Infatigable travailleur en dilettante, le patron de Versatile a décidé de profiter des 30 ans de son label pour publier L’école de la nuit, un deuxième album solo libre comme un mois de juillet. « Un disque d’été », comme on disait à l’époque, où l’homme aux multiples casquettes parvient à éviter l’i(n)solation en s’inspirant autant de Sun Ra que de Jean-François Bizot ou de ses propres rêves. C’est parti pour la grande interview d’un vieux gamin biberonné à la sono mondiale qui refuse de souffler les bougies sur le cercueil.
Ne me demandez pas pourquoi, mais chaque fois que je croise Gilb’R, je pense toujours à la série T’as le bonjour d’Albert, le dessin animé imaginé par Bill Cosby au milieu des années 70 où des gamins de Philadelphie tentaient d’oublier la précarité et le racisme grâce à la musique et une désinvolture finalement pas très éloignée des shows Soul Train de Don Cornelius.
Ne me demandez pas pourquoi une série (avec Carlos au générique dans la version française) m’évoque la trajectoire dingue de ce Niçois monté à la capitale dans les années 90 pour faire « carrière » avec un label (Versatile) qui aurait dû se casser la gueule après trois sorties. Le fait est que pour Gilbert Cohen, de son vrai nom, tout semble facile. Ce qui n’est évidemment pas le cas.
Avoir porté Versatile sur ses épaules depuis trois décennies (trois décennies!), signé Zombie Zombie et bossé avec Nicolas Ker (Aladdin) survécu à la French Touch (qu’il méprise) ; et tout ça sans avoir perdu son cool : voici l’exploit réalisé par cet ovni de la musique électronique française à l’allure si dégingandée, comme si jamais rien n’était grave. En tout cas, son deuxième album en 30 ans ne l’est pas. L’école de la nuit sonne comme une synthèse de tout ce qu’on aime entendre sur FIP ; un comble pour celui qui s’est forgé l’oreille chez Radio Nova.
Tiens, le voilà qui arrive en terrasse, chemise pas repassée. A l’heure. Prêt à répondre à mes questions, toujours avec cette voix de radio nicotinée de trois heures du matin, et ce sourire d’éternel anxieux ayant décidé de remplacer le vide de l’existence par une discothèque pleine à craquer. Il est 11 heures du matin dans la jungle tropicale de Belleville, et Gilb’R semble prêt à tout déballer sur la table. A l’heure de l’anniversaire, le quinquagénaire a déjà la tête ailleurs : il me parle d’un autre projet d’album déjà sur le feu, et d’un rêve avec Michel Jonasz qu’il a enregistré quelques jours plus tôt. Le petit frère de RKK ne vit pas sur la même planète que nous. Allez, magnéto lancé. T’as le bonjour de Gilbert.

C’est étonnant d’avoir attendu les trente ans de Versatile pour publier ce deuxième album solo.
Gilbert Cohen : Je ne crois pas qu’il faille absolument sortir des disques. Je préfère attendre d’avoir réellement quelque chose à dire. Ensuite, le fait d’être parti vivre pendant 10 ans à Amsterdam m’a donné davantage de temps et je me suis rendu compte d’une chose très simple : je ne travaillais pas assez. Et surtout, je ne travaillais pas avec le bon matériel. Pendant longtemps, j’ai essayé de composer essentiellement sur ordinateur, complètement « in the box ». Avec le recul, ce n’était pas du tout ma manière de créer. Je pense même avoir détruit énormément d’idées à cause de ça. Le jour où j’ai compris que ce n’était pas mon fonctionnement, j’ai commencé à accumuler des machines et à travailler autrement. Et là, quelque chose s’est débloqué.
Ce qui frappe surtout, c’est que le disque n’est pas du tout un album électronique au sens où on pourrait l’imaginer.
Gilbert Cohen : Oui, il n’est pas du tout pensé pour le club. C’est presque un disque piège, parce qu’on pourrait s’attendre à tout autre chose venant de quelqu’un qui dirige Versatile depuis trente ans. Avec le recul, je crois même qu’il est plus proche de mes influences d’avant le DJing. Il y a quelque chose de très esthétique, qui renvoie davantage à ce que j’écoutais avant la musique électronique.
À l’origine, pourtant, le disque était complètement différent. Je l’avais commencé à Amsterdam, et il était beaucoup plus orienté club ; avec même une session dans le studio de Martin Garrix… Et quand je suis revenu à Paris, j’ai réécouté les morceaux. Je me suis dit : non, ça ne va pas. Alors j’ai tout recommencé de presque zéro. C’est drôle parce que cet album aurait tout à fait pu sortir si j’étais resté à Amsterdam. Mais quand je suis rentré à Paris, j’ai eu un véritable coup de foudre avec la ville. Je sortais aussi d’une période compliquée. La fin de mon séjour là-bas avait été assez difficile. J’étais arrivé au bout de quelque chose. Je n’en pouvais plus. Et je pense que tout ça s’entend dans le disque. Il y a une forme d’apaisement. La pochette participe aussi à cette sensation.

Idem pour les idées de collaborations sur le disque, avec notamment la présence du Brésilien Alvaro Lancellotti, Ben Shemie de Suuns, Júlio et Julinho Pimentel aux percussions ou encore Judah Warsky ?
Gilbert Cohen : Oui. Je ne me suis jamais dit que j’allais faire un album avec plein de guests. J’écoutais un morceau et je me disais simplement : tiens, là j’entendrais bien telle personne, ou celle-là. Par exemple, Alvaro Lancellotti, j’avais adoré son disque. Je l’ai simplement contacté sur Instagram. J’avais envie de cette couleur un peu tropicaliste. J’écoutais beaucoup Caetano Veloso, Os Mutantes, toute cette musique brésilienne des années 1970. Je lui ai envoyé les morceaux en lui disant : « Si ça te parle, fais ce que tu veux. » Deux jours plus tard, il me renvoyait déjà quelque chose. Et tout s’est passé comme ça.
« Pendant longtemps, j’ai souffert de ne pas être musicien ».
Tu me fais penser, d’une certaine manière, à Michael Jackson. Pas pour le style musical, évidemment, mais parce qu’il n’était pas un musicien au sens classique du terme : il entendait les morceaux dans sa tête puis les faisait réaliser par d’autres. J’ai l’impression que tu fonctionnes un peu comme ça.
Gilbert Cohen : Oui, c’est assez vrai. Le morceau existe d’abord dans ma tête. J’entends une mélodie, une intention, une ambiance. Quand je travaille avec quelqu’un, je peux être très directif. Je lui dis précisément : là, j’entends quelque chose comme ça, à cet endroit. Ensuite, tout devient une matière que l’on façonne ensemble. Pendant longtemps, j’ai souffert de ne pas être musicien. Je n’arrivais même pas à rejouer exactement deux fois le même accord. C’était frustrant. Avec le temps, j’ai complètement accepté cette manière très chaotique de composer. Aujourd’hui, j’enregistre toutes mes idées, puis vient l’énorme travail de montage, d’organisation, de production. Finalement, cette faiblesse est devenue ma façon de travailler.
Tu n’as jamais eu peur qu’à la fin tous ces morceaux ne fonctionnent pas ensemble ?
Gilbert Cohen : Si. Énormément. J’ai assemblé tout le disque seulement à la toute fin. Et j’ai vraiment eu peur. Je me suis dit : si ça se trouve, rien ne va ensemble. J’en avais parlé avec I:Cube. Lui me disait presque de présenter ça comme une compilation tellement les univers étaient différents. Mais je lui ai répondu que non, pour moi ça fonctionnait comme ça. Et je crois que j’ai réussi à faire un disque extrêmement proche de ce que je suis.
En écoutant l’album, j’ai beaucoup pensé au Français free Ariel Kalma, avec qui tu as travaillé sur le disque Head Voices.
Gilbert Cohen : Oui, c’est une influence majeure, avant même de le rencontrer. Et puis le fait d’avoir passé du temps avec lui, d’avoir réalisé un disque ensemble, ça a été une vraie libération. Il m’a appris à improviser, à laisser les choses apparaître, à ne pas tout contrôler. À accepter ce qui arrive. Ça a énormément compté dans ma manière de travailler aujourd’hui.
Quand on regarde ta page Discogs, on voit Gilbert Cohen, Gilbert, Aladdin, Chateau Flight… pour un novice en gilberologie, c’est un peu le bordel.
Gilbert Cohen : Aha ! Pour moi, c’est pourtant très clair. Les albums collaboratifs sortent sous mon vrai nom. Les projets totalement personnels peuvent prendre d’autres identités. Dans ma tête, les catégories ne sont pas parfaitement définies, mais le nom que je leur appose, oui.
Pourtant tu portes plusieurs casquettes : artiste solo, patron de label, DJ…
Gilbert Cohen : Oui. Mais il y a aussi tout le travail avec I:Cube, et notre collaboration dépasse largement la musique électronique. Par exemple, c’est lui qui a mixé le disque et il a réalisé un travail incroyable. Pour moi, c’est un iceberg : tout ce qu’il produit est immense, mais on n’en voit qu’une toute petite partie. C’est aussi ce qui m’a appris qu’il ne sert à rien de sortir des disques si l’on n’a pas quelque chose de solide à raconter.
« Le nom Versatile n’a d’ailleurs pas été choisi par hasard. On a toujours exploré plusieurs directions musicales ».
L’école de la nuit arrive au moment où Versatile fête ses trente ans. Tu as l’impression de boucler un cycle ?
Gilbert Cohen : Oui, un peu. Je ne suis pas quelqu’un qui accorde énormément d’importance aux anniversaires ou aux chiffres, mais il y a quand même un symbole. Cet album est le cinquantième du label et il arrive pile pour les trente ans de Versatile. Du coup, il donne presque l’impression d’être un premier disque, tout en arrivant après trois décennies de travail. J’ai vraiment le sentiment qu’il clôt quelque chose ; le disque suivant sera certainement très différent. Celui-ci s’est imposé comme une sorte de bilan, sans que je l’aie vraiment décidé.
Tu te souviens précisément de la naissance du label ?
Gilbert Cohen : Oui : tout est arrivé par accident. Les deux premiers maxis sont devenus, avec le recul, des classiques de la French Touch. Alors que ce n’était absolument pas notre projet. Le tout premier remix devait sortir avec Radio Nova. Je leur ai proposé, ils ont accepté, et d’un seul coup le disque a rencontré un énorme succès. Ça nous a immédiatement mis sur la carte alors que rien n’était vraiment calculé.
Pourtant, très vite, tu prends tes distances avec cette esthétique.
Gilbert Cohen : Oui, parce que ça ne nous correspondait pas. Quand on regarde le premier album d’I:Cube, ce n’est déjà plus du tout de la French Touch. Il y a peut-être deux ou trois morceaux avec des filtres disco, mais l’ensemble est déjà beaucoup plus psychédélique. Le nom Versatile n’a d’ailleurs pas été choisi par hasard. Dès le départ, l’idée était justement de pouvoir explorer plusieurs directions musicales.
« La French Touch, c’est un concept très limité »
Tu as toujours entretenu une relation un peu distante avec l’étiquette French Touch.
Gilbert Cohen : Parce que, pour moi, le concept de French Touch est très limité. Quand on parle d’une véritable scène musicale, on peut citer des dizaines d’artistes, des centaines de disques. Là, on parle finalement de quelques producteurs et d’une poignée de morceaux par les Daft Punk, DJ Gregory, Pepe Bradock… Pour moi, beaucoup de choses ont été rangées sous cette étiquette uniquement parce que les artistes étaient français. Le terme sonnait bien à l’étranger. Il est ensuite devenu un formidable outil de communication. Mais musicalement, c’est beaucoup plus flou. À un moment, le terme est devenu tellement récupéré qu’il a fini par perdre tout son sens. Aujourd’hui, dès qu’un producteur français fait de la house, on parle automatiquement de French Touch. Absurde.
Ce qui est étonnant, c’est que 30 ans après,Versatile paraît beaucoup plus vivant que voilà une dizaine d’années, quand vous aviez 20 ans.
Gilbert Cohen : Oui. Quand je regarde les artistes avec lesquels je travaille aujourd’hui, j’ai même le sentiment que nous sommes dans une période extrêmement créative. En revanche, il y a quelque chose de cruel : les gens qui nous suivent depuis le début restent souvent bloqués sur l’image des premières années. Et les plus jeunes nous identifient parfois uniquement à cette période, sans écouter ce que nous faisons aujourd’hui. On est un peu coincé entre deux générations.
Tu n’as jamais été tenté de capitaliser sur la nostalgie, comme certains l’ont fait ?
Gilbert Cohen : Pas du tout. Je trouve même que beaucoup de gens sont revenus à la French Touch uniquement parce qu’elle est redevenue rentable. Avec les Jeux olympiques, avec les documentaires, avec tout ce regain d’intérêt… Moi, ça ne m’intéresse pas.
« Bizot, ça a été une véritable rencontre. »
Tu as travaillé à Radio Nova entre 1990 et 1996. À quel point cette période a-t-elle façonné Versatile ?
Gilbert Cohen : Énormément. J’arrivais de Nice, sans grosse culture musicale. Je ne connaissais pratiquement rien sauf en jazz et groove. Et d’un seul coup, je me suis retrouvé plongé dans cet univers, avec tous les gens qui passaient à Nova, tous les invités, tous les disques… C’est vraiment cette période qui m’a construit musicalement.
Avec comme on l’imagine l’ombre intense de Jean-François Bizot.
Gilbert Cohen : Bizot, ça a été une véritable rencontre. C’est lui qui m’a donné ma chance. Ça, je ne l’oublierai jamais. J’ai d’ailleurs écrit un portrait de lui dans le livre d’Ivan Smagghe. Il avait cette capacité à sentir quelque chose chez les gens, sans même regarder leur CV. Il revenait constamment de voyage avec des valises entières de disques d’Afrique, d’Amérique du Sud, d’un peu partout. Il était dans une curiosité permanente. C’était quelqu’un d’extrêmement cultivé, mais jamais snob. Pour moi, il a clairement eu une fonction paternelle.
« Versatile n’aurait pas existé sans Radio Nova »
Sans Nova, est-ce que Versatile aurait existé ?
Gilbert Cohen : Honnêtement, non. Le tout premier remix devait sortir avec Radio Nova. Je leur ai proposé, ils ont accepté, le label devait se faire avec eux,mais j’ai décidé de le faire tout seul… Mais,Versatile reste directement issu de tout ce que j’ai vécu pendant ces six années.

Ton nouvel album est extrêmement actuel. On ne sent jamais un artiste qui regarde dans le rétroviseur. C’est quoi le médicament contre la nostalgie ?
Gilbert Cohen : La curiosité. J’écoute énormément de musique. Pendant longtemps, j’avais presque une obsession de la nouveauté. J’avais besoin d’être au courant de tout ce qui sortait. Aujourd’hui, ce n’est plus ça. Je fonctionne de manière beaucoup plus instinctive. Je vais vers ce qui m’intéresse, sans me demander si c’est récent ou non. En revanche, je reste dans une logique de découverte permanente et le fait d’avoir une émission de deux heures sur Rovr, où je programme uniquement des morceaux que j’aime, c’est une excellente gymnastique. Ce qui me donne envie de continuer, c’est cette connexion… J’ai toujours beaucoup de mal à la définir : c’est une sorte de source. Quelque chose qui apparaît à certains moments. Quand elle est là, il faut enregistrer immédiatement. Je pense que j’ai appris, ces dernières années, à créer les bonnes conditions pour mes productions. Si tu passes ton temps à résoudre des problèmes techniques, à chercher un câble ou à régler une machine, tu perds complètement cet état-là. Aujourd’hui, je sais comment accéder à cet endroit.
« Gérer un label, c’est aussi une schizophrénie »
On a bien compris que tu n’aimais pas le concept des anniversaires, mais tu viens de franchir le cap des trente ans. C’est quoi, la suite ?
Gilbert Cohen : J’aimerais reconnecter le label avec des artistes plus jeunes et des projets qui mélangent le hip-hop, des influences afro-futuristes ; bref : des musiques qui n’existaient pas encore chez Versatile. Au fond, c’est presque un retour à l’esprit des débuts. Alors certes, gérer un label c’est aussi une forme de schizophrénie ; je gère énormément de choses moi-même mais on a la chance de posséder trois ou quatre morceaux qui continuent à très bien fonctionner et génèrent régulièrement des revenus. Je souhaite vraiment ça à tous les labels indépendants. On possède également notre propre studio ; du coup quand je fais un disque aujourd’hui, les coûts restent relativement faibles.
Sur les cinquante albums du catalogue, lesquels te semblent aujourd’hui sous-estimés ?
Gilbert Cohen : Ça évolue avec le temps. Aujourd’hui je dirais le « M » Megamix d’I:Cube qui avait bien fonctionné à sa sortie (2012), mais que je considère comme un disque exceptionnel avec une espèce de folie permanente. Ensuite, Cités Nomades de John Cravache en 2016, centième référence du label. Et je pense aussi à Chimère FM (2022) Même destin. Très peu de visibilité. Mais c’est exactement le genre de disque qui résume ce que j’aime produire ; pas vraiment à la mode et qui possèdent leur propre univers.
Sur ton album, il y a un morceau qui m’a particulièrement marqué, Le Rêve, où tu consignes en mode talkover tout ce qui te passe par la tête quand tu dors. C’est un exercice que tu maitrises depuis déjà pas mal de temps.
Gilbert Cohen : Oui. En fait, tout est lié à une période très précise de ma vie. J’ai fumé énormément de cannabis pendant des années. Et, comme beaucoup de gens dans ce cas-là, je ne me souvenais quasiment jamais de mes rêves.Quand j’ai arrêté de fumer, il s’est passé quelque chose d’assez incroyable : j’ai commencé à rêver énormément, à un point presque excessif. J’avais l’impression de vivre deux vies ! C’est à ce moment-là que j’ai commencé à les enregistrer dès le réveil car sinon à chaque fois, ça s’envole. Ce qui est fascinant, c’est la forme totalement absurde de ces récits qui sont livrées dans mon inconscient, dans le moment de lâcher-prise du sommeil.
Ce sont finalement les seuls textes que tu ne contrôles absolument pas.
Gilbert Cohen : Exactement. Et c’est ce qui me plaît. Je pourrais passer des heures à écrire un texte, je n’arriverais jamais à produire des associations aussi libres. Un rêve, c’est le véritable lâcher-prise. Tu peux te retrouver à jouer aux échecs avec Michel Jonasz ou vivre des situations totalement stupides.
Finalement, L’École de la nuit raconte aussi cette coexistence entre ta vie éveillée et ta vie nocturne.
Gilbert Cohen : C’est exactement ça. Pendant cette période, j’avais vraiment le sentiment de vivre deux existences parallèles. Le jour, je faisais de la musique. La nuit, mon cerveau fabriquait des histoires complètement folles. Et à un moment, j’ai compris que ces deux mondes pouvaient dialoguer.
Qu’est-ce qui te fait encore rêver aujourd’hui, aussi bien pour toi que pour Versatile ?
Gilbert Cohen : Que la curiosité des débuts de Versatile reste intacte, continuer de chercher, découvrir. C’est probablement ce qui me donne encore envie de faire de la musique. Le jour où je commencerai à regarder uniquement derrière moi, ce sera probablement le moment d’arrêter. Mais je n’en suis vraiment pas là.
Gilb’R // L’école de la nuit // Versatile
https://gilbr.bandcamp.com/album/gilbr-l-cole-de-la-nuit-verlp50
Soirée 30 ans de Versatile le 17 octobre à Bal Chavaux (Montreuil).