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LOU REED
L’intelligence de la perversion

Lou Reed est vicieux comme Iggy Pop est idiot. De véritables pervers dialectiques, certes,  mais en aucun cas des exhibitionnistes ou, pire encore, des animateurs intéressés d’un freak-show. Caroline dans Berlin ce n’est pas Elephant Man, il ne faut pas les confondre avec leurs admirateurs. Lisez leurs textes, relisez-les avec délicatesse ! En cherchant bien, ou plutôt si vous ne cherchez pas, vous y trouverez de la violence peut-être. Un concept étrange que la violence, d’ailleurs : n’a-t-elle jamais vraiment existé, surtout en littérature ? Leur hargne, leur exhaustivité agressive envers le genre humain est la clef de leur anthropologie, une phénoménologie de l’absurde qui ne s’envisage qu’au travers du prisme d’une ironie loufoque. Un masque pour l’humour, la tendresse, la nostalgie et la douceur, en aucun cas le cadavre exquis d’une page de faits divers. Analyse entre les lignes et bréviaire du « how to read, Lou ».

Pas de drame, pas de voyeurisme. Mesdemoiselles, allons… allons ! Reprenez Last exit to Brooklyn. Voilà que ça vous revient, ce fameux manche de pioche (de pelle ?) enfoncé dans vos parties… Les marins, les grévistes hétéro-beaufs donc pédés, la pharmacopée des pédés… Tiens on y revient aux pédés… Du cul crade. Des histoires de chaussettes… Tu savais ce que c’était, toi, la Benzédrine ? Et puis peut-être, en cherchant bien… de l’amour et, qui sait, avec de la distance, encore plus fort, de l’humour ! Selby Jr développerait-il donc, au bout du compte, une phénoménologie de l’absurde plus qu’une « violence »  raz le moteur pour puputes du 20ème arrondissement ? Idem pour l’auteur de Kicks, Sister ray, The Gun ? On essore sa culotte, retour copie !

Lou Reed : bouffonnerie transcendantale

Pour se protéger contre le banal, garantir le nouveau, la beauté doit s’orienter vers la pureté, mais surtout vers le bizarre (comme le café dans lequel ledit Lou fit ses débuts). C’est, paraît-il, l’esthétique de la laideur, de l’anormalité s’affirmant comme valeur en soi et non pas en contre-vague du beau, qui permet d’accéder à l’idéalité. L’irritation contre le banal et le traditionnel se traduirait par le culte de l’artificiel et, surtout, du grotesque. Pourquoi ? « Car le grotesque et l’arabesque déforment le visage humain » (Edgar Allan Poe). Théorisé par Hugo dans la préface de son Cromwell et esquissé par Diderot dans son Neveu du rameau, le « grotesque », serait l’une des composantes primales du drame… Alors ça, si ce n’est pas du Lou ! Originellement, cette notion fut soutirée au langage des peintres du XVIème qui voyaient en elle une ornementation d’inspiration fabuleuse provoquant un sentiment d’inquiétude chez le spectateur : Festin nu ? Puis évolution  au XVIIème naissant vers la plaisanterie burlesque (non… pas Dita von Teese) et surtout vers le grimaçant. D’où ce fameux laid permis par le grotesque, que la modernité place en identité avec l’absurde. La violence de la laideur tiendrait donc de l’ironie, de l’incompréhension ? Du rire ? Pas une histoire si sérieuse, donc.

Lou Reed aime Edgard Poe et le fait savoir. On s’abstiendra de tout commentaire narquois sur son adaptation du Corbeau et de sa volonté affichée de prouver au monde qu’il est un poète-écrivain, car le « journaliste » ou le « critique » s’il existe ou a déjà existé – dans ce cas prévenez moi – ne doit écrire, et par conséquent perdre un temps précieux, que pour bâtir et non pour détruire. Cela n’empêche ni de nier ni d’être mesquin au sens premier… Parce que toute négation est par essence un acte positif, et surtout parce qu’être arbitraire et totalitaire c’est avant tout funny-funny. Et puis ça évite, parfois seulement, de se curer le nez ou de moisir devant des séries en streaming. A bon entendeur…

Revenons à nos moutons de panurge, j’entends les puputes du 20ème qui ressentent bruyamment dans Selby, Burroughs, Reed et même Bukowski, un déferlement photographique et pornographique de dégueulasserie du genre triptyque à la Despentes. Sexe (viol exclusivement), drogue et rock’n’roll (caution Stooges). Brrrrrrrrr !  Que les lectrices se rassurent – l’espoir fait vivre – je ne fais pas partie de ceux qui « aiment les femmes pour ce qu’elles sont » et j’ouvre, c’est ma tournée, la catégorie « pupute » à qui veut ; tout aussi couillus, velus et intellos qu’ils soient… Tout le monde est servi ? Alors on continue.

Pour résumer le concept de la « violence », vous noterez – toujours entre guillemets – dans les textes de « Reed » qu’on ne fait pas mieux qu’un critique allemand. La « bouffonnerie transcendantale » de Schlegel. L’idée pure du grotesque qui irrigue, qui constitue la source véritable de la brutalité des textes de Reed. Je cite :

 

« Mais le plus marrant c’est-ce qui arriva à son nez
Il grandit jusqu’à toucher ses orteils
Maintenant quand les gens disent que ses pieds sentent, ils veulent parler de son nez ! »
(Andy’s chest)

Baudelaire voyait en Daumier un jeu fou et sanglant. On est loin du comique ou du décoratif originel, Lou Reed en fait de même avec Selby Jr. Il traduit le choc entre l’idéalité vide et l’élément diabolique du comique grinçant pour faire naître la notion-phare si chère à notre modernité (la postmodernité je ne sais pas ce que c’est) : l’absurde. L’absurde, le « sans sens », le sans recherche de sens, qui provoque, par faiblesse et abandon du lecteur, un rire, non… un rictus creux, amoral. Qui n’a jamais été saisi par le « haha » métallique et speedé (ou ex-speedé ?) d’un Reed taquin en interview ? C’est à ce rire que je fais référence. – Personnellement je lâche le même quand je lis le dernier Houellebecq, mais c’est un autre sujet. Le médium de cette distanciation, de cette volonté de s’extraire de sa condition incarnée, se révèle dans les chansons de Reed par le truchement du « vice », un vice qui se construit hors de toute perspective religieuse, consubstantiel à l’homme, autonome, amoral, réifié :

 

« La violence résonne dans la patrie
Et le cœur de tout homme »
(Wrap your troubles in dreams)

« Quand tu penses que la nuit a gagné ton esprit
Qu’à l’intérieur tu es cruauté et perversion »
(I’ll be your Mirror)

 

Lou se rêve donc « vicieux », violent, traître mais toujours dans la dissonance :

 

 

«  Vicieux, tu me frappes avec une fleur, tu fais çà à toute heure, tu veux que je te frappe avec une cravache mais tout ce que j’ai c’est un médiator ». (Vicious)

 

L’intelligence et la beauté des textes de Reed proviennent donc conjointement d’une intelligence de la perversion et réciproquement d’une perversion intelligente, remarque que l’on peut étendre aux auteurs précités et à d’autres artistes en vrac : Pasolini, Kubrick, Soutine, Bosch, Nabokov… Quant au soi-disant culte du sadomasochisme manifesté dans Venus in furs ou encore Lady Godiva – qui se réclamerait, selon l’imaginaire populaire lubrifié, de Sade et de Sacher Masoch, ce qui n’est pas faux dans l’absolu, mais non pertinent pour les textes du Lou. Prenons The Gift, Sister Ray ou même Venus in furs. On ne baigne pas dans la violence sexuelle, mais dans une nécessité de l’humiliation comme unique rapport au monde.  Pas d’histoire de fesses. C’est le Dostoïevski des Carnets du sous-sol, dans lequel le personnage souffre d’un tropisme névrotique à la soumission au travers duquel il entrevoit sa propre disparition : Waldo Jeffreys ? Puis c’est le retournement, le soumis bande un peu, juste pour voir, et passe un savon démoniaque à une pauvre pute avec laquelle il aurait pu sans doute se sauver, et vivre enfin selon les aspirations de chacun, aimé simplement et pour ce qu’il est… On y reviendra.

Il y a donc irruption soudaine d’une violence immédiate et arbitraire mais avant tout risible, on est loin du gothique navrant de je ne sais pas moi… Marylin Manson, Pete Doherty ? Si dans les textes de Reed il y a violence, celle-ci ne s’exprime que dans l’absurde ; s’il y a drame il ne se manifeste que dans le rire, la distance face au banal. Cette expérience reedienne, c’est celle de l’homme moyen qui place dans la violence, si tant est qu’elle existe véritablement, son levier face aux poids de l’ennui, du choix, des responsabilités.

 

Delmore Schwartz : pas un fils d’Europe que je n’aie connu.

De Schwartz, son mentor à Syracuse, Reed hérita d’un goût pour la phrase simple, évidemment également imposé par le format pop de son idéal de rock’n’roller. Le saviez-vous ? Lou Reed est un très bon chanteur de Doo wop. D’où une volonté de nicher la transcendance dans l’os. C’est ça aussi le Doo Wop. Lou Reed aurait pu être de ceux qui disent « ce bras est de chair »  plus que « aboli bibelot d’inanité sonore ». Il ne fonctionne donc que dans une écriture du reportage, qui multiplie les personnages tout pile entre l’un de ses héros absolu, Dostoïevski, qu’il cite à longueur d’interviews pour se moquer de Bukowski – il le déteste par principe – et des photographes comme Robert Frank ou Diane Arbus.

Là où le maître croquait la middle class juive dépressive, Reed s’attaque à l’univers selbyen avec une palette de saynètes délirantes et un bestiaire de freaks, bien trop freaks pour être véritablement crédibles mais qui s’en soucie ? Peu importe, tout comme sa prétendue violence, cruauté ou que sais-je encore, cette démultiplication d’êtres lâches et pervers sert un projet plus vaste, la perte de l’individualité qui est vécue comme un véritable soulagement. Cette déshumanisation, cette dissolution du moi dans l’autre est la base de la satisfaction esthétique que nous tirons de la lecture des textes de Reed ; cette violence d’apparat n’en est que le marchepied. D’où une dynamique de la décision omniprésente, permettant une éradication du moi, du « je » frelaté, vers une nouvelle objectivité : le gonzo-journalisme par exemple ?

 

« J’ai pris une grande décision, je vais tenter de néantiser ma vie » (Heroin)

 

 

« What do you think I’d see, if I could walk away from me ? » (Candy Says)

 

 

« Te voila devenu deux, lequel vas-tu choisir ? L’un est noir, l’autre est bleu, tu ne sais vraiment pas quoi faire » (Beginning to see the light)

Lou Reed développe donc un désir et un rejet de l’altérité. Il convoque une pléthore de personnages pour mieux nier son unicité, il n’y a donc pas de désir de mort mais un désir d’extraction, de transcendance de sa condition individuelle, tout en revendiquant sa partie prenante à l’humanité dans sa bassesse.  De là naît une tension intrigante entre le Wild child, le Alley cat de Oh Jim, le pervers polymorphe de Vicious, le rock’n’roll animal, et cet Average guy ne souhaitant qu’une simple chose : être aimé pour ce qu’il est, avec douceur…

 

« Tu ne me reconnaîtrais pas si on tombait nez à nez… Apparence moyenne, goût moyen, taille moyenne, tour de taille moyen, moyen dans tout ce que je fais, ma température est de 37°, je suis juste le mec moyen qui essaie de s’en sortir… » (Average Guy)

Décalage, une fois n’est pas coutume, on invoque la bobine, attention interview ! Qui ne se souvient pas d’un Reed lyophilisé, raisin sec aryen, 40 kilos dont dix de crotte (normal avec toute l’héro et le speed qu’il se fout dans le cornet il ne chie plus depuis Transformer), suçant un jus de tomate, qui rétorque à « Comment vous décririez-vous ? – Average ! ». Marrant, non ?
Lou Reed « est » donc toutes ces Candy, ces Shirley, ces Harry, ces Caroline, ces Seasick Sarah. C’est un individu total, parfaitement dissout dans la foule. Attention, que l’on s’entende bien, cet individu total qui n’est que le reflet de l’ensemble de l’humanité passée et à venir, n’est en aucun cas le reflet d’un particulier, toi et moi on peut oublier. C’est le Rimbaud de Mauvais sang, pas du naturalisme ! « Pas un fils d’Europe que je n’aie connu ! » European son, on y arrive…

 

« Elle croit qu’elle est le fils de quelqu’un, ses sublimes amours ne durent pas, son avenir est mort dans le passé de quelqu’un. » (Chelsea girls)

Les règles du « je »

Quand on écoute le Velvet, au-delà du rock’n’roll, du cool – c’est quand même foutrement important et au bout du compte ce qu’il y a encore de mieux – on ressent ce processus de disparition du moi réel vers un moi écrivant : la nouvelle objectivité, le voilà le vrai Gonzo : une expérience de l’auto-métamorphose qui permet la dissonance.

 

« Tu devrais en apprendre plus sur toi et penser plus loin que ton seul ‘je’ » (Caroline says II)

Un moi qui peut revêtir tous les masques, s’introduire dans toutes les formes d’existence de tous les peuples et de toutes les époques, voilà ce que propose Reed et voilà pourquoi c’est si bon… On pense à Berlin.
Lou c’est, parmi d’autres, la séparation du sujet écrivant et du moi empirique, qui interdit toute analyse littéraire fondée sur la biographie et toute interprétation psychologisante de l’auteur. On s’en branle de tes électrochocs et de ta pédérastie !

Pas de cœur donc, parce que je vis dans l’autre, le vôtre me suffit, enfin presque. Cette thématique du reflet, du spéculaire, affleure dans les chansons d’amour de Reed. Je  ne suis que quand je suis toi. Je « suis » dans l’autre et putain, ca va vachement mieux, directement soi dans le reflet de l’être aimé, mais autant dans tous ces personnages, car je ne vis que dans ce « vous », reflet de mes aspirations, car je suis partie prenante de l’humanité dans ses déboires et désespérances. Je suis une transcendance vide pour le type moyen, et si message il y a, eh bien le voilà :

« I’ll be your Mirror, reflect what you are ». En voila une volonté de déperdition, de se nier dans son propre rapport au monde, l’amour quoi…

« Si je pouvais rendre le monde aussi pur et étrange que ce que je vois, je te mettrais dans le miroir que je place en face de moi » (Pale blue eyes)

Tenessee Williams, Kazan… Influences majeures, destin troublé de personnages marginaux en quête de d’oubli de leur condition. Pitié, ne me parlez plus de violence et de drogues, de vos névroses à la con, faites ça chez vous, ou dehors, comme tout le monde, mais ne l’imposez pas, ni à eux, ni à moi. Sur les quais, le tramway… On y est. Une dynamique de narration (Hanging round) ou d’exaltation (Make up, Walk on the wild side, Waiting for the man). Marginalité du dialogue en apothéose avec Berlin, album scénarisé par essence. Lou Reed le romancier. Pas un photographe de morgue.

 

« J’avais nourri l’espoir que l’intelligence qui autrefois habitait les romans et les films absorberait le rock, je me suis peut être trompé » : notes de pochette de Metal Machine Music pour justifier son Sally can’t dance et, dans le même temps, lucide, sombrer momentanément dans le silence du larsen, conscient de son échec. Si cela ne vous rappelle pas quelqu’un… R ?..

« Voici la raison de Sally can’t dance – votre rock’n’roll animal. Plus qu’un essai honorable, mais on ne fait pas les choses à moitié. Indiscutablement pas le bon médium ». Un îlot d’introspection, un constat d’échec, qui affleure sous la mouscaille prétentieuse dans laquelle Reed s’empêtre non sans désespoir et délectation. On remet quand même les compteurs à zéro, avec classe, chat de gouttière et ta sœur ?  Chat ontologique. Au fond de la chute il y a des pattes. « Ma semaine bat votre année. » Metal Machine Music.

Illustration : Guillaume Arramy

29 Comments

  1. Gonzo

    21 février 2011 at 19 h 49 min

    Attention vicious est un faux ami… http://www.wordreference.com/definition/vicious

  2. Pingback: Tweets that mention LOU REED ::: L’intelligence de la perversion | Gonzai -- Topsy.com

  3. martin rahin

    22 février 2011 at 9 h 29 min

    Cher Gonzo,

    Je vous renvoie à la traduction assermentée par l’auteur de « Vicious » dans « traverser le feu ». Soit dit en passant, je pense que ce titre est un « faux ami ».

    Amicalement.

    M.

  4. SHAKIRA

    22 février 2011 at 20 h 21 min

    Excellent article ! J’en veux un de cette carrure toutes les semaines ! Il est plein de pensées. Il secoue les miennes, merci ! Les voici :

    A mon avis une intelligence de la perversion reste de la perversion. Si Lou avait écrit ses chansons par le truchement de la pudeur, quel aurait pu être l’effet ; autrement dissonant, pas rock’n roll, donc impropre à subjuguer la tension caractéristique qui l’animait à une époque comme la sienne. Une esthétique de la violence reste de la violence, ceux qui ne voient à travers ses chansons qu’une ode au stupre, sans une once de décalage, n’ont pas tout à fait tort. Ils n’ont certes rien compris à la lucidité de Lou, mais si Lou l’a comprise, il a refusé de se sauver. Il l’a incarné sans défaillir. Je l’admire, il est grand, son orgueil est beau. Je brûlerais volontiers des tonnes de poubelles remplies de daube pop-rock pour sa gloire.

    « Lou c’est, parmi d’autres, la séparation du sujet écrivant et du moi empirique, qui interdit toute analyse littéraire fondée sur la biographie et toute interprétation psychologisante de l’auteur ».

    Quand j’écoute ses chansons, je ne psychologise rien, la perception est totale. J’expérimente quelque chose qui ne dure pas, une voix grinçante, une guitare dingue, une inspiration sauvage, brute, décadente, mais quand la musique s’arrête, l’esthétique est révolu. Donc toute critique, toute analyse implique une distanciation de son auteur, créateur d’un objet, qui n’existe comme objet-esthétique que lorsque moi-même, comme lui, mais en tant que spectateur, avec mon émotivité je lui confère une forme. Ce n’est que dans l’expérience que toute considération sur l’auteur et sur sa vie est hors de propos ; son individualité est transcendée, elle n’est pas éliminée, c’est pourquoi tous, avec notre vécu différent, nous sommes touchés. Hélas toute connaissance ou analyse de cet objet nous ramène inévitablement à son auteur. Ca me fait de belles jambes que Lou soi pédéraste, mais je suis quand même forcé de le savoir. S’il avait était straight, j’aurais aussi bien du le savoir, inévitablement Comme tout un chacun Lou a choisi, il a consacré sa vie à la musique. J’en tiens compte. Ne fussent-elles qu’esthétiques, Lou demeure pleinement responsable de ses exactions. Il appréciait la crasse, c’était plus fort que lui.

    Lou n’était pas indifférent aux malheureuses vertues de la violence. Avant d’être beauté, la violence n’est que violence. Lou le vicieux ! Shelbi le drogué ! Iggy l’idiot ! Nous ne les en aimons pas moins.

  5. martin rahin

    23 février 2011 at 13 h 36 min

    Chère Shakira,

    Je vous suis sur le caractère arbitraire de l’écoute d’un disque, un album s’impose, mais on s’y expose aussi sur des modes plus ou moins volitifs, névrotiques, somatiques. N’écoute-t-on pas des albums que l’on déteste de prime abord, ne souffre-t-on pas parfois d’un tropisme au mauvais, au kitsh, chacun ses vices. Vous le rappelez il y a un dédoublement de temps, ou plutôt deux temps distincts à l’écoute d’un disque. Celui du bruit, celui du silence. Celui de la jouissance, celui de l’analyse de cette jouissance et c’est bien ce second temps (qui peut certes être instinctif et non réglé sur le mode rituel, tout dépend de votre degré de maniaquerie) qui permet la catharsis que vous invoquez.

    Souvent je vous le concède, c’est bien la vie de l’auteur, son look, ses frasques, son historiographie qui vous permet de tolérer une production absurde, une voix affreuse, mais aussi d’accéder à un palier de sensibilité supérieur. Je ne suis pas en croisade pour Barthes. Le rock est une affaire de cool, pas de sémiologie et Balzac n’est pas une rockstar.

    Néanmoins, dans votre commentaire nous quittons le rock pour l’Esthétique, merde les grands mots, et vous soulevez un nœud intéressant. L’esthétique de la violence serait de la violence, ou du moins, en tempérant votre proposition au maximum, une forme de violence.
    Hé bien sur ce point, je me refuse à vous suivre. Imposer ou subir de la violence au cours de son existence, en éprouver de la joie, du plaisir ou du malheur, c’est une chose. Utiliser par analogie sous forme artistique un construct renvoyant à l’idée de la violence s’en est une autre: La mimesis. C’est cette idée d’organisation, de schéma symbolique qui sauve l’art violent du putassier. Je suis de ceux qui pensent qu’il y a un différence entre un snuff movie et un concert des stooges, entre un documentaire sur le génocide au Rwanda et un film d’Argento, entre un SS et Siouxie qui porte un brassard.
    Voilà ou je place ma notion de pudeur et d’intelligence de la perversion car la violence ne vaut jamais par elle même artistiquement parlant.
    Quiconque c’est déjà pris une méchante raclée de son père bourré, c’est fais tripoter par son oncle, se débat avec ses addictions ou à mis un coup de surin à un cousin verra avec sincérité de quoi je parle. Ecouter Lady Godiva, ce n’est pas changer de sexe.
    Crever la dalle c’est laid, tuer femme et enfant à cause de l’usine c’est laid, trahir ses idéaux c’est laid et pourtant Frankie teardrop c’est beau. Question de forme? Pas exclusivement, un angle, un empathie une douceur, pas de l’épate bourgeois. Et si on s’intéresse à ces chansons, à ces romans par voyeurisme alors je conseille le livre vérité de Loana qui est bien plus flippant et dégueulasse que les 23 minutes de Sister Ray.

    Sincèrement pensez vous ressentir l’effet d’un homicide à la hache en lisant Crime et châtiment, pensez vous que Dostoïevski soit un meurtrier, pensez vous ressentir du plaisir à l’idée d’assister à un tel meurtre? Bukowski vous donne-t-il envie de baiser des cadavres, de fracasser des homos avec des clubs de golf? Pensez vous que les noyaux symboliques de ces œuvres majeures tiennent du fait divers sordide?

    Il faut être lucide face à son déficit existentiel c’est la clef de la pertinence et cela explique comment un philosophe allemand incapable de manger autre chose que de la soupe et de la viande bouillie, arrive je pense, à ne pas se prendre pour un hoplite alors que ses lecteurs actuels, les pauvres, n’y manque pas.

    Moralité si on veut de la violence, on s’engage dans la légion.

    Bien à vous,

    Martin Rahin

  6. Bacteria47

    23 février 2011 at 15 h 50 min

    Mec, je sais pas ce que t’as fumé pour écrire ce torchon, mais n’en ayant pas présentement pour assombrir mes poumons et irriguer mes capillaires cérébraux, j’ai du mal à te suivre. Il n’empêche que ce que tu racontes a l’air passionnant, aussi ne pas le comprendre me désole d’autant plus. Aurais-tu l’obligeance de résumer l’essence de ton propose en deux phrases claires pour l’abruti(e) lambda (en général, et moi en particulier) qui se perd dans les circonlocutions fumeuses ? Cela serait fort urbain de ta part. A défaut (je comprendrais bien sûr que tu n’aies pas le temps), je te serai reconnaissante de me donner l’adresse de ton apothicaire, qui m’a l’air assez exceptionnel.
    Amicalement.

  7. chalumeau

    23 février 2011 at 16 h 18 min

    très beau texte. bravo.
    ce cochon de lou reed! qu’en faire! que dire! comme dirait l’autre, he cannot be denied, quand bien même par périodes on essaye.
    déja là, on y revient immanquablement par cycles et phases (par exemple, après près de vingt ans de boycott échaudé et d’indifférence totale, cicatrisation d’une vénération obsessionnelle pendant les 70’s, je me suis surpris à m’y remettre. et qui l’eut cru, en passant par Sally can’t dance! C’est dire!). On y revient, donc, mais on ne le fait qu’en dépit de ses simagrées, caprices et revendications aigries des années 80, 90, et 2000! Où il aura fallu bien du mérite à ceux qui seront resté tout du long.
    mais imaginons à présent qu’il soit mort (ou du moins disparu, rangé, évanoui) à la fin des seventies — disons au plus tard, après Street Hassle. le mythe absolu, parfait, le culte extasié dont il serait l’objet! la discographie quasi sans faute. le statut! L’Oeuvre! Précisément parce qu’il se serait tu avant de commencer à revendiquer d’en avoir produit une.
    Comme un Gainsbourg dispensé du boulet Gainsbarre.
    là, bon, on a juste un vieux repenti de l’anus et du garrot qui récrimine en boucle pour qu’on lui agrafe au cuir naphtaliné des médailles de chevalier des chiffres et des lettres, quelque part entre Assurancetourix (ignares! barbares! vous ne connaissez rien à l’art!) et Brando à la fin de Sur les quais (i coulda been a contender. i coulda been someone). triste vieille tante. mais n’empêche: merci pour tous les bons moments. merci pour les souvenirs.
    et comme dirait Drucker, il nous reste ses chansons. du moins, certaines.
    donc très beau texte. Bravo.

  8. ThibaultKV

    23 février 2011 at 16 h 19 min

    Sans déconner, il est où Bester ? Il laisse passer de tels grumeaux de n’importe quoi ? C’est pas le boulot d’un rédac chef de dire à ses petits camarades « euh, attention bonhomme, là tu fais n’importe quoi » ?

    J’ai l’impression de me faire pisser sur le cortex en lisant un tel truc, c’est n’importe quoi de A à Z. Faut arrêter de se shooter au Derrida !

    C’est vraiment dommage, malgré des trucs auxquels je n’adhère pas, Gonzai est un site plutôt intéressant et qui avait, fut un temps, il me semble, vocation à éviter la mollitude, à proposer du contenu, pas de blabla ni de chichi, on ne transige pas et on marche droit.

    WHAT THE FUCKIN’ FUCK ?

  9. martin rahin

    23 février 2011 at 16 h 22 min

    Cher Bacteria47,

    « Capillaires cérébraux », « circonlocutions fumeuses », « urbain de ta part », « apothicaire »
    Ces quelques locutions me renseignent sur deux choses:

    -Tu emploies des termes très poussés pour un abruti lambda. Sachant que tu l’auras compris en lisant mon article on peut utiliser des mots rares et être complètement débile.
    Sur ce point on se ressemble.

    -Tu as l’air beaucoup plus obsédé par les substances que moi, tu dois être plus scientifique, plus corporel, plus bactérien, plus rock quoi

    Au delà de tout ça, je suis sincèrement déçu que mon article te déplaise et pire encore te pousse à une telle remise en question rhétorique sur tes capacités intellectuelles.
    Et puis la synthèse ça a jamais été mon truc, sinon j’aurais fais de la pub.

  10. ellinoa

    23 février 2011 at 16 h 27 min

    Je ne comprends pas. Vous êtes combien dans cette rédaction? Il n’y a pas ne serait-ce qu’une personne pour se rendre compte que ce que vous écrivez ne veut absolument rien dire ? Vous me faites penser aux mecs de Dream Theater qui s’enferment des mois dans leur studio, se coupant de toute appréciation extérieure qui aurait pu leur permettre de faire la part des choses entre ce qu’il faut garder et toutes les chutes inintelligibles. Mais bon, je suppose que ça ne serait pas assez « coolporate » d’appliquer ne serait-ce que le plus petit filtre au flot de l’écriture automatique.

    Et encore, les DT ont fait toutes leurs études à la Berkelee School of Music.

  11. ThibaultKV

    23 février 2011 at 16 h 30 min

    Pour reprendre l’expression qu’un camarade avait utilisé à propos d’un autre grand papelard totalement défoncé du bulbe, mais qui traitait, enfin en principe, de cinéma, c’est la « pierre de rosette du Tartufe commentateur culturel ». Tout y est ! C’est hallucinant de bêtise.

  12. BSTR

    23 février 2011 at 16 h 40 min

    Bester est là, il continue de faire son boulot, à savoir lire des textes, sourire en les lisant, voire accessoirement les publier quand il estime – modestement – que l’auteur a raconté son histoire.

    Question plus importante sur ce mystérieux Chalumeau… Laurent?

  13. NonooStar

    23 février 2011 at 16 h 48 min

    Bon, si j’essaie de résumer cet article en deux phrases comme le demandait bacteria47, ça serait « la violence chez Lou Reed, c’est du Grand Guignol grotesque » et « Lou Reed n’a jamais vraiment été les personnages qu’il interprétait dans ses chansons et dans ses interviews ». Pourquoi pas… De mon point de vue, Lou Reed était un attention-whore forcené qui s’est rendu compte au début des années 90 qu’il n’avait plus besoin de faire le con pour qu’on le prenne pour un Grrrrand Ââââârtiste. Mais ça n’engage que moi.

    Cela dit, était-il nécessaire d’écrire tout ça dans un jargon aussi vain (« une expérience de l’auto-métamorphose qui permet la dissonance », belle expression qui peut recouper quasiment tout et n’importe quoi), recouvert par des effets de style ridicules depuis plus de 20 ans (lire « On essore sa culotte, retour copie ! » = instant facepalm) et plombé pour finir par un name-dropping incessant (citer un nom ne sert quasiment à rien si on ne passe pas au moins un paragraphe à expliquer qui se cache derrière ce nom et en quoi il est approprié de le citer) ?

    Je reconnais que c’est marrant d’écrire un article comme celui-là, mais en faisant l’effort de se débarrasser de ces tics d’écriture assez détestables, on s’oblige à plus de rigueur intellectuelle dans ses raisonnements, à plus de clarté dans leur exposé et on évite ainsi que les lecteurs se demandent si l’auteur n’est pas en train de les prendre pour des cons.

  14. bob morane

    23 février 2011 at 19 h 34 min

    Nonoostar tu résumes à merveilles ce qui est effectivement de la branlette intellectuelle sans rigueur ni fondement.

  15. chalumeau

    23 février 2011 at 20 h 24 min

    in for a penny, in for a pound. je me retrouve à défendre un texte sympa mais bon, d’un gars que je ne verrai jamais. mais tant pis. j’avais qu’à pas commencer. ça m’apprendra à mêler de ce qui ne me regarde pas.
    verbeux, excluants, m’as-tu-vu quand j’écris, élitistes contents d’eux, abscons, plein de morgue et fiers de l’être, certains des commentaires haineux que ce pauvre article suscite le sont au moins autantque lui, si ce n’est plus. l’humour et la présence d’une « patte », d’un ton, d’une musique et d’un projet (presque d’une promesse de style), cohérents et maintenus de bout en bout en moins.
    donc camembert.
    déja.
    ensuite, l’article (le pauvre) qui nous occupe n’est certes pas toujours très clair, mais il sonne bien, dans son obscurité même, et il est cohérent avec lui même et surtout avec son sujet. c’est une tradition presque sacrée: lou reed réclame le jus de crâne et de la branlette perchée exactement comme « après que » exige l’indicatif.
    la bonne nouvelle (enfin, moi, à mon âge, j’ai trouvé), c’est qu’il (lou) en inspire encore, après toutes ces années, plus élitistes et codés encore que celui et celle que nous produisions jadis!
    pour être tout à fait fait honnête, il y a certaines phrases de l’article que je serais bien embarrassé de traduire en français. mais c’est ça qui est bien, justement. aboli bibelot d’inanité s’honore! et dans toutes ces ellipses allusives et références délibérément tronquées, il y a quelque chose de l’ordre du « if you need to ask, you don’t need to know » louis armstongien (et un « allez vous faire foutre » diantrement Velvetien des débuts) dont j’aime bien l’altitude « advienne que pourra » et « comprenne qui peut ». précisement et uniquement parce qu’on parle de lou reed. l’auteur évoquerait merle haggard sur le même ton, c’est sûr qu’on aurait un problème. lui, surtout. il y aurait contresens.
    mais là, glose lou reedique khâgneuse à la bergamote? ça me rajeunit et je vous emmerde.
    en même temps, c’est pas beau, d’être là, toutes générations confondues, à se jeter des anathèmes comme des capotes remplies d’eau à propos de disques?
    vive le rock. vive gonzaï. ne serait-ce que pour ça!
    God bless you all.
    One love.

  16. BSTR

    23 février 2011 at 20 h 35 min

    Putain, c’est bien lui.
    Je rêve.

  17. NonooStar

    23 février 2011 at 23 h 51 min

    @bob morane
    Je tiens à la fois la branlette et l’intellect en trop haut estime pour appeler cet article de la « branlette intellectuelle ».
    @chalumeau
    L’humour, la « patte », le style (là, j’ai un doute) ou la cohérence (là aussi) sont peut-être là… et alors ? Ca fait 30 ans qu’on en bouffe de l’écriture rock, de l’élitiste et du codé, qu’on entretient les mêmes mythes usés avec toujours les mêmes procédés. Je n’ai pas de problèmes avec le fait que le rock soit la musique la plus réactionnaire du monde, comme disait Zappa. Mais toute réactionnaire qu’elle soit, il y a bien trop à en dire pour qu’on puisse se réjouir de voir qu’on ressasse encore et toujours et sans aucun recul les mêmes conneries.

  18. Antoine

    24 février 2011 at 0 h 01 min

    Je veux bien passer des choses à ce cadavre exquis au demeurant sympathique, mais quand je lis de la part de l’auteur en comm « Souvent je vous le concède, c’est bien la vie de l’auteur, son look, ses frasques, son historiographie qui vous permet de tolérer une production absurde, une voix affreuse, mais aussi d’accéder à un palier de sensibilité supérieur », je ne puis que laisser Klaus s’exprimer pour moi : http://tinypic.com/player.php?s=5&v=2zpnwjc

  19. Bacteria47

    24 février 2011 at 9 h 40 min

    Bon, je vais essayer de faire plus mesuré pour justifier ma réaction un poil agressive d’hier…

    Certes, faire de l’abscons sur lou reed, on peut concéder que c’est accorder la forme au sujet… (ce qui soit dit en passant amène à ce demander si un sujet qui n’appellerait qu’une écriture ampoulée, incompréhensible et comptant uniquement sur la forme pour remplir le fond mérite vraiment qu’on se décarcasse à écrire dessus – mais sans vouer une admiration sans borne au sieur Lou je pense quand même qu’il mérite un peu mieux).

    Cela dit, je pense qu’à partir du moment où on rédige quelque chose d’obscur, foisonnant, tortueux et compliqué à lire, la moindre des chose est de faire en sorte que le contenu soit à la hauteur… simple question de respect pour le lecteur qui aura fait confiance à l’auteur et se sera donné du mal pour venir à bout de son papier. En l’occurrence, j’ai l’impression que le fond se résume à la synthèse proposée par NonooStar, c’est-à-dire, franchement, à de l’enfonçage de portes grandes ouvertes (à grand renforts de moyens, en plus).

    Ce qui m’attriste c’est que l’auteur semble affirmer que torcher quelque chose d’illisible et d’abscons autorise à n’avoir rien à dire, et serait même plus « intelligent » et honorable que de faire une « synthèse » (quand bien même synthétiser en quelques phrases claires et simples un raisonnement complexe demande infiniment plus de travail et de rigueur que pondre un article fleuve sans fond).

    Je ne pense pas que l’objet « Lou Reed » soit à ce point transcendantal qu’il dispense du respect élémentaire pour la langue, les références ici passées au mixeur et le lecteur. Qu’on m’excuse de m’être adaptée à mon sujet et d’avoir répondu sur le même ton que celui que j’ai perçu dans ce papier.

  20. El Macé

    24 février 2011 at 10 h 39 min

    Les gars vous avez pas autre chose à faire de votre vie que de taper des commentaires de trois pages sur un article bien écrit, dénué des prétentions que vous lui attribuez.

  21. Martin Rahin

    24 février 2011 at 10 h 40 min

    J’ informe mes lecteurs que mon prochain article sera rédigé en allemand et portera sur l’ensemble des textes de Capitain Beefhart.

  22. Antoine

    24 février 2011 at 12 h 03 min

    AH NON, on s’en tape de Lou mais tu touches pas au Captain.

  23. serlach.

    24 février 2011 at 14 h 30 min

    à fond vas y coco fais le en polonais si tu veux

  24. SHAKIRA

    24 février 2011 at 16 h 16 min

    Chère Martin Rahin,

    Oui, je suis d’accord, l’idée de violence en art d’un point de vue symbolique nous sauve, mais je m’astreins parfois à un point de vue plus élémentaire, de première instance, puisé dans ma sensibilité, quelque chose de vital, sans intellectualiser quoi que ce soit, formulé en fonction de l’intensité avec laquelle la violence s’exprime. Le soin avec lequel l’auteur nous amène vers elle, l’intensité formelle que l’auteur donne à sa représentation dénote d’une intention soucieuse de produire un effet. C’est à cet effet que je pense, celui de Bukowski n’est pas le même que celui de Dostoïevski. Bref je ne faisais aucune distinction de qualité, j’incluais dans mon jugement toute sorte de motivation artistique, une motivation esthétique. Par honnêteté et souci d’équilibre je m’efforce de ne jamais concevoir l’art uniquement d’un point de vue spirituel même si j’en suis très tenté, les symboles ont toujours un sens forgé par le vécu. Le spirituel est un chemin, les auteurs, certains plus lentement que d’autres, avec plus ou moins de talent, transcendent leur vécu. Une esthétique de la violence reste de la violence. Un légionnaire pourrait être un grand peintre. L’art peut réconcilier l’homme avec sa nature en la spiritualisant. Je prend mon pied en écoutant Frankie Teardrop parce que la violence qui m’habite, toujours violence, devient esthétique.

    Bien à Vous

    Votre tendre et dévoué,

    Shakira

  25. Antoine

    24 février 2011 at 17 h 30 min

    Erf arrête, c’est sale, je me doute bien que c’est dur d’écrire intelligemment avec la main droite occupée mais des choses pareilles ça se dit pas en public, dis toi qu’il y a des gens qui COMPRENNENT les mots que tu emploies. Pour de VRAI.

  26. ilhan

    25 février 2011 at 17 h 23 min

    Cher Martin,

    Je reconnais bien là ton écriture baroque et bariolée. Je n’ai pas tout saisi mais bon je n’ai pas la chance d’avoir les textes de Mr Reed à la maison !
    Continues comme ça !
    PS : Pour moi Lou Reed c’est la rue et la sensation d’avoir perdu quelque chose.
    À plus,
    Ilhan.

  27. Chinaski

    27 février 2011 at 10 h 40 min

    you hit me with a flower

  28. Nicolas Ker

    2 mars 2011 at 12 h 12 min

    Lou Reed a toujours été très clair et n’a jamais parlé que de son environnement: dans les sixties il décrivait la Factory, dans ses 70s tox la rue Myrrha (et RCA avait beau lui envoyer des limousines il restait fondamentalement un tox), maintenant il fait des disques chiants sur la Kulture, les lofts, le Taï-chi ou comment il fait pleurer Laurie Anderson parce qu’il vit dedans.
    Lou Reed a toujours été réglo: il n’a toujours décrit que ce qu’il voyait et comment il le gérait.

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