Nouveau concept. Pour l’anniversaire du label électro anglais WARP (20 ans, moins quelques dents), c’est moi qui reçois un cadeau à l’arraché. Une projection du vidéaste clippeur Chr

Nouveau concept. Pour l’anniversaire du label électro anglais WARP (20 ans, moins quelques dents), c’est moi qui reçois un cadeau à l’arraché. Une projection du vidéaste clippeur Chris Cunningham. Excepté une prestation japonaise en 2005, l’homme reste quasi invisible.  Bien sûr, la foule massée ce vendredi 8 Mai aux portes de la cité de la Musique de la Villette vient surtout se trémousser sur les poulains de WARP. Are We Reasonable People ou Weird And Radical Projects ? Bonne question non ? J’entre.

22h. Seefeel, noisy électro aux accents Sonic Youth, bien planante.  23h. Pivot, trio australo-anglais qui réussit là où Archive piétine. Du rock bien énervé, des boucles entêtantes. A minuit, enfin, après avoir patiemment rongé mon frein, les lumières s’éteignent, mais les écrans ne s’allument pas (grand moment de solitude dans ma tête de blonde, une projection vidéo sans vidéo ? What the fuck ??!!) Le set de !!! démarre. Pop efficace, qui fait bouger la tête et les pieds. Hybridation étrange entre une électro sympa (la marque de fabrique de Warp lorgnant plutôt du côté pointu en général) et de la pop FM. Mais pas de Cunningham à l’horizon. Blasée, déçue, sans aucune communication de l’organisation de la Cité, je me dirige vers les sorties où un videur (homme providentiel) m’annonce que Cunningham a été décalé à 01h15. Harassée, et surexcitée, retour à la case départ. Enfin, avec du retard, Chris Cunningham, clipper pour Aphex Twin (les visions cauchemardesques de Windowlicker), Björk (des clones de l’islandaise se font l’amour dans All is full of love) ou encore Portishead (en apnée dans Only you), arrive pour achever ce vendredi. 

La session commence par An abstract, anatomical film, court-métrage réalisé en 2000 sur la musique d’Aphex Twin. Corps nus en suspension, une femme, un homme et soudain scandé avec perfection par les rythmes syncopés et hurleurs de Aphex, un combat ultra violent s’engage. Coups de poing, gifles, ordonnent une danse macabre, puissante et immersive. Deuxième segment, la culture pop à son apogée, avec un remix Star Wars, la lutte au sabre de Darth et son rejeton. Ca met l’ambiance. Entre régression infantile et euphorie. La salle bondée surchauffe.

Retentit alors une musique quasi militaire (en même temps le 8 Mai, pourquoi pas ?) et des images d’archives apparaissent. Hitler, ses discours, une marche nazie. Un silence parcourt l’assemblée. Malaise? Surprise? Dur de diagnostiquer. Pour ma part, le travail de Cunningham, est fascinant. Par la souplesse plastique de ses vidéos. La violence et la beauté en confrontation. Cette acuité démoniaque qui répond à coups d’images aux soubressauts d’une musique électrisante. Quand l’image et le son ne font plus qu’un. Mais là, je n’adhère pas. Toutes les images ne se valent pas. Mettre sur un pied d’égalité Star Wars, entertainment absolu et Hitler, c’est malsain. Culture pop et nazisme. Fiction et histoire (Teletubbies et Staline ?). Au bord de l’écœurement, je quitte la salle. Juste avant les applaudissements qui viennent parachever ce que je ne peux cautionner.

Alors, tout comme moi, vous n’aurez pas la fin de cette projection. Après le fantasme et les préliminaires, me voilà refroidie. Rideau.

http://www.warprecords.com/

http://www.bleep.com/


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