Oh super, une accréditation pour le festival Fnac Indétendances, c’est super, je n’avais pas encore eu l’occasion d’y assister. Vraiment super. Ma capacité à feindre l’enthousiasme est discutable et je confesse une certaine appréhension à participer à ces évènements famili-parisiano-conviviaux [voir : Paris Plage et n’importe quelle attraction installée sur le parvis de l’Hôtel de Ville]. Un mouvement de foule est si vite arrivé, ma carcasse est si petite…

Si je me déplace au seul motif qu’une rencontre avec Tricky réveille en moi l’adolescente amoureuse de tout ce qui sort vaguement de l’ordinaire, mon côté bonne élève m’a amené à me pencher sur la programmation de la soirée – 0800, Boogers, Uffie et Tricky. Ma conclusion est la suivante : personne ne me contraint à assister aux deux premiers concerts.

A 19h20, j’arrive donc devant l’Hôtel de Ville où se compacte une foule souriante. Ma priorité est de rejoindre le stand presse pour y trouver quelques têtes connues auprès desquelles je tenterai d’oublier mon agoraphobie. Arrivée dans la zone V.I.P à l’intérieur de l’Hôtel de Ville, un pass media autour du cou et une bière à la main, je me sens auréolée d’une crédibilité nouvelle.[Pour préserver ma dignité, je n’évoquerai pas le fait que j’ai renversé le tiers de ma bière sur mes vêtements.] Dans ce superbe espace décoré par Conforama (sic) deux options s’offrent à nous : discuter avec nos amis V.I.P ou tenter de se donner une contenance en manipulant fébrilement notre smartphone. Ne trouvant pas ce cher Sylvain Fesson, pour moi ce sera l’option 2. Par moments, le bourdonnement musical me donne l’impression de vivre un bombardement à l’intérieur d’un bunker de luxe. Je découvre le sens du terme tachycardie et pour oublier, je bois.

19h47, Tricky est adossé au bar en train de discuter avec son musicien albinos. Je m’étais trimballée le Polaroid au cas où mais de voir de si près ce type abîmé à l’allure de punk à chien et au regard torve, je perds tous mes moyens. Entre exaltation et dégoût, mes fantasmes d’adolescente en prennent un coup. Tiens, le set de Uffie commence, je range mon Pola’ et cours prendre l’air.

Classieuse comme à l’accoutumée, Uffie porte une combinaison à paillettes bleues et sa musique est une véritable invitation à retourner au bar. Tricky est parti, je crois que je suis un peu déçue. Après que le barman  m’ait gratifiée d’un : « Re – ! Désolé, on a plus de coca… », je comprends que ma réputation de jeune poivrotte-pique assiette est en train de se jouer. Nerveuse à cette idée, je tente un « Ah, ben pur alors… ». Mon interlocuteur me regarde l’air ravi, j’ai visiblement merdé.
La prestation pailletée-boudinée se termine, je ressors pour réaliser que je connais par cœur les paroles de Pop the Glock. Alors que je me trémousse avec toute la grâce que m’autorisent les quelques verres déjà ingurgités, je note que mon degré d’alcoolémie est inversement proportionnel au niveau de maîtrise des vertigineux talons à mes pieds.  Je retourne boire puis ressors taxer une cigarette à un inconnu. La vie est belle, j’ai l’air presque digne et je sens que mon témoignage sur cette soirée sera d’une importance capitale.

Je suis tirée de mes réflexions lorsque le set de Tricky débute sur une version instrumentale de You don’t wanna. Je perds instantanément tout recul et me retrouve à m’extasier sur la beauté de l’endroit et la puissance de cette musique, véritablement capable de me retourner. Ce mec est un dieu avec un sex-appeal de SDF, l’adolescence rejaillit. Je décide de rejoindre la foule afin de communier (et éventuellement d’y voir un peu mieux que du côté des VIP). Flânant en transe au milieu du public, Sylvain Fesson me récupère dans un état second, nous retournons boire. Sans que j’ai eu le temps de réaliser ce qu’il se passe, le set de Tricky se termine. Je redescends abruptement de mon petit nuage. Gueule de bois.

http://www.fnac.com/guides/musique/indetendances/default.asp

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