Aujourd'hui : 18 septembre 2026
par
6 septembre 2017

Dans les disques de Lenparrot

Dans son premier album « And Then He », Lenparrot se veut plus classe, moins haut perché, plus solennel aussi. « Less is more » comme on dit, peut-être du fait de Julien Gasc en tant que producteur, appuyant la vision déjà claire et affirmé du Nantais. Une voix, un piano, un mellotron, point trop n’en faut, tout le monde s’en porte mieux.

Prévu pour une sortie le 10 novembre, cet album est déjà l’occasion d’en savoir un peu plus sur les goûts de Lenparrot avec une sélection de disques ayant influencé profondément le bonhomme. Attention, écarts de langage.

African Brothers Band – « Tribute to D.K. »

En 2014, alors que sortait Les Yeux en Cavale, j’ai passé plusieurs mois en compagnie du superbe livre Africa 100 écrit par Florent Mazzoleni (Ed. Le Mot et le Reste). Je découvrais alors une flopée de disques merveilleux, trop souvent cachés par la figure tutélaire de Fela Kuti. Mais il en est un qui désormais fait partie de mes disques de chevet, le Tribute to D.K. de l’African Brothers Band. Loin du high-life enlevé qu’ils pratiquent d’habitude, cet album aux teintes mélancoliques rend hommage à leur producteur et mécène récemment défunt. Le contraste entre la voix lumineuse de Nana Ampadu sur ces accords mineurs a quelque chose de déchirant.

Twin Sister – « Vampires with Dreaming Kids/Color Your Life »

Twin Sister fait partie de ces groupes que l’on associe à une période précise, comme la bande-son inextricable d’une pelote de souvenirs. Outre la part émotionnelle de ce choix, ce double EP a tout d’un grand disque qui s’ignore. L’apparente naïveté de ces neuf titres cache une écriture irréprochable, une aisance stylistique allant de la folk à la dream pop en s’aventurant même sur des terres disco (leur imparable All Around and Away We Go). J’y reviens sans cesse, en particulier son ouverture magistrale Dry Hump.

Women – Public Strain

« Quel est votre disque préféré ? » À cette question bête parce qu’insondable, ma réponse demeure Public Strain. Je ne l’écoute pas très souvent, sa noirceur me plonge dans une torpeur tout terrain. C’est une expérience, un truc de l’ordre du rêve éveillé, une bande-son mentale, une exploration intérieure. Il y a une telle palette d’émotions dans cet album, c’est surréaliste. Le doo-wop y côtoie la musique industrielle, les Beach Boys l’ambient drone. S’ils s’appliquent à écrire une chanson d’amour, c’est pour mieux la défenestrer. J’ose à peine imaginer ce qu’accoucher d’une oeuvre pareille a du être, même si la violence de leur séparation laisse peu de place au doute.

Lenparrot sera en concert au Point FMR (18 novembre) et au Lieu Unique (10 et 11 février 2018).

1 Comment Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.

0Shares
Aller enHaut

Ca vient de sortir

Science-fiction : Niqo sonne le retour de la bio spéculative sur YouTube

Discussion au long cours avec l’un des hérauts de la

The Space Lady, miracle terrestre du système D

Étoile jamais déchue de la culture hippie, Susan Dietrich est

Publier un selfie avec un artiste fraichement mort : le nouveau rituel macabre

C’est une tendance de fond : les gens meurent. Et