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Hurler à la Super Lune avec Moonrite

En 1972, Yann et Julien, deux frères, poussent la porte de Suspiria, disquaire et libraire spécialisé dans les sciences occultes, place Grenette à Grenoble. Habitués des lieux, ils se dirigent vers les bacs Krautrock, Prog et Psyché. Ils passent l’après-midi à écouter ‘All The Colors Of The Dark’ le soundtrack de Bruno Nicolai, un collaborateur d’Ennio Morricone.

Ils ne s’aperçoivent pas que la boutique s’est peu à peu vidée. Ils réalisent qu’ils sont seuls, et que la porte est fermée à clé. Victimes d’une torpeur étrange, ils remarquent alors un portrait au mur. Il représente le moine franciscain venant d’Italie Nobilibus, condamné au bucher par le parlement de Grenoble en 1606 pour crime de sorcellerie. A l’époque, la boutique abrite une annexe de la police, dans laquelle le moine subi 230 interrogatoires, séances de torture en réalité. Son exécution a eu lieu à quelques mètres de la boutique, et l’âme du moine est prisonnière des lieux. Les deux frères, envoutés, vont passer des décennies, prisonniers du sortilège du moine maudit. La seule alimentation disponible, ce sont ces vinyles aux pochettes criardes : Diodo’ de Blue Phantom, heavy psychédélique de Armando Sciascia, The Witch de Mark Fry, épique psych-folk étrange, ou encore How The Gipsy Was Born de Frumpy, rock enfumé, rugissant et satanique venant de Hambourg.

Régulièrement, ils tentent d’ouvrir la porte, mais sans succès. Après avoir passé 3 ans non-stop à psalmodier le Lyke Wake Dirge de Pentangle, ils découvrent une porte cachée dans l’arrière-boutique. La pièce sombre révèle un orgue Hammond et un drum kit Thunder.

Yann allume l’orgue. Après quelques minutes, la chaleur du métal des roues phoniques dégage une odeur de poussière brûlée. L’abattement a laissé place à la fièvre : les frères vont créer compulsivement une dizaine de titres, enivrés par le souffle électromagnétique de l’orgue, dont les fréquences ouvrent la porte vers une vie occulte et insondable.

L’âme de Nobilibus n’attendait que ce signal : la clé de la conjuration était le passage à l’acte créatif.

Nous sommes en 2016, et la porte s’ouvre. Yann et Julien, préservés du temps qui passe, sortent dans la nuit du 21ème siècle. Un dernier regard en arrière, et Suspiria est devenu Promod. Dans ce monde qu’ils ne connaissent pas, ils vont se raccrocher à la Super Lune au-dessus des toits de la ville. Après avoir accompli les rituels de désenvoutement, ils prennent le nom de Moonrite, et sont prêts à révéler au monde ce qu’ils ont appris dans la boutique, dans un genre qu’ils appellent Occult/Pop/Psych.

Yann complète son équipement d’un Farfisa, filet de vinaigre de Modène sur les écorchures de son âme, et d’un piano bass Rhodes. Le duo enregistre l’album « Moonrite », dont les titres sont portés par l’orgue, l’instrument de la musique sacrée par excellence. Proche de la voix humaine, distordus, les orgues de Yann, amples, rythmiques, puissants, énergiques nous raconte des histoires de peur, de mort, et de désir.

http://moonrite.blogspot.fr/

 

6 Comments

  1. bronco

    14 novembre 2016 at 11 h 00 min

    deja ‘vu’ au disquaire, pres de la ‘voie rapide’, ils l’ont rangés avec les chansons de blancs. les ‘disquaires’ n’ouvrent que 3 fois par semaine…….

  2. grossier et maigre

    15 novembre 2016 at 12 h 52 min

    @ HURLER de RIRE!

  3. maurice futon

    17 novembre 2016 at 20 h 00 min

    « chaude PEACE »

  4. Petit joueur

    29 novembre 2016 at 10 h 36 min

  5. le caviste du boulevard diderot.

    2 décembre 2016 at 19 h 22 min

    y’a aussi acqa nebula oscillator, mais tiens gratte-toi pour un ‘LINK’-

    • Gaston Moulenc

      2 décembre 2016 at 19 h 51 min

      ton pseudo est encore meilleur que ton commentaire

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