Goguenard je vois déjà vos yeux émoustillés à l'idée d'un sujet brumeux et fumeux sur le delta-9-tétrahydrocannabinol. Perdu ! Point de Dyonisos ici, de la déesse herbe des prés il s

Goguenard je vois déjà vos yeux émoustillés à l’idée d’un sujet brumeux et fumeux sur le delta-9-tétrahydrocannabinol. Perdu ! Point de Dyonisos ici, de la déesse herbe des prés il s’agit, la pure et dure, fraîche, finissant dans les mâchoires des ruminants de 2 tonnes.

La vie est la lumière, on me parla de Herbe quand j’en vins à déprimer dans les linéaires de ma grande-surface, à la lecture des étiquettes. « Herbe », le Film, et non pas une tentation d’une quelconque expérience chamanique et transcendantale en compagnie de Miss White Widow. Dommage, mon mental est miné par le contexte géostratégique et financiaro-économique post-madoffien, et je n’aurais pas rechigné sur le grand voyage.

Déboires illusoires, on m’empêche de voir le film : erreurs d’aiguillages, projection-conférence-débat sold-out en raison de la présence du cowboy Joe Bové ; je suis opiniâtre, je finis par le voir. Ce roadmovie paysan nous plonge dans les vertes prairies et vertes pensées. J’apprends tout ce qu’on m’avait caché depuis mes premières sensations de milka au lait des alpes : les vaches laitières ne mangent pas d’herbe ! Enfin presque : elles mangent surtout des aliments émanant du maïs et du soja génétiquement modifié.

Mon mythe enfantin d’Heïdi s’éteint, on a cassé mon rêve. Je brûle mes DVDs.

Dans la famille agriculture à l’herbe je voudrais le mari et l’épouse, dans la famille agriculture intensive je voudrais le père, les fils et le fournisseur. Point de manichéisme, Matthieu Levain et Olivier Porte (ingénieur agronome de formation) livrent des témoignages authentiques, sobres, retenus qui nous plongent dans le puits sans fonds de l’essence du capitalisme sauvage de Von Hayek (je n’ai pas dit notre système capitaliste vous aurez remarqué ce n’est pas la même chose) :

Passades de termes agriculturo-politico-économiques : pesticides, PAC, rendement par tête, les explicatifs interludes entre les témoignages sont plutôt bienvenus et didactiques. Pas un plaidoyer, plutôt un manifeste descriptif, celui qu’on est tous persuadables, corruptibles. L’incorruptible-ment.

On pratique le brevetage du vivant, la stérilisation des semences, et on créé des coopératives de fabrication/distribution de semences et de nourritures animalières qui inondent les placides vaches de nos agriculteurs intensifs. Pourquoi sont-ils si convaincus ? La fronde leur a martelé plus de résistance, plus de rentabilité, des investissements induits, cqfd, cqef (ce qui est faux).

La roublardise déresponsabilise.

Un image nait dans ma tête. Un parallèle à la création artistique. Le système raisonné apparaît être à l’agriculture ce que le capital culturel est à la société, son poumon, sa résilience. Si le capitalisme sauvage est une hyène, la semence stérilisée est son parasite.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », merci Anaxagore de Clazomènes. Une phrase, deux parallèles biens cuisants à mon sens : l’art et son marketing du star système d’un côté, et l’agriculture de l’autre, son marketing agroalimentaire, ses brevets-péages, barrières créant la rareté, l’usurpation in vitro. Alternatives artistiques : la culture coopérative, la théorie de la longue queue (HPG et Peter North apprécieront) à savoir les produits qui sont l’objet d’une faible demande, ou qui n’ont qu’un faible volume de vente, peuvent collectivement représenter une part de marché égale ou supérieure à celle des best-sellers, si les canaux de distribution peuvent proposer assez de choix. Même réflexion sur le plan agroalimentaire : en agriculture les systèmes privilégiant le raisonné génère du mieux collectif et durable, bref défendre des artistes et des systèmes qui le méritent vraiment.

Comme le dit le sociologue à un moment, si nous attendons de la morale des traders ou des actionnaires, nous serons toujours au début du 19è siècle.

L’alimentation c’est comme la culture, d’utilité universelle. Tout a toujours une conséquence. Je suis mon propre libre-arbitre, l’artiste est comme un phare dans l’obscurité de l’âme, la création est notre bouée dans la mangrove, la culture notre abeille reine dans la ruche de la mélancolie et l’herbe notre témoin du futur si loin mais si proche. Nous voulons broyer le cycle du temps et de la reproduction naturelle.

Mesdames les vaches Montbéliardes productivistes vous êtes les prisonnières de l’inutile, n’ayez crainte votre combat ne sera pas vain, la poussée herbale n’est pas loin, la culture et l’art souterrains vont fondre tels des bulldozers géants sur le conformisme et le ventre mou.

Une chose est sûre, la culture et l’agri-culture ne sont pas de la famille des marchands, ni non plus de la famille des princes, mais ils sont d’une troisième voie, d’un troisième vecteur, d’utilité sociale et solidaire dont la toile se développe. L’économie 3.0 est en marche, à vos actes, feu à volonté.

http://herbe-lefilm.com/

http://herbe-lefilm.com/video/bdeannonce.html


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