Dominique A ? Un vieux copain qu’on retrouve avec plaisir chaque année ou presque : toujours présent, avec ses histoires et ses mélodies pleines de souvenirs. Mais en 2025, un homme qui utilise un Discman a-t-il encore quelque chose à dire ? Manifestement oui.
Et si l’humanité se fissurait finalement en deux camps, les pour et les contre ? Une situation manichéenne et réductrice qui aurait pour effet de reléguer les personnalités plus nuancées sur le banc de touche. Avec Dominique A ? Peut-être, mais pas si évident car depuis ses débuts, le divin chauve a manié avec dextérité l’intelligence sur et en dehors des terrains musicaux. Désormais doté d’une discographie conséquente (plus d’une quinzaine d’albums), le « Nantais » a su naviguer avec nos émotions, entre nostalgie et modernité. Contrairement à nombre de chevelus – le premier qui cite les Kings of Leon gagne un coupon de réduction sur leur prochain triple album – Dominique A n’a pas pris une ride. Souvent sur la route, à quelques semaines de ces passages au festival La Route du Rock de Saint-Maloe et au Trianon à Paris, il répond à quelques questions dénuées d’enjeux. Rien à vendre, tout à acheter ? Rien de plus prometteur pour une interview vintage.
Bonjour Dominique, merci d’avoir accepté cette invitation hors promo. Tu tournes très régulièrement. Quel est ton rapport à la scène après une carrière de plus de 30 ans ?
Dominique A : C’est vrai que j’ai beaucoup tourné. Un peu tout le temps. Autour de moi, on s’en plaint d’ailleurs parfois alors que pour moi, ça reste assez circonscrit dans le temps. Je ne suis pas sans arrêt sur les routes. Pour répondre à ta question, je l’aborde bien, notamment parce que je suis bien entouré. Pour moi, c’est 70% du truc. Avec qui tu pars, avec qui tu te retrouves sur les routes. Et aussi comment tu te sens par rapport à ce que t’es en train de proposer, ton répertoire, la façon dont tu l’as travaillé… Est-ce que t’es pas dans un sentiment de redites, de routine ? Voilà des questions qui viennent régulièrement sur mon tapis. J’essaie de faire en sorte de changer souvent d’environnement sonore, de renouveler un peu les équipes. Mais en même temps, j’aime bien l’idée de travailler sur le long terme avec les musiciens. J’essaie de naviguer entre toutes ces contradictions.
Elaborer une setlist pour un concert avec 15 albums derrière soi, c’est un casse-tête chinois ou ça reste quelque chose de simple ?
Dominique A : Ca reste assez simple. Déjà parce qu’il y a beaucoup de choses que je ne me vois pas ou plus chanter. Il y a des morceaux que personne n’attend et auxquels j’ai rien à apporter. Pourtant j’aime bien l’idée de sortir du lot des morceaux que les gens n’attendent pas, que j’aime bien et qui peuvent fonctionner avec tel ou tel musicien. Parfois, c’est les gars avec qui je travaille qui me suggèrent des morceaux. « Tiens, on pourrait peut-être essayer celui-là ? ». A partir du moment où une version se présente et qu’elle est bien, on y va. Il y a quelque chose d’assez naturel qui se fait. Il y a aussi parfois des phénomènes de lassitude par rapport à des morceaux. Et il y a 5 morceaux que je ne peux pas écarter de la setlist parce que c’est ceux que les gens attendent. En dehors de ça, l’exercice reste assez libre.
Parfois, j’essore des morceaux et je finis par ne plus avoir de jus par rapport à eux. Mais élaborer la setlist d’un grand concert se fait donc sans grande difficulté même si parfois, j’ai l’impression que je manque de morceaux. Quand j’ai cette sensation, je reviens à mes albums, et je pioche les morceaux. Souvent, je me dis celui-là, non, celui-çi, non, celui-là, non, celui-là, peut-être, celui-là, non. Finalement, au bout d’un moment, je me retrouve un peu à revenir un peu sur les mêmes.
Tu es chanteur depuis le début des années 90, mais aussi un grand amateur de musique, un mélomane, quelqu’un qui a aussi une vision critique de ce qu’il écoute. Quel regard critique portes-tu sur ta propre discographie ?
Dominique A : Il y a quelques années, j’avais sorti un livre aux éditions Le Mot et le reste où je sortais des autocritiques de mes disques. C’était pousser le bouchon assez loin. En même temps, c’était un regard assez objectif. Déjà, j’éprouve de la reconnaissance envers chacun de mes disques.
Parce qu’ils m’ont accompagné, et qu’ils m’ont permis de vivre cette vie pendant quelques années chacun. Dans le lot, je dirais qu’il n’y en a aucun dont je rougis, mais 4 ou 5 me semblent un peu meilleurs que des autres. C’est normal, il y a des disques dont on désolidarise avec le temps. C’est aussi normal parce que je change un petit peu. A une ou deux exceptions près, j’ai quand même l’impression que leur réalisation a toujours correspondu à un vrai désir de musique à un moment donné, à un désir de son en particulier. Il y en a très peu que je trouve complètement ratés par rapport à l’intention de départ. « Tout sera comme avant » est un vilain petit canard, parce qu’il est un petit peu trop « trop » . Il y a aussi le deuxième, « Si Je connais Harry », parce qu’à l’époque, je naviguais, je ne savais pas trop ce que je voulais faire. « La Fossette » était une fin en soi et l’idée d’une carrière qui se dessinait pour moi, c’était quelque chose de complètement neuf. Je ne savais pas trop comment me positionner par rapport à ça avec Harry. Donc, le disque en a fait les frais. A part ces deux-là, il y a peut-être aussi « Toute latitude » que je trouve être un disque finalement assez pénible à écouter, trop volontariste par rapport à une sorte d’énergie que je voulais y mettre. Et puis, le son final ne correspondait pas à ce que j’imaginais. Ces trois disques me semblent les plus problématiques.
A quand un album intégralement électronique de Dominique A ?
Dominique A : Je l’ai quasiment déjà fait. Pas totalement mais d’une certaine façon, « La Fossette » est un disque électro. Et le disque du confinement, « La vie étrange », est très électronique, au moins dans sa première partie. Un disque comme « La Musique » a aussi été fait avec des boîtes à rythmes et des synthés. Et les guitares étaient directement passées dans la console sans ampli, il y a quelque chose de très artificiel et synthétique. J’ai pas ce fantasme du disque technopop ou électro, avec zéro guitare, parce que j’ai déjà l’impression d’avoir été sur des terrains assez électro. Après, pour que ça se produise, il faudrait que je me « Thom Yorkise », il faudrait que je trouve un comparse comme il a trouvé Mark Pritchard pour son dernier projet. Dans ce contexte-là, alors oui, pourquoi pas. Mais il faudrait une vraie collaboration. Rentrer seul dans ce truc, ça serait pas possible. Je bute rapidement sur les machines, je ne me sers pas de logiciel, je suis numériquement inadapté. Ca limite quand même pas mal l’idée d’y aller seul.
« J’étais parti pour acheter le coffret Springsteen, et finalement, je suis sorti avec autre chose. Des disques ECM, des disques de Cowboy Junkies que j’avais pas. C’est un peu n’importe quoi, à vrai dire »
Achètes-tu encore beaucoup d’albums ?
Dominique A : Oui. Je sais, je sais, je suis un dinosaure. Je n’ai pas de smartphone, je suis abonné à aucune plateforme. Parfois, je vais écouter des trucs sur internet mais un album, c’est du physique. J’écoute ça sur une chaîne. Quand je suis en tournée, j’ai un discman, avec une pochette où je dois avoir une vingtaine de cd. Je ne suis pas du tout dans le rapport à la musique qu’ont globalement les gens en 2025. Je suis vraiment resté sur l’écoute d’un album. Et il m’arrive d’aller sur internet pour découvrir, dans l’optique d’acheter des disques. J’en ai encore acheté 6 avant-hier chez un disquaire. J’étais parti pour acheter le coffret Springsteen, et finalement, je suis sorti avec autre chose. Des disques ECM, des disques de Cowboy Junkies que j’avais pas. C’est un peu n’importe quoi, à vrai dire.
Pourquoi ? Parce qu’au bout d’un moment, on a tellement de disques qu’on ne parvient plus à les écouter vraiment tous ?
Dominique A : Oui, bien sûr. Mais je suis atteint de cette boulimie qui passe encore et toujours par l’objet. J’ai bien conscience que c’est complètement anachronique. Mais je continue à fonctionner comme ça. Quand je pense à un enregistrement, je ne me dis jamais que je suis en train de fabriquer un fichier. Je pense tout de suite à un objet, à une matérialité. Je sais bien que je suis complètement à côté de la plaque, mais je m’en fous un peu.
Quand tu as commencé ta carrière il y a plus de 30 ans, tu as rapidement été associé à ce qu’on appelait alors la « nouvelle scène française », avec Miossec, Arthur H., Thomas Fersen, Katerine, etc. Aujourd’hui, il y a à nouveau une nouvelle « nouvelle scène française » foisonnante. Quels sont tes liens avec cette scène ? Est-ce qu’il y a des groupes, des projets qui t’intéressent ? Ou c’est quelque chose que tu ne suis pas forcément ?
Dominique A : Oui, il y a plein de trucs qui sortent. La différence, c’est qu’à mon arrivée, il était encore possible de suivre assez facilement à peu près tout ce qui sortait, en tout cas en grande partie. Aujourd’hui, c’est rigoureusement impossible. Je peux te citer des noms de choses que j’ai bien aimées ces temps-ci. J’ai beaucoup aimé par exemple le dernier album de LENPARROT, « La conversation », qui est sorti en vinyle. C’est un album sorti sur un petit label et qui souffre d’être sous-exposé, de ne pas pouvoir être assez défendu alors qu’il pourrait aller vers plein de gens. Même si c’est pas un perdreau de l’année, j’ai aussi beaucoup aimé le dernier album de Frédéric Lo. Qui est-ce que je pourrais te citer dans les jeunes ? Je regarde mes CD en te parlant mais je ne vois que des vieux. Ah, si. Il y a des gens vraiment bien, comme par exemple Claire Redor ou Coline Rio, dans un registre de chansons plus classiques. Je continue aussi à écouter les productions de mes vieux camarades. Si Miossec ou Katerine sortent un album, je vais évidemment l’écouter. Je reste à l’affût de ce qu’ils produisent. Mais la scène française aujourd’hui est bien trop importante pour pouvoir prétendre avoir un regard global sur tout ce qui se passe. Ca arrive de partout. En matière de hip-hop, je m’y connais beaucoup moins.
« Les jeunes artistes qui arrivent n’ont pas vraiment d’autres choix que de jouer des coudes. C’est la course à qui aura la meilleure idée pour être remarqué dans la façon d’exposer sa musique, au-delà de la musique elle-même »
Toute la chaîne de production et de diffusion de la musique s’est démocratisée. Cela provoque ce qu’on connaît aujourd’hui : des artistes dans tous les coins et une impression de profusion qui peut presque parfois conduire à un sentiment d’étouffement, d’ensevelissement sous l’avalanche de nouveautés. Cette démocratisation provoque aussi une concurrence accrue entre les artistes. Comment as-tu perçu cette évolution sur 3 décennies ?
Dominique A : Dans ce nouveau monde, je crois que ce qui importe le plus pour un artiste, c’est d’avoir un public qui le suit. C’est ça qui va permettre à l’artiste de continuer et de vivre. Personnellement, je ne me sens pas du tout dans une course ou dans une compétition. Pour les artistes apparus depuis peu d’années, il est probable que c’est plus difficile. Ces projets là sont parfois un peu plus fragiles parce que le public n’est pas tout à fait là. C’est souvent un petit public. Les jeunes artistes qui arrivent n’ont pas vraiment d’autres choix que de jouer des coudes. C’est la course à qui aura la meilleure idée pour être remarqué dans la façon d’exposer sa musique, au-delà de la musique elle-même.
Il y a aussi ce discours qui s’est développé ces dernières années : les jeunes artistes devraient presque être des micro-entrepreneurs. C’est un rapport à la musique qui est quand même assez compliqué. Quand tu veux développer un projet artistique, tu n’es pas supposé être en même temps ton propre agent. De façon sous-jacente, on voit que le rapport de compétition peut aller jusqu’à parfois parasiter la musique elle-même. Certains finissent par se décourager parce qu’ils passent 85 % de leur temps à défendre ce qu’on appelle aujourd’hui un « projet » (comme un chef de projet), et seulement 15 % à faire de la musique. Ce qui a aussi changé, c’est l’environnement. Il n’existe plus vraiment pour les jeunes artistes, qui doivent eux-mêmes créer leur propre écosystème, si je puis dire. Ce qui peut être extrêmement démotivant. Je ne sais pas si ça répond vraiment à ta question, aha.
C’est une réponse en tout cas.
Dominique A : Il faut aussi rappeler que je viens d’une autre époque. Une époque où les artistes avaient un encadrement. On pouvait alors commettre pas mal d’erreurs avant d’arriver jusqu’aux oreilles des gens. On pouvait faire quelques albums avant de toucher un public ou de trouver une voie artistique qui soit cohérente et durable. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Il faut arriver avec un produit ficelé, fini, prêt-à-l’emploi. Ca aussi, ça peut modifier le rapport de l’artiste à sa musique. En dehors des musiques de niche très fortement marquées et identifiables, la nécessité d’arriver avec un produit presque fini peut conduire l’artiste à formater sa musique. En recherchant une forme d’efficacité, il ne va pas s’autoriser une certaine liberté musicale. Tout ça pour marquer l’attention des gens au plus vite, car le niveau d’attention s’est réduit comme peau de chagrin.
Cette vision artistique, tu as pu la développer sans te contraindre depuis une trentaine d’années. Je voulais te parler d’un morceau que j’ai toujours adoré dans ta discographie et qui s’intitule « Pour la peau ». Il était sur ton album Auguri, sorti en 2012. Tu y parles de sensualité, et du désir masculin. Est-ce un thème important dans ta vie d’homme ? Et dans ta vie de musicien ?
Dominique A : Tu veux dire artistiquement ou personnellement ? Aha. A l’époque, j’avais vraiment ce désir de parler de sexualité, du corps, et de la masculinité telle qu’elle était vue ppar un gars non viriliste au début des années 2000. C’est un morceau que je ne me vois plus chanter aujourd’hui et qui me pose même problème. Au-delà de ses qualités – il est plutôt bien foutu – je ne me vois pas chanter ce refrain aujourd’hui. Chanter « Qu’est ce que tu ne ferais pas pour la peau ? », c’est devenu pour moi presque problématique. Le double sens qu’il peut y avoir derrière ces mots-là me rendrait même extrêmement mal-à-l’aise si je devais encore le chanter. Je ne suis plus du tout dans cette volonté de parler absolument de rapports physiques. Même le rapport amoureux est devenu un thème qui me préoccupe assez peu. Ces temps-çi, j’écris essentiellement des choses sur l’enfance, sur l’adolescence, je suis dans un rapport très autobiographique avec mes chansons. Et le thème de la sexualité n’y est pas du tout évoqué parce que c’est pas un thème qui m’obsède.
Je t’avoue que je suis très étonné que ce morceau puisse à ce point te gêner aujourd’hui.
Dominique A : Les couplets évacuent tout doute sur le propos du morceau, mais le refrain, aujourd’hui, est presque problématique. « Qu’est-ce que tu ne ferais pas pour la peau ? ». Ben oui, mais « qu’est ce que tu ne ferais pas pour la peau ? » ça peut aussi s’entendre par « Jusqu’où irais-tu pour satisfaire ton désir ? ». Chanter ça, aujourd’hui, quand on est un mec, ça n’est plus possible. En tout cas, je ne peux plus le faire. C’est pas de l’auto-censure, c’est autre chose. C’est idiot comme expression, mais les mots ont un sens. Parfois, j’entends des choses qui sont dites dans les morceaux et ça me heurte. Je me dis « C’est pas possible que la personne qui chante ça n’entende pas ce qu’elle est en train de raconter ». J’essaye d’avoir aussi ce rapport de vigilance vis-à-vis de mes chansons.
Si les mots ont un sens, les phrases aussi en ont un. Une chanson, ça reste un texte et pas uniquement une phrase ou un refrain sorti de ce texte. Pour moi, ce morceau ne pose absolument aucun problème et est sans amibigüité aucune.
Dominique A : C’est vrai, mais l’époque est parfois réductrice.
« Être amateur de musique, c’est ça. C’est essayer de ne pas se laisser parasiter par toute la daube qu’on doit se farcir depuis toujours »
Ton premier disque s’appelait « Un disque sourd ». J’ai une question idiote à laquelle tu vas peut-être pouvoir répondre intelligemment : La musique rend-t-elle sourd ?
Dominique A : Euh….. Je ne crois pas. Cette idée de surdité, je l’ai toujours considéré comme le fait d’avoir une oreille sélective par rapport aux choses. Pas sourd à tout, donc. Pas à tout notre environnement. Mais à tout ce qu’on peut donner comme recommandations. Et sourd en quelque sorte aux musiques qui te déplaisent. La surdité, finalement, c’est juste, dans ce contexte-là et pour moi, un rapport de protection par rapport à tout ce qui empêche d’aller vers la vraie musique. C’est marrant, j’y pensais encore hier. J’ai la chance d’avoir une maison qui donne sur la Loire, et j’écoute souvent des disques le soir. Et j’écoutais un disque que j’avais depuis des années, mais que j’avais jamais vraiment écouté, et qui était vraiment superbe. C’est un album d’un groupe anglais, The Mongolfier Brothers. Et j’étais estomaqué à l’idée d’avoir ça chez moi depuis des années et de ne jamais l’avoir vraiment écouté, tellement j’ai d’albums. En même temps, au loin, j’entendais une fête avec de la musique des années 80, des titres du Top 50 de l’époque. Et je me disais, c’est marrant, parce que… en quelque sorte, être amateur de musique, c’est ça. Essayer de ne pas se laisser parasiter par toute la daube qu’on doit se farcir depuis toujours. Toute la daube musicale qui est majoritaire, et faire en sorte de créer sa niche auditive pour éviter que les musiques qu’on aime soient, en quelque sorte, parasitées par toute la merde. J’en suis toujours là. Ca peut être un rapport qui peut paraître un peu élitiste, mais j’ai l’impression que finalement, j’en suis toujours là dans mon rapport à la musique. La musique ne rend pas sourd mais il est important que la musique qu’on aime nous permette de nous protéger et d’aller trouver une forme de surdité par rapport à toute la daube qu’on doit se farcir à longueur de temps.
Quels sont les prochains projets dont tu peux éventuellement parler aujourd’hui ?
Dominique A : Mes projets ? Les mêmes que d’habitude ! Tourner et faire des enregistrements. Jusqu’à fin 2025, on tourne en trio dans toute la France, avec Julien et Sébastien. Une formule acoustique, mais de plus en plus électrique parce que je joue quand même pas mal de guitare électrique. On vient aussi de commencer l’enregistrement d’un disque à quatre. C’est du circuit court, parce qu’on l’enregistre dans un studio à 3 kilomètres de chez moi. C’est un retour aux sources puisqu’il est enregistré au Garage hermétique, là où j’avais mixé « La Fossette ». Entre temps, le studio a changé de lieu, et d’aspect. Il est aujourd’hui très bien équipé et de plus en plus de gens viennent pour y enregistrer. On a commencé une session où on a enregistré 13 morceaux. Et on va continuer à travailler dessus à l’automne, et en enregistrer encore 10 autres. On va sans doute sortir des extraits au printemps 2026, sous une forme où une autre. Et l’album à proprement parler, qui sera peut-être double, sortira à l’automne de 2026. Il y a aussi un projet avec Philippe Katerine pour les 50 ans du festival de Bourges, qu’on est en train d’imaginer tous les deux.
« Plutôt que de s’emmerder avec tout ça, j’ai décidé de le financer moi-même. C’est ce qui m’a finalement conduit à créer les éditions Livre Sourd. Comme quoi j’ai de la suite dans les idées. Tu as la primeur de cette information »
Rien d’autre sous le coude ?
Dominique A : Si, aha. Je fais de l’auto-édition. On est en train de mettre la main à la pâte à un livre qui sera tiré à quelques centaines d’exemplaires. Ca sera un livre de tournée. Un livre de photos. Des photos que prend depuis des années le backliner avec qui je travaille sur mes tournées. Au départ, c’était vraiment pour alimenter mes réseaux sociaux puisque je suis infoutu de le faire moi-même. Et puis de fil en aiguille, comme ses photos sont vraiment bien, est venue l’idée d’un bouquin. Au départ je voulais chercher un éditeur. Et plutôt que de s’emmerder avec tout ça, j’ai décidé de le financer moi-même. C’est ce qui m’a finalement conduit à créer les éditions Livre Sourd. Comme quoi j’ai de la suite dans les idées. Tu as la primeur de cette information. Ca sera soit un one-shot, soit le début d’un nouveau pan de mon activité. Et d’un nouveau temps de mon activité, qui serait d’éditer des livres. L’idée en tout cas me plaît bien. Et c’est très agréable à faire.
Pour terminer, parlons un peu du rapport au temps. Ton prochain album sera donc peut-être un double album. Comme « Quelques lumières », ton dernier projet en date. Pourquoi cette longue distance ?
Dominique A : J’ai un point de vue complètement égoïste sur les choses. Je ne me demande pas si les gens prennent encore le temps en 2025 d’écouter des albums de 60 minutes par exemple. Si j’ai 20 chansons, et que les 20 me plaisent, j’ai pas envie du tout de les sacrifier. Alors je les sors. Il faut aussi dire que je suis dans un environnement très confortable où les gens avec qui je travaille me suivent. Pas aveuglément, mais le label est à l’écoute de mes désirs. Le truc aussi, c’est qu’avec les années qui passent, je suis plus proche du dernier concert que du premier. Et je n’ai pas envie de ralentir la cadence. Il y a au contraire une forme de boulimie qui se crée, et qui fait qu’aujourd’hui, je suis dans un rapport boulimique à la création. On me cite souvent Jean-Louis Murat comme un danger possible, mais en même temps, Murat a laissé derrière lui une discographie impressionnante. A posteriori, le fait d’avoir fait autant de choses, on ne peut que l’en remercier et l’en féliciter parce que dans le lot, il y a énormément de choses d’excellente qualité.
Dominique A est en tournée dans toute la France jusqu’à fin 2025. Tu veux les dates ?
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comme dit ma maitresse même mort il nous fait chier
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Cantat goes 2 jail ?