Je suis probablement le moins qualifié de notre belle rédaction pour ça. Pour évoquer Good Morning England. Parce que c'est un film sur le rock sixties, et que c'est bien quelque cho

Je suis probablement le moins qualifié de notre belle rédaction pour ça. Pour évoquer Good Morning England. Parce que c’est un film sur le rock sixties, et que c’est bien quelque chose qui ne me touche pas. D’ailleurs, on avait pas besoin d’un film pour nous expliquer que All Day And All Of The Night est un foutu paquet de testostérone pressé sur vinyle. Ni que le rock était culminant en 1966 (et la mode vestimentaire masculine inversement éminente).

Alors à quoi bon braquer une caméra exactement pile dans cet angle là ?

C’est sensiblement la question que je me posais – quoique confiant, puisque les films britanniques sont toujours plus emprunts de réalisme humain que de recettes propices pour faire péter les tiroirs-caisses- en entrant dans le dernier cinéma montpellierain à pratiquer la V.O.

Heureusement pour moi, j’avais été trainé là par un couple d’amis avec qui je venais de dégommer une bouteille de mas du ministre et une assiette de charcuterie à la terrasse du Scénario. La langue déliée je rapportais des propos que je prêtai à Patrick Eudeline, évoquant le fait que le rock avait été un bouleversement social, un prisme à travers lequel on pouvait espérer tant, à commencer par notre propre réalisation, en tant qu’hommes et femmes. S’en suivirent de belles orgies (libération sexuelle), des liesses populaires (revendications sociales), et quelques autres festivités de masse qui ravirent la foule (l’âge d’or du disque et des concerts). Mais il disait surtout que ce temps-là était révolu. Non pas qu’il n’y aura plus de rock, ou plus de bonne musique. Mais que ce n’est plus le rock qui ouvrira des portes.

Le rock ce n’était qu’un truc fédérateur qui a vécu, un gadget magnifique, mais dépassé.

Amusant, ça a toujours été l’image que je me faisais du rock’n’roll quand j’entendais les Beatles. Cela a dû être super à l’époque mais bon sang qu’est ce que ça a mal vieilli…

En faisant la queue rue de Verdun, mon ami me demande ce qui le remplacera et je réponds que c’est peut être le net, un truc que les mômes adorent, non, pire : considèrent comme banal, qui fait peur aux anciens, et qui est en train de bouleverser les valeurs d’une société en devenant un média de masse. Comme le furent la littérature pour la beat geneation, ou les paroles de Ray Davies pour une floppée de londoniens.

Good Morning England m’a à la fois confirmé mes théories et rappelé que j’avais oublié un média : la radio. Moi qui me rappelait surtout de Lovin’ fun et des trajets d’autoroutes en Rire & Chansons, j’ai redécouvert ce qui m’avait déjà fait vibrer dans Pump Up The Volume, le teenmovie de mon adolescence à moi. Parce que c’est elle la star du film, vue au travers des yeux de 8 DJs mais aussi des milliers d’auditeurs qui dansent, mangent, couchent, font des prises de sang, ou pissent avec. La radio le média populaire par excellence.

Un transistor qui bourdonne, voilà le seul vrai son des années 60.

Le mythe rock lui peut aller se rhabiller. Une seule évocation de marie-jeanne à 4’20 et rien de plus après, on ne peut pas dire qu’on nous serve là la parfaite recette s/d/r&r… Le sexe, of course, en veux tu en voilà. Et on ne peut pas le reprocher, c’était le sens même de ce bon vieux mot : rock’n’roll. Rock. And then… roll. Ca-va ça-vient, dira plus tard Alex à ses droogs. Mais l’image la plus vraie de cette débauche dans le film n’est pas la réplique de la célèbre pochette hendrixienne avec ces quelques 26 (oui, j’ai compté. Les têtes, c’était plus simple) minettes nues assises dans la cabine d’un sosie de Jim Morisson quasi-muet. Non, ce qui relate le mieux l’esprit volage de l’époque ce sont les conversations autour des capotes anglaises, nouveauté propre à une époque où –enfin- on allait pouvoir demander à jouir.

Alors qu’est ce qu’il reste pour la légende ? Réponse : l’équipage. Je vous l’affirme ce film prendra sa place au panthéon des cheveulus, entre Spinal Tap et Wayne’s World. La classe permanente de chacun de ses membres, comme si c’était vital, du dandysme loufoque d’un chapeau à plume à la sobriété du velour côtelé, en passant par la classe so british du tweed. Le reste n’est qu’une grande aventure humaine : mariage, divorce beuverie, prise de bec et défis à la con… Et comme la radio c’est l’immédiateté, comme la scène ou le sexe, les images défilent et on les vit. Alors on se prend à penser au bout de deux heures que peut être on a fait une erreur de jugement à un moment. Que peut être on s’est gourré de média. Que peut être il y avait vraiment une recette cachée dans le rock de cette époque, et qu’on est passé à côté. Que peut être la transmission ne se fait pas mieux à l’écrit qu’avec une voix.

Alors on regrette de ne pas pouvoir comme eux, gommer un malaise, un chagrin dans la gorge, ou un sourire à la vue d’un poster de fille à poil surmonté de la mention « your mother », simplement en switchant deux potentiomètres. Et que For Your Love jaillisse des enceintes.




19 commentaires

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