelin de rien du tout, coincé entre la Loire et la Haute-Loire. Un patelin comme tant d’autres en France. Il tire son nom d’un ancien octroi où l’on devait payer une dîme, la mialle, pour transiter du vin. Au moment de payer, on en profitait aussi pour boire un coup (ou, dans le jargon local, licher). Le village a périclité par la suite et il a fallu attendre les années 1970 pour qu’un concours de pétanque relance la machine : « Le soir, […] on avait un phonographe avec des disques, on a tiré une loupiote, il nous restait du vin dans un tonneau, et il est venu trois cents personnes ! » Ça, c’est Daniel Roux, ancien employé à la Poste, grand manitou de cette fête qui allait bientôt devenir l’événement immanquable de la région.

« Pendant deux ans, on a organisé des grandes kermesses avec des groupes folkloriques qui venaient du midi ou d’ailleurs. C’était gratuit (…). Et en 1976, on a décidé de faire venir une “vedette”. » Je souris en entendant ce mot aujourd’hui, tant à cause de son charme désuet que de la manière expéditive dont on le prononce dans la région (« v’dette »). Le premier à monter sur le podium de Lichemialle, au milieu des prés, pour se produire devant quelques milliers de clampins, mélange de paysans et d’ouvriers de la région, c’est Carlos. Aujourd’hui, Carlos, ça fait ricaner, mais il faut imaginer que dans la région, il n’y avait rien. Quelques fêtes traditionnelles sans relief tout au plus. Même dans la grande ville la plus proche, Saint-Étienne, les vedettes ne se couraient pas après. Les sociologues (dont je fais partie) ont beau dire qu’on est entrés, depuis les années 1960, dans une société du loisir, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain ni de manière unilatérale dans tout le territoire. Ce qui est sûr, c’est que dans les années 1970-1980, les gens du coin avaient de plus en plus de temps libre, ils regardaient beaucoup la télé et avaient bien l’intention de goûter en vrai à cette culture cathodique qui berçait leur quotidien.

« Dans toute l’histoire de la fête de Lichemialle, il y a eu deux fois où on a mangé de l’argent, l’année du rock et l’année de la pluie. Ici c’est pas rock. »

Dans la région de Lichemialle, les collectivités ne subventionnaient pas encore ce type de « loisirs ». Il a donc fallu mettre la main à la poche, prendre des risques, se débrouiller. Un impresario a été approché par le biais d’un des rares dancings du coin (Les Cimes à Raucoules, aujourd’hui on dirait un club ou une boîte) qui avait des contacts à Paris et qui louait son orchestre à la fête du 14 juillet de Lichemialle (une manière d’éviter la concurrence). Les affiches étaient collées une à une dans toute la région grâce à l’estafette dans laquelle le comité avait investi : « Quelques semaines avant la fête, on sortait deux ou trois fois par semaine et on mettait des pancartes au bord de la route. On se courait après avec le Front national. On collait, ils passaient par derrière pour recoller, et nous on recollait par dessus ! » m’a confié mon père.

Affiche de la fête du 14 juillet 1991 à Lichemialle (archive personnelle de Daniel Roux)

Commentaire : Outre le gala de la Compagnie Créole (dont les membres ne se parlaient plus en privé), on trouvait d’autres animations : le défilé des groupes musicaux traditionnels et des majorettes, une bourse aux pin’s, l’American Toro Rodeo (taureau mécanique), un bal disco avec sono et un autre en plein air avec l’orchestre de Christophe Romero, et enfin l’immanquable feu d’artifice.

Entre fête et festival, populaire et populo

Ceux qui connaissent l’histoire des festivals de musique français savent que beaucoup ont commencé par de simples fêtes de village, souvent pour remettre un peu d’ambiance au cœur de l’été. C’est le cas des Vieilles Charrues ou encore du Paléo. Je parle évidemment des festivals de musiques qu’on appelle maladroitement « actuelles », car les festivals de musiques savantes ou de théâtre avaient depuis longtemps une certaine envergure, du fait de leur soutien institutionnel. Ce n’est qu’à partir de 1981, avec l’arrivée de Jack Lang (lui-même issu des festivals) au ministère de la Culture que des formes culturelles comme le rock ou encore la BD commencent à obtenir des soutiens publics. Mais comment passe-t-on de la fête au village au festival qui fait rayonner tout un territoire ? Pas si simple.

Photo dédicacée de Michel Leeb (archive personnelle de Daniel Roux)

Avec des chanteurs comme Carlos, Dave ou Enrico Macias en tête d’affiche, Lichemialle était loin de l’idéal culturel des années Mitterrand. Celui-là même qui a permis à d’autres événements plus « respectables » de se développer, comme le festival d’art de la rue d’Aurillac dans la région voisine. D’autant plus que le comité des fêtes de Lichemialle n’y allait pas de main morte sur la dimension populaire du 14 juillet. D’une année à l’autre, en plus du gala (aujourd’hui on parle de concert), on pouvait assister à d’improbables animations et autres salons : courses de dromadaires et spectacles « orientaux », salon de la voyance et de la parapsychologie, bourse aux pin’s, etc. Sans compter les activités plus classiques de la région : majorettes, bal dansant, fanfares ou encore feux d’artifice. Cet aspect bigarré est le résultat d’un fonctionnement entièrement bénévole où chacun avait son mot à dire. Tandis qu’ailleurs les festivals étaient de plus en plus subventionnés et se professionnalisaient (au point qu’aujourd’hui on se plaigne de leur programmation normée), la fête du 14 juillet à Lichemialle conservait un fonctionnement artisanal. « Ça nous a effleurés d’en faire notre métier. Mais moi j’avais ma situation, ma conjointe freinait des quatre fers. Alors on louait le chapiteau, par exemple à Casino pour qu’ils vendent les huîtres. Ça faisait rentrer de l’argent. On était contraints à l’époque, on n’avait pas le choix, il n’y avait pas de subvention. On avait cent bénévoles au moment de la fête, et un groupe assez soudé de trente personnes le reste du temps. »

Course de dromadaires organisée par le comité des fêtes de Lichemialle pour la fête du 14 juillet 1987 (archive personnelle de Daniel Roux)

Commentaire : Cette année-là, Michel Leeb est venu accompagné de musiciens (sous la direction de Gérard Badini). La première partie était assurée par Aquarelle (groupe de Roanne) et l’illusionniste Serge Daninos. Outre la course de dromadaire, on trouvait aussi, cette même année, les habituels bals gratuits avec orchestre, le feu d’artifice, le défilé des groupes musicaux traditionnels et des majorettes, un salon de l’auto et du 4×4, une foire artisanale.

« De célébration collective, la fête est devenue une réjouissance individuelle en même temps qu’un produit de consommation. » (Guy Di Méo)

Festival, qui a le plus gros ?

Outre les festivités, on venait à Lichemialle pour la bonne ambiance. Son fameux buffet campagnard à base de charcuterie régionale coûtait une poignée de francs. Il n’y avait pas de burger végé. La bière y coulait à flots (de la Kro ou de la Fischer, selon les années), à une époque où on avait encore le droit de boire à la bouteille plutôt que dans des gobelets en plastique comme des morveux de 5 ans. Nombre de vedettes préféraient d’ailleurs partager le buffet avec les équipes plutôt que de manger seules dans leur coin. Certains artistes avaient même établi leur loge chez Daniel Roux, ce dernier étant toujours heureux de les accueillir. Michel Leeb avait tellement aimé Lichemialle qu’il a décidé d’y lancer la tournée d’un spectacle, deux ans après s’y être produit pour la première fois.

La foule sous le chapiteau de la fête du 14 juillet 1987 à Lichemialle, pour le retour de Michel Leeb avec son orchestre (archive personnelle de Daniel Roux)

La fête du 14 juillet de Lichemialle était un événement profondément ouvert, populaire et familial, tout en restant d’envergure importante. C’est d’ailleurs ce qui fait l’originalité de cet événement : il n’était ni une fête purement locale (comme pouvait l’être les fêtes patronales ou certains bals), ni un festival professionnel. La différence entre fêtes et festivals a été brillamment décrite par le géographe Guy Di Méo, dont je m’inspire ici. Pour lui, les fêtes « tendent à se fondre aujourd’hui dans la catégorie très polymorphe des activités de loisirs », au travers d’un glissement « des ordres du symbolique et du sacré à ceux du quotidien, du marchand, de l’ordinaire, du permanent (fête quotidienne d’Eurodisney, par exemple). De célébration collective, la fête deviendrait aussi, en quelque sorte, une réjouissance individuelle en même temps qu’un produit de consommation ». On sent chez Di Méo une pointe de nostalgie. Il admet quand même que nombre de festivals conservent l’esprit des fêtes d’antan avec leurs bénévoles, leurs scènes off, etc. Mais n’est-ce pas qu’une façade ? Au-delà de la professionnalisation et des subventions, les festivals d’aujourd’hui font l’objet d’un marketing territorial intensif (phénomène aussi connu comme « festivalomanie »). Le festival est utilisé comme un levier pour changer l’image d’un territoire, une variable d’ajustement dans la compétition que se livrent les collectivités pour développer leur attractivité. C’est un peu une réactualisation de la bonne vieille querelle de clocher, à coup d’enceintes, de vedettes et de subventions. De fait, le succès de la fête de Lichemialle a entraîné certaines tensions et jalousies au sein du territoire : « On était en bisbille avec le motocross d’Yssingeaux. Il est tombé à l’eau. Mais nous on n’y est pour rien. Les gens venaient chez nous. La foire de Pont-Salomon, si les artisans y allaient, là-bas on leur interdisait de venir chez nous. C’étaient des petites guéguerres. » Cela allait des obstacles administratifs aux menaces de mort, en passant par le classique contrôle fiscal. Pourtant, est-ce si inconcevable que l’on puisse organiser tout cela bénévolement sans vouloir s’en mettre dans les poches ? Qu’on ne s’y méprenne pas, Daniel Roux pensait aussi au rayonnement de son territoire. Il a d’ailleurs brigué avec succès la mairie de la commune dont dépend Lichemialle bien des années après, selon un schéma (désormais bien identifié) qui fait passer les directeurs de festival à des fonctions politiques de premier ordre. Car la gestion d’un tel événement s’apparente à celle d’une ville, mais en plus concentrée.

De fait, les aléas ont été nombreux à Lichemialle. La chanson « En l’an 2001 » de Pierre Bachelet, vous vous souvenez ? Moi, on me l’a fait chanter à l’école. Il ne semblait y avoir rien de plus inoffensif, avec son chœur d’enfants. Mais sur scène, à Lichemialle, Bachelet avait vraiment voulu avoir les enfants derrière lui. Quand le premier gamin du public est monté sur scène, un deuxième a suivi, puis tout le monde a voulu faire profiter à son mioche de ce moment exceptionnel. Sauf que le podium de Lichemialle, ce n’était pas Bercy. Il n’était pas prévu pour autant de monde. Heureusement, à cette époque les marmots ne pogotaient pas encore et la musique ne s’y prêtait guère, mais les organisateurs se rappellent encore des sueurs froides à l’idée que tout puisse s’écrouler. Furiani n’était pas très loin.

Pierre Bachelet sur la scène de Lichemialle pour la fête du 14 juillet 1986 (archive personnelle de Daniel Roux)

Aujourd’hui, la sécurité pèse lourd sur les budgets des festivals. À l’époque, ça se faisait à la bonne franquette. On pouvait louer les services de la gendarmerie locale, et puis tout le monde mettait la main à la pâte. De toute façon, à Lichemialle, les débordements étaient rares. Comme si l’ambiance familiale contenait les excès de la buvette. On invitait même les autorités locales et départementales à inaugurer les festivités, selon un protocole bien rodé et rapporté par la presse locale. Pour les plus anarchistes qui me lisent, faire des courbettes en public au préfet ou au président du conseil régional doit leur paraître aussi embarrassant que lorsque ma mère me déposait devant l’école avec sa vieille Renault 21. Toutefois, faire venir des personnalités politiques de premier plan était une manière de faire reconnaître l’intérêt de cette fête, voire de s’assurer un minimum d’appui institutionnel, dans un contexte local parfois tendu (un peu comme le Hellfest en 2009). De toute façon, il n’y avait pas de honte à avoir, puisque le financement de la fête ne dépendait pas des politiques locaux : « On avait même les autorités militaires du département, le directeur des RG [renseignements généraux]. On les invitait […]. On était sponsorisé par les bières Fischer. À l’époque, Barrot [conseiller général de Haute-Loire et ministre] nous a dit “vous avez vingt ans d’avance”, et nous on lui a dit “tu as vingt ans de retard” », raconte Daniel Roux.

Inauguration de la fête du 14 juillet 1987 à Lichemialle (archive personnelle de Daniel Roux). De gauche à droite : le commandant de gendarmerie locale, inconnu n° 1, Daniel Roux, inconnu n°2 (mais ses lunettes suggèrent qu’il était le directeur des RG), une fille du village, le député Jacques Barrot (conseiller général de Haute-Loire et ministre), inconnu n°3, Christian Spanu (mon père), le maire de Saint-Pal-de-Mons (commune à laquelle Lichemialle est rattachée).

L’esprit rock et Laurent Wauquiez

Pas très rock’n’roll tout ça, vous me direz. Oui et non. En 1984, toujours à Lichemialle, un chapiteau de 8 000 places avait été prévu pour un « festival international de rock », avec notamment Paul Personne, Little Bob Story et l’Enfance éternelle. Le rock était à la mode chez les jeunes (oui cher lecteur, « était », car c’est du passé tout ça). Ça faisait carton plein dans les bals qu’organisait le comité des fêtes de Lichemialle. Tout s’annonçait bien. Le jour de l’événement, sur les milliers de personnes attendues, seules 250 pointent leur nez. Le bilan est douloureux. « Dans toute l’histoire de la fête de Lichemialle, il y a eu deux fois où on a perdu de l’argent, l’année du rock et l’année de la pluie. Ici c’est pas rock. » Moi-même natif de la région, je dois concéder à M. Roux que l’Auvergne n’a jamais brillé pour ses groupes de rock. Par contre, la voyance et les 4×4, ça marche du tonnerre… On peut bien sûr ironiser là-dessus, l’opposer à la « vraie » culture (celle qui cherche à se distinguer, dirait Bourdieu), celle où le rock tient aujourd’hui une place importante (« le rock est le nouveau jazz », tout ça tout ça). Finalement, qu’est-ce qui est plus rock’n’roll ? Faire venir tartempion qu’on voyait en couverture de Best et Rock&Folk ou organiser un bal-kermesse gigantesque en totale autonomie et au milieu de nulle part ? À vous de voir. J’entends déjà cette petite voix au loin qui gueule : « Populiste ! »

Mais alors, à part le rock, qu’est-ce qui a empêché cette fête de devenir le grand festival qui aurait fait rayonner la région ? « En 1993, me confie Daniel Roux, ça commençait à dégringoler parce que les mentalités évoluent, il fallait partir sur le soir. Et puis le changement de législation. Quand il y a eu Furiani. Puis la loi de 1901 sur la responsabilité qui a été modifiée. Et voyant que les collectivités ne suivaient pas, qu’il fallait investir énormément d’argent… Ça me rapportait rien, que des ennuis. » Malgré la frilosité des pouvoirs publics, l’utilisation des festivals dans le marketing territorial nécessitait aussi un lien plus fort entre l’identité de la région et la thématique de la fête de Lichemialle. On comprend donc mieux comment et pourquoi, dans la région, c’est la fête médiévale du Roi de l’Oiseau dans la vieille ville du Puy-en-Velay qui a tout raflé, grâce au soutien inconditionnel de ce cher Laurent Wauquiez. Finalement, c’est sans doute ce qu’il y a de plus rock dans cette histoire d’échec de festival : que le succès d’une fête dans laquelle un groupe de potes s’est tant investi ne termine pas en joujou des politiques locaux ou en énième proie d’une multinationale.

Vivre à fond, mourir de sa belle mort et, surtout, ne rien devoir à personne.  Bienvenue, Lichemialle, dans l’histoire des musiques populaires en France.

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9 commentaires

  1. L inconnu N 2 semble être Mr Regis Marcon ancien maire de Dunieres et actuellement Député . Le N3 est bien Monsieur Geraud Du Peloux a l’époque maire de St Romain Lachalm

  2. Bel article, merci beaucoup.
    J’ai passée ma jeunesse à saint Pal de Mons et bien sûr le festival de Lichemialles en était un moment fort.

    Sophie

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