Afin d’avoir une vague compréhension de ce reportage du Levitation France Festival 2019 qui s’est déroulé le weekend des 20 et 21 septembre derniers, il est à préciser que LE QUAI – ANGERS se situe bel et bien à ANGERS et non à PARIS comme j’ai pu l’apprendre d’une source sûre le matin de l’ouverture du festival. Après vérification, il n’existe aucune structure nommée LE QUAI – ANGERS au sein de la capitale, ni même aucun quai de la sorte. Retour, donc, sur une expérience entre ciels et bas-fonds qui m’a valu, de même pour une bonne paire de loulous, un sacré weekend à l’arrache en Pays de la Loire.

Arrivée en trombes sur le parvis de la gare, j’ai dans mon sac les rudiments nécessaires pour improviser un séjour sur les bords de la Maine. Le festival a déjà ouvert ses portes au public et j’ai une interview potentielle avec les Warlocks qui peut tomber à n’importe quel moment. Je suis à la bourre et devrai compter sur le sens de l’hospitalité local pour trouver où crécher ce soir. Je me dirige à l’oreille et fonce droit vers la source des basses qui se répercutent contre les remparts de la citadelle et s’éparpillent le long des rives ou les festivaliers se désaltèrent avant d’entrer dans cet antre stupéfiant où se rassemblent chaque année les fervents protecteurs de la culture psychédélique afin de préserver la lumière. Et sache que cette lumière est dans ton crâne.

Résultat de recherche d'images pour "levitation festival angers 2019"Quel soulagement de voir les Warlocks sur scène à mon arrivée, et qui entament un set bien ficelé pour ouvrir le bal dans le forum principal – grosse pression : 45 minutes pour faire monter la sauce dans une salle à moitié pleine ne laisse aucune place à l’expérimental – mais bon, c’est la dure loi des festivals. On les sent un peu crispés parce qu’il est tout à fait normal qu’ils veulent donner un maximum à un public à la recherche de cette élévation mystique du corps et de l’esprit. Une belle tripotée d’hippies cracras, stray cats, mods, bikers gominés, skinheads et autres fils de punks maniaco-dépressifs incompris, misanthropes romantiques et polytoxicomanes hypersensibles calcinant leurs clopes avec une frénésie nihiliste qui, je ne vais pas te faire un dessin, constitue le noyau dur du public rock. Si l’une de ces caractéristiques te correspond, alors tu te sentiras au LEVITATION comme une souris dans la paille. Et quelle paille !

Résultat de recherche d'images pour "levitation festival angers warlocks"Le concert se termine loin des rappels de la semaine dernière à Petit Bain (Paris), bien plus intimiste et où il est peut-être plus intéressant de les voir développer leurs vibrations et prendre leur pied durant leur performance… Comme à peu près pour tous les groupes en fait. Mon interview se profile au beau milieu du concert des londoniens de Black Midi qui osent et n’hésitent pas à se mettre en danger pour saisir cette fréquence fluctuante et fétiche sans avoir peur de se planter. Pointant mon nez par l’entrée des artistes, je me dis que si les routes de l’excès mènent aux portes de la sagesse, les Warlocks vont m’accueillir en défiant toutes les lois de la gravité en flottant tranquillement les jambes en tailleur au-dessus du sol de leur loge. La porte s’ouvre, et bien non : Bobby, JC, Earl V, Chris et Plucky sont assis confortablement dans des canapés. Leur voyage spirituel n’est visiblement pas terminé car il leur reste encore une dernière date pour boucler leur tournée européenne :

Alors les mecs comment vous vous sentez sur la fin de votre tour ?

JC : On est allé jusqu’au bout de cette route diabolique qui nous a mis sur les rotules !

Earl V : C’est un effet bizarre de se dire qu’on crevait d’envie de se reposer et maintenant qu’on arrive au dernier show on se dit tous “Oh no…”.

Vous regrettez de ne pas prolonger avec de nouvelles dates ?

JC : Oh Nooo !

Bobby : Qu’est-ce qu’on a à regretter ? Non on a aucun regret !

Plucky : NO REGRETS !

Chris : Tu deviens vite psycho quand même.

Jopi : Ah ouais ? Quel genre de psychopathes ?

Chris : Des bons !

JC : Non non non, des mauvais ! Criminals, baad !

Bobby : Oui on pourrait commettre des meurtres.

Plucky : On est ceux que les gens veulent qu’on soit ! (à garder très précieusement à l’esprit)

Deadly ! Et ça vous fait quoi d’être en ouverture du LEVITATION FRANCE ?

Bobby : Je n’arrivais pas à y croire, on a tous éprouvé une grande humilité en voyant tout ce monde venu aussi tôt. C’est difficile d’avoir la même énergie qu’en cours de soirée pour transmettre cette transe à cette heure-ci.

JC : On est des criminels mais on reste des professionnels de la bonne vibe. On est vraiment content de voir le LEVITATION FRANCE grandir et propager le message pour rassembler les gens. Quand on regarde au-delà de la scène on voit bien que tout le monde est présent, là, maintenant.

Chris : It’s church man.

Earl V : C’est vraiment une petite communauté et pour moi c’est le meilleur aspect ; on est synchronisés, tout le monde se connaît.

Chris : A lot of friends !

Résultat de recherche d'images pour "the warlocks"Et sinon vous pensez quoi du silence ?

Bobby : J’ai besoin de silence pour penser, avoir les idées claires, prendre du temps pour moi, me vider la tête… surtout quand tu voyages avec des gars qui jactent toute la journée… ah ah !

Earl V:- D’un point de vue personnel, mon silence c’est plutôt un ramassis de voix incompréhensibles qui s’égosillent jusqu’à la mort et le truc c’est de capter le silence… et de garder ce silence… Mais Plucky n’y arrive jamais.

Plucky : I RUN A BAR MAN EVERYTHING IS LOUD ALL THE FUCKIN TIME !!!

JC (dans la confidence) : Plucky est toujours à 10, on l’appelle le Brailleur Mexicain.

Plucky : Chacun d’entre nous est vraiment fucked up dans sa tête et je suis celui qui n’a aucun silence dans sa vie.

*Cette interview se termine dans une grosse explosion*

De retour dans cet hémicycle infatigable, lui. Après avoir discuté avec une roadie au mojo d’enfer qui m’a déstabilisé tout au long de cette courte entrevue et m’être perdu dans des fractales gonflées à l’aluminium craquelé projetées en live sur la façade principale du patio par un gourou barbu des oscillations métaphysiques, je découvre un nouvelle ambiance car le potard à effervescences cérébrales a déjà été tourné d’un cran ou deux sur l’échelle du jmenbaslescouillomètre. Sacré bordel. C’est l’occasion rêvée pour passer entre ces exilés de la City de Black Midi et ces sagouins de Fat White Family, histoire de leur montrer notre savoir faire made in la France. “Putain t’imagines si ils chantaient en français ?!“- mon voisin de foule acquiesce de façon solennelle… Frustré par Frustration, est-ce un comble ? Car du français sur cette touche punk à l’ancienne maîtrisée ça l’aurait vraiment fait. Tant pis, c’est toujours bien de se faire décrocher les oreilles. Nous approchons de minuit et la soirée est lancée comme un alpiniste en pleine montée.

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Arrive la Fat White Family, cela fait un moment que je les suis malgré des lives décevants car trop de tout et un dernier album plutôt anecdotique flirtant avec le cool de Queen et des rythmiques sorties droit du bong de Cypress Hill mais crois moi, ami lecteur des mémoires de mes déboires ; c’est en live que cela prend tout son sens. J’ai du mal à m’y mettre, ça me saoule, je quitte l’avant-scène pour prendre une bière et alors que je m’apprête à commander une pinte à ce bon vieux Ludo, je me retourne et tout s’éclaire. Tout commence sur I Believe in Something Better – et moi aussi – car ils creusent le truc pour aller jusqu’au bout, revisitant leurs tubes pour bien te montrer qu’ils s’en branlent puis montent en intensité et persistent pour aller jusqu’au bout. Tous les musiciens des autres groupes sont alignés le long du mur sans rien dire. Ils réussissent a créer cette atmosphère apocalyptique pesante qui apparaît après 10 heures de rave lorsque que tout le monde balance entre la vie et la décadence. Ils créent la brèche pour s’engouffrer dans chaque dimension et le message est clair : BOMB DISNEYLAND.

Ils essaient d’atteindre la perfection
Ils sont à fond de balle
Poussent le vice
Poussent des cris
Jusqu’au bout
Debout sur des subs torse nu
Coupé
Décalé
Dans leur défonce
Ils défoncent
Les codes
Fat White Boys
Ils ont capté
Un truc
Dans leur défonce
Ils s’amusent
Ils abusent
Parce qu’ils savent qu’ils peuvent
Aller droit dans le sale
Et c’est de la balle
Ouais
C’est de la balle
Sa mère
Et ça se permet
Parce qu’ils se sont permis
De créer cet espace
Que personne ne pourra prendre
Et ils abusent
Quoi qu’il se passe
Même les triomphes
Se concluent
Par une interlude
Et ça me gonfle.

Tout le monde se dirige pour le dernier concert de cette première soirée. J’ai du mal à me remettre de ce que je viens d’entendre mais soyez surs d’une chose : les Psychotic Monks ont couché tout le monde. La salle T400 du Quai (à Angers) le vendredi 20 septembre aux environs de 2 heures du matin était l’endroit où mourir sur cette foutue planète. Une hécatombe magistrale, une brutalité digne des Amazing Snakeheads, un show théâtral et des vrombissements purulents à t’en remuer les tripes. Les yeux révulsés à sonder mes entrailles et faire des 8 avec mes hanches, je sens toute la salle partir en l’air durant une boucle hypnotique d’une trentaine de minutes électriques… puis tout s’arrête et tout retombe avec violence.

“VOUS AVEZ VU LE FANTÔME DE PATTI SMITH ?!”

Reclus dans mon temple, j’essaie de trouver un compromis pour subvenir à mes démences auto-destructrices assumées : je vais écrire un article qui changera la face du monde, mais les mots sont parfois trop faibles pour décrire de telles sensations. La quasi totalité de la salle s’est déjà enfui quand je reviens à ce que nous qualifions naïvement de réalité. Il ne reste plus que quelques amas de corps inertes bloqués dans ce trou noir des couloirs de l’espace temps que des anges essaient de faire revenir dans ce purgatoire. J’aperçois le spectre de Patti Smith sur scène. Infiltration en urgence en backstage et agression des premiers types que je croise : “VOUS AVEZ VU LE FANTÔME DE PATTI SMITH ?!“, l’un d’eux me sourit et me répond : “Ah ouais… T’es aussi défoncé que moi toi, et tu sais quoi ? C’est beau à voir !”. Il est temps de rentrer, certes. Je pourrais répondre à l’appel de ces sirènes, certes. Mais dans ma tête c’est devenu très compliqué ces temps-ci. Je détourne le regard et m’en vais sans savoir où aller, car en plus d’être paumé dans ma vie, je ne connais rien de cette ville.

(…)

Réveil samedi matin à la fraîche sur un coin d’herbe aux abords des escaliers de la montée St Maurice rendu possible grâce à une couverture de survie subtilisée quelques heures auparavant. Journées européennes du patrimoine obligent : je me rends au château d’Angers pour aller triper sur les toiles de l’Apocalypse. Et bien ce fut un bad trip. Je me balade en ville, samedi shopping, marche contre le réchauffement climatique, rassemblement antifa et retour des Gilets Jaunes… On est foutu de toute manière, ce système et ce modèle de société sont obsolètes et c’en est trop pour moi. Je quitte la décrépitude de ce monde en ruines et retourne au LEVITATION dans l’espoir d’une révélation fongique.

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(C) Ouest France

J’encaisse. L’excitation de la veille retombe, j’ai les tempes en miettes, le teint terne, le regard noir et le moral dans mes chaussettes moites. Je pue, enfin je t’épargne les détails : je tape le mal. Les concerts s’enchaînent à une vitesse vertigineuse et je n’arrive pas à percevoir de message dans tout ce spectacle. Quel est le message ? Au fond du couloir, pas de message. Je cours dans ce musée d’êtres humanoïdes. Où est ce foutu message rapporté de Psychedelia ? Je tourne à gauche, il n’y en a pas non plus. Ces français qui baragouinent des paroles en anglais m’agacent. OÙ EST LE FOUTU MESSAGE qui m’a attiré jusqu’ici ? N’était-ce qu’une programmation clinquante que je me mets presque tout les soirs dans le baba ? Je vais à l’encontre de cette descente et me dirige voir Derya Yildirim & Grup Simsek. Que d’amour dans son saz (un luth à manche long dirons-nous) qui je suis sûr a été le coup de coeur de cette édition 2019. Ces chansons traditionnelles venues droit des ruelles escarpées d’Istanbul apaisent les moeurs de tout le monde. Tout cet amour lui a été rendu car Derya et ses musiciens ont reçu la plus belle et la plus longue ovation de notre part.

Rester concentré : un pas après l’autre, voilà c’est très bien, sourie aux gens, voilà c’est très bien… Reste calme. Celui-ci chante en anglais mais avec le Villejuif Underground, au moins, on a à faire à des professionnels. Et ils se la donnent accompagnés d’un Kevin des grands jours venu chercher ses quelques minutes de gloire et arracher un tendre baiser à Paul – leur nouveau batteur – pour enfin s’échapper de la scène d’un saut improvisé les genoux en avant faisant 3 blessés aux abords de la grande scène. Mais que fait la police ?! À l’heure qu’il est, elle doit dégager des migrants à Villejuif. Je me retrouve à discuter avec Antonio et Thomas dans leur loge et ils me proposent de faire une interview d’une minute. Nous avons le même âge et une question me démange :

Finalement, avec votre expérience vécue dans le rock, est-ce que ça pécho ?

Thomas :  Tout ça de toute façon moi je te dis : c’est né d’une naissance. Moi tu vois je suis arythmique.

Antonio : Philip K. Dick !!

Thomas – On est plutôt tourmentés… Ça pécho moyen, c’est pas tu pécho rien, c’est tu pécho moyen. T’as envie mais parfois tu penses à autre chose. Après si t’as fait du rock c’est que t’es plutôt moche. Si t’étais beau gosse tu ferais pas du rock y’a pas à chier quoi ; t’aurais d’autres choses à foutre. Mais bon les meufs elles aiment bien les mecs plutôt moches, mais du coup quand t’es moche tu penses à d’autres choses, tu penses à des trucs un peu existentiels… Tu penses pas toujours à la femme ou à l’homme, du coup voilà ça pécho moyen. Y’a rien de dommage, y’a des gars ils font que de pécho des meufs et ils sont ultra cons, ils sont BG, nous on est pas trop BG, pas trop cheums, quand t’es dans le rock t’es dans l’entre-deux… c’est finalement quelque chose de plutôt consensuel.

Antonio : Moi ça me fait plaisir de voir que tout se dégrade, c’est comme une fraise à Plougastel.

Résultat de recherche d'images pour "villejuif underground"Un témoignage d’une accablante vérité qui me rappelle mes états d’âme d’hier soir. De retour dans le four après avoir aperçu l’infini dans un bac à vinyles, je découvre King Khan’s Louder than Death – on dirait mon pote le prince Ali mais dans un slip en cuir avec une casquette de flic – accompagné de Aggy Sonora, Looch Vibrato et Mr Fredovitch. C’est bien punkish et je crois que je n’ai jamais autant ri durant un concert. Le King pousse des cris d’effroi au commencement de chaque titre et ses paroles me parlent alors que je me parle les dents serrées : Chief sleeps in the park / And loses his mind / Guilty for just thinking / Of a thoughtless crime / He’s lookin lonely / He’s buying time / Over and over and over / At the end of the line. Tu penses trop. C’est what the fuck et ça a de la gueule mais tu penses trop, Jolan.

Mes pensées divaguent devant Night Beats, trois mecs venus droit du Far West avec leurs couvre-chefs qui plongent leurs visages dans l’ombre et font tout leur jeu de scène. Ce diable de batteur Evan Snyder est une véritable bête, il accapare tout l’espace par sa fureur, c’est un lion enragé à plusieurs têtes qui crache des flammes, il se nourrit de l’énergie des Hommes, il est le sexe parfait : à la fois homme et femme ce Tirésias scandinave est un symbole Seigneur faites que cela s’arrête mais il ne lâche rien il fait tout seul ses rappels faites que tout cela s’arrête tout cela me monte à la tête il monte sur sa grosse caisse et jette ses baguettes les lumières s’allument je vais me détendre dans un fauteuil de l’espace détente en PLS et me perds dans de belles arabesques.

(…)

Plongé dans les limbes du passé pour mieux contempler le prisme avec les Liminanas :

C’est quoi le processus créatif pour un superband d’électrons libres ?

Lionel Liminana – On a enregistré L’Épée avec Emmanuelle et Anton juste après Shadow People, on a travaillé à distance comme on avait déjà fait pour Istanbul is Sleepy : on fait les maquettes dans notre garage, Anton mixe dans son studio à Berlin, il nous envoie des trucs, on écoute, Emmanuelle écoute… Et en vérité on dit tout le temps oui parce que c’est vraiment mortel ce qu’il fait. Il est vraiment très doué. Il commence à faire des petits riffs de guitare en 2 secondes avant d’aller mixer pour un dj set – Nickel – Il rentre, rejoue des trucs, il se barre, revient, réfléchit, fait des arrangements de Mellotron et le truc se monte de bric et d’broc. Emmanuelle arrive, fait ses prises de voix à la maison et on part tous pour Berlin pour finir.

Et par rapport au travail d’écriture ?

Marie Liminanas : Les textes arrivent toujours après, déjà il y a la musique.

Lionel Liminana : Pour raconter des histoires nous c’est le français. On n’en a pas encore fait dans ce style en anglais – tu sais ces cassettes comme quand on était gamins où tu la mettais, tu fermais les yeux et tu t’imaginais toute une histoire à l’oreille – J’adore ce principe là. Mais c’est aussi ce que tu vas trouver sur Melody Nelson, quand des fois Gainsbarre te raconte une histoire à l’oreille, quand c’est mixé comme çà c’est génial. Après pour les morceaux plus “pop” on utilise l’anglais, quand c’est nous qui écrivons les textes en français, ça nous prend vraiment un temps monstre : faut vraiment faire attention, c’est assez délicat. Ca veut pas dire qu’on est feignants sur l’anglais mais c’est une langue qui s’y prête, c’est peut-être une histoire d’habitude… mais le truc avec le français c’est que la frontière avec le ridicule est très très mince, et on l’a sûrement dépassée plusieurs fois et faut faire très attention, peser chaque mot, chaque virgule…

Et sinon la moustache chez les rockeurs ?

Lionel Liminana – Ca me provoque des hauts le coeur ! (Gros malaise car j’arbore un genre de moustache qui ne plaisante pas du tout, on se marre tous ensemble et Marie s’étouffe avec une chips). Alors faut que je t’explique ! C’était au tout début de la mode de la moustache et il y avait plein d’artistes énervants qui avaient des moustaches et c’était vraiment juste pour faire une bonne rime a la con!

Tadaaa, c’est encore moi ! C’est bientôt fini mon vieux alors reste accroché à mes écrits comme je viens de m’accrocher à la vie. C’est l’heure de vérité : on les attends au tournant, elle pend au-dessus de leurs têtes et les critiques des grands médias vont se donner à coeur joie pour donner leurs avis sur L’Épée, qui aurait très bien pu s’appeler Bazooka. En gros : si le LEVITATION Festival était un championnat, L’Épée serait le Barça. C’est la crème de la crème, le big boss du dernier niveau dans Mario : les Liminanas, Anton Newcombe et Emmanuelle Seigner donnent la première représentation live de leur premier EP. ET ÇA CHANTE EN FRANÇAIS ! Les yeux révulsés et le corps plein de spasmes électromagnétiques, je puise dans mes réserves d’énergie et à l’heure actuelle j’aimerais plutôt voir ce blockbuster dans une salle de cinéma vide avec des fractales sur tous les murs et une baignoire remplie d’eau chaude pour y faire flotter mes ruines. Se dandinant de droite à gauche, Emmanuelle Seigner est une princesse des ténèbres venue des nuées pour vous dire que vous allez tous crever :

Ça me fait saliver
Les lumières et la peau sont si fines
Et ça s’affine
Ça se peaufine
Dans mes songes
Qui me rongent
Lalala
La-bas moi
Fais gaffe à toi
À dormir dans les parcs
La nuque sur ton sac
N’oublie pas l’espoir
Au-delà de tout ça
Ma vie
C’est la tienne
Frappe moi
Tambourine
Contre ta cuisse
Que je crisse
Dans l’ombre des vagues
Avec ta voix
Qui respire
Ta vie
Dans ma poitrine
Des bulles explosent
Sans égard
Pull the trigger
Yeah Bring me far.

Voilà c’est fini. Les portes du Quai se referment. Un band me prend sous son aile pour mieux me finir. Sur les parkings des alentours les membres de plusieurs groupes peinent à remballer leur matériel sous les lampadaires, loin du business. Faire partie d’un groupe de rock, c’est un peu comme rentrer de soirée complètement bourré : tu galères. T’avances dans le flou, tu te perds, d’autres te retrouvent, tu continues, des fois ça marche, des fois pas, tu suis les traces de ton guitariste que tu retrouveras face au parc Balzac à crier dans un dernier espoir “CLARAAA !!! CLARAAAA REVIENS !!! CLAAARAAAA !!! CLARAAA… (silence) T’ES TROP JOLIE !!!“, tu persévères, tu progresses, tu craques, tu arrêtes, tu reprends, tu perces, tu restes bloqué devant l’autel car ils ont oublié de te filer les clés du succès. Je me réveille quelques heures plus tard dans un des couloirs d’un hôtel. Tout le monde remballe. Hangover général. Assis sur des marches, un mec s’assoit à côté de moi :

– What’s your name ?
– Jolan.
– It’s a cool name, I’ll remember that.
– What is your name ?
– Danny, I’m from Seattle, Texas. It’s not Boston, it’s not Vancouver, it’s Seattle, Texas. Have a good one.

Il se lève, remet son chapeau puis s’en va. C’était Danny de Night Beats.

Résultat de recherche d'images pour "Night Beats danny"Les portes de son van se ferment, emportant avec elles ma roadie rencontrée l’avant-veille. Je suis le dernier ici. Je traîne mes godasses et pense à ce weekend, à tous ces groupes en symbiose, transportés par leurs musique, s’adonnant à corps perdus à leur public avec une générosité et une énergie uniques, la puissance de l’instant dans toute sa pureté. Cette jeunesse qui s’approprie le rock, ces tauliers qui lui pardonnent, le kif de faire partie d’un public de frères d’armes et d’âmes perdues qui sait de quoi il parle et partage ses ressentis, tous ces gens trop cool que je ne reverrai peut-être jamais, cette habitude commune de rire à la mort pour mieux profiter de la vie et de préserver la lumière dans cette période sombre du monde car nous restons unis dans la destruction. C’est le dernier jour de l’été, j’en ai ma claque, j’écris en gros PANAME sur mon carnet et lève le pouce à la première route pour m’échapper toujours un peu plus, dans la psychédélie du réel.

2 commentaires

  1. pour avoir profuser & proferer & diffuser les mots BOMB vous êtes en etat d’inquincerassion immédiatement, un edescente dans vos bureaux va suivre, soyez prêts, veuillez respecter nos agents de force de loi, toute acte de sabotage de preuves sera requis contre vous , les scelles vont être mis & votre patronne entendue, ce sera tendu, si vous l’êtes…

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