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BRYAN FERRY : INTERVIEW
Course poursuite avec une perruque

A contempler les préparatifs de Noël et la lumière aveuglante des devantures, j’avais fini par me rendre à l’évidence : Ferry et moi avions finalement passé une partie de l’année ensemble. Enfin, entendons-nous bien : c’est surtout moi qui l’avais suivi à la trace, traquant chaque mouvement de mèche comme un signal pour ressortir la veste à paillettes et le baume anti-rides. Il y avait eu un concert paumé au milieu de la Flandre, un retour avec Roxy en demie teinte à Rock en Seine, un disque solo pas si démodé ; et puis finalement un concert privé la semaine dernière à la Maison de la Radio. Avant ça ? Il y avait aussi eu la rencontre. C’était en septembre, l’automne s’était même fait une couleur pour l’occasion.

A contempler les préparatifs de Noël et la lumière aveuglante des devantures, j’avais fini par me rendre à l’évidence : Ferry et moi avions finalement passé une partie de l’année ensemble. Enfin, entendons-nous bien : c’est surtout moi qui l’avais suivi à la trace, traquant chaque mouvement de mèche comme un signal pour ressortir la veste à paillettes et le baume anti-rides. Il y avait eu un concert paumé au milieu de la Flandre, un retour avec Roxy en demie teinte à Rock en Seine, un disque solo pas si démodé ; et puis finalement un concert privé la semaine dernière à la Maison de la Radio. Avant ça ? Il y avait aussi eu la rencontre. C’était en septembre, l’automne s’était même fait une couleur pour l’occasion.

« Hello X, ça va ? En fait je t’appelle car je viens de voir que Ferry préparait un nouveau disque ; je sais que c’est encore un peu tôt mais… penses-tu qu’il y aurait moyen de le rencontrer ? ». La traque avait commencé en avril, comme la quête existentielle d’un animal en voie de disparition. J’avais répété l’opération plusieurs fois, empilant les mails de suppliques à tout ce que Paris pouvait compter d’attachés de presse, usant comme beaucoup des meilleurs pistons pour arriver au Graal anglais. Jusqu’à ce jour où, déambulant dans un corridor en sifflotant, j’avais fini par l’entendre arriver.
La musique, le rock contemporain plus précisément, se divise quant à lui en deux catégories de personnes : celles qui crèvent épuisées à 27 ans[1] et les autres, ceux qui continuent contre vents, marées et âge supposé du départ à la retraite ; entre les deux, le néant, le vide, une grande salle d’attente pour la postérité. On pourrait tout aussi bien citer en exemple McCartney ou Neil Young pour leur longévité artistique, hélas question crinière aucun n’arrive à la cheville de Bryan Ferry. Arrêtons-nous ici deux secondes sur le point crucial : souvent cité en référence dans les grands dictionnaires comme un modèle rock d’avant-garde (Roxy Music) puis comme la grande folle métrosexuelle capable d’entonner des tubes à faire tomber les vieilles peaux (peu ou prou toute sa carrière solo des 80’s), Ferry est très rarement loué pour sa résistance capillaire. Est-ce une couleur, un dégradé, un balayage ou, pire, une permanente ? Toujours est-il que ses cheveux ne cèdent pas un pouce de terrain à la concurrence – Neil Young est chauve après tout, et Macca n’a jamais écrit un disque de la trempe d’Avalon. La concurrence ? On y revient. Quand les disques de Ferry tiennent, bon an mal an, tous seuls, ceux des autres perdent de leur éclat ; c’est comme ça, ça ne s’explique pas. Le temps, quoiqu’il en soit, est une notion bien relative quand on vient de fêter ses soixante-cinq ans. Non, non, pas de référence à When I’m sixty-four, merci.

Sur la scène intimiste du plateau de la Maison de la Radio[2], Ferry est ce soir de retour à Paris pour défendre Olympia, son dernier brushing qui sonne comme un bon In your mind (1977) ré-enregistré en 2010[3]. Douze musiciens sur scène, deux batteurs – dont son fils Merlin, des choristes blacks qu’on aurait bien aimé auditionner dans un placard étroit, des requins de studios qui marquent précisément le bon tempo, Ferry au centre, comme à la barre du vaisseau d’un autre siècle. A l’image de sa carrière, la foule est pour le moins, hum, bigarrée. Des sexagénaires en chandails qui se trémoussent sur leurs fauteuils, des bimbos de 22 ans prêtes à se faufiler backstage pour aspirer le premier fluide, des trentenaires une main sur la braguette – véridique – prêts à se palucher au premier falsetto. C’est comme ça Ferry, ça ne s’explique pas : il y a les fans invétérés puis le reste du monde ; avouez que le combat s’avère inégal ou perdu d’avance. Comme toutes les autres fois cette année en m’éloignant du concert, l’étrange impression d’avoir vécu la fin d’une époque qu’on n’avait pas vécu, cette parcelle mythique des 70’s qu’on ne connaîtrait jamais. Il était donc écrit que mon année 2010 se finirait sur une métaphore ayant autant à voir avec les putes que les années qui passent, à la quête d’une nostalgie toujours plus vieille et pour cette seule raison encore plus désirable. Sur ce, j’entends un sifflement dans le corridor, Ferry arrive en sifflant une mélodie sans nom, soupire puis s’installe : « ça va ? ». Il était vraiment temps de refermer la porte.

Pour commencer, avez-vous apprécié votre concert d’hier soir ? (L’interview a lieu le lendemain du concert de Roxy Music à Rock en Seine, NDR)

Oui, totalement. Pour différentes raisons, notamment le fait que c’est toujours un plaisir de jouer à Paris, c’est l’une de mes villes préférées d’ailleurs. Et hier soir c’était un challenge car nous avons eu de gros problèmes avec notre batteur (Paul Thompson, NDR). La semaine dernière, alors que j’étais en vacances en Italie, j’ai reçu un appel de Paul m’annonçant qu’il ne pourrait pas jouer les cinq prochains concerts, argh, qu’est-ce qu’on allait faire ? J’ai dû appeler en urgence un batteur de remplacement, lui faire écouter les enregistrements des derniers festivals qu’on avait fait, qu’il écoute. Et hier soir j’étais doublement nerveux car nous n’avions quasiment pas fait de balances, je passais mon temps à regarder le batteur par-dessus mon clavier, ça allait.

Je vous ai vu voilà un mois, en Belgique, le concert était totalement, pardon, différent. Moins vintage, quoi.

Ah oui ? Vous savez, jouer en festival ça veut aussi dire jouer les grands tubes, c’est inévitable. Et puis Paul (Thompson) est beaucoup plus direct, puissant, Andy est plus… artistique. Mais il a assuré hier soir.

L’âge de la retraite pour vous, sauf votre respect, semble dépassé depuis longtemps. Peut-on en conclure que maintenant c’est foutu, qu’il vous serait impossible d’arrêter ?

Il n’y aurait pas de bonne raison pour arrêter, travailler me permet de ne pas me poser de questions, ah ah ah !

Olympia est annoncé comme le premier album de reformation depuis 1973 avec Mackay, Manzanera, Eno, de l’autre côté c’est le premier de vos disques solos avec un mannequin sur la pochette – ce qui est la marque de fabrique de Roxy Music. Pourrait-ce être l’album à la croisée des genres, entre Roxy et vos disques solos ? Celui qui réunit toutes vos carrières ?

Yeah. A bien des égards, Olympia sonnerait plus comme un disque de Roxy que comme un disque solo… ouais… je suppose qu’on est plus proche de The Bride Stripped Bare, parce que c’était une combinaison de nouvelles chansons et de reprises, et parce qu’il y avait une fille – sur la pochette intérieure -, remarquez c’était aussi le cas sur Boys and Girls. Mais c’est effectivement la première fois qu’il y a une femme connue [Kate Moss, NDR] sur l’un de mes disques. L’inspiration, pour la pochette, est venue d’une peinture de Manet, Olympia, qui est au musée d’Orsay, au final c’est très différent visuellement, même si c’est très proche de l’original, et qu’on retrouve encore une femme sur un lit…

Encore une fois ! [Clin d’œil à la pochette du premier Roxy Music, pour les non-initiés, NDR]

Yeah ! (Rires) La peinture de Manet – une femme nue allongée sur un lit – fut très controversée à l’époque, notamment parce que cette femme ne porte que des chaussures, qu’on lui offre des fleurs, et qu’elle regarde lobjectif d’une façon très étrange. Kate était parfaite pour ce rôle, c’est la femme fatale de l’époque, très connue de surcroît, et controversée. C’est tout ce que j’aime.

Sur ce disque, et c’est très clairement mis en avant par votre label, on retrouve les membres de Roxy au grand complet, de Manzanera à Brian Eno. Aujourd’hui on sait qu’il n’y aura sûrement pas de nouvel album pour Roxy Music ; peut-on donc en déduire que toutes ces chansons enregistrées en 2005 [lors de la tentative de réunion du groupe, NDR] sont sur votre nouvel album ?

Well, c’est compliqué. Certaines de ces chansons ont été débutées voilà huit ans.  L’autre chose, c’est que ces chansons collaient mieux à mon œuvre solo…

Donc, pour résumer, un nouveau Roxy n’est pas exclu ?

Yeah ! Ces temps-ci, je préfère être optimiste, tout est possible ! Avec l’explosion du numérique, d’Internet qui a détruit le music business, c’est très étrange pour moi, qui suis plutôt quelqu’un d’old school, qu’il n’y ait plus de disquaires. Ce qui est intéressant, c’est la dématérialisation sur ces engins (il tripote mon iPhone), jusque-là on n’avait jamais pensé le disque comme quelque chose de gratuit, sans support. Moi j’aime pouvoir toucher, regarder, enfin bref, en transposant cette révolution du côté positif, les possibilités sont aujourd’hui plus grandes : cela me permet par exemple de tourner avec Roxy tout en sortant un nouveau disque solo, le numérique permet de mélanger ancien et nouveaux travaux… Et de jouer avec de jeunes gens.

Justement, il y a ce jeune guitariste à vos cotés, que ce soit avec Roxy ou en solo, Olly Thompson, comment l’avez-vous rencontré ?

Par l’intermédiaire de mon fils Tara, ils allaient à l’école ensemble. Il est venu me voir à mon studio, voilà quatre ans, comme ça, avec mon fils, et a finalement joué sur ce qui est mon morceau préféré de l’album, Reason or Ryhme. De là, il m’a suivi sur les concerts, les private shows, il fait partie de ces jeunes gens qui m’aident à composer ces nouveaux disques.

On parle d’ailleurs beaucoup de ce nouveau disque pour les guests présents, de Gilmour à Nile Rodgers en passant par Scissor Sisters, mais finalement : on s’en fout un peu, ce n’est pas le plus important, non?

Ce n’est pas le point central, effectivement. C’est tout simplement chouette d’être entouré des gens qu’on aime, comme Phil Manzanera, Brian Eno qui joue sur deux pistes…

Lesquelles, d’ailleurs ? Ce n’est pas évident de le retrouver, à la première écoute.

Me oh my, une partie de synthé, et l’autre (hésitation)… BF Bass, une très petite partie.

Discreet music, eh eh…

Il y a Flea également, sur deux chansons dont You can dance, où il assure le chorus et le solo de basse sur Heartache by numbers. Il y a aussi Marcus Miller, l’un des meilleurs bassistes de la planète, que j’avais déjà invité sur Boys and Girls et Bete noire, si je me souviens bien. C’est assez agréable, great, d’avoir des musiciens qui connaissent le boulot, à qui on n’a pas besoin de dire ce qu’ils ont à faire.

Mais vous restez néanmoins le leader.

Yeah. Parce que mon clavier est toujours là, comme une fondation pour les morceaux.

(C): Neil Bedford

Très dansant, à la limite du nightclubbing, Olympia est-il un retour lifté à vos albums solos des 70’s ?

Oui, d’autant plus après Dylanesque, qui n’était pas un album très construit, plus énergique que constructif finalement. Olympia est plus façonné, plus esthétique, chaque morceau a été pensé, repensé, laissé de côté puis repris, une méthodologie intéressante et inédite pour moi, car chaque disque ne peut subir les mêmes introspections, à moins d’être millionnaire… L’énergie des jeunes, Olly ou Tara, est très importante sur ce disque, ça plus les dance mixes.

C’était votre choix initial, le côté dance ?

Oui, du moins : avoir les ingrédients. J’aime la musique énergique, j’aime…

Le but était-il de prouver aux youngsters que vous en aviez encore sous la semelle ? Je pense à Shameless, par exemple.

Je ne sais pas… J’aime cette idée de collaborations sur le disque, des gens comme Groove Armada sont devenus des amis, on n’est finalement pas très éloigné de ce qu’on a fait avec Roxy Music sur Bogus  Man, sur le deuxième album, un instrumental muni d’un long groove, ce n’est pas à proprement parler de la dance music, mais il y a tous les ingrédients, des choses positives pas si éloignées que ça de ce qui passe à la radio, oui…

Vous avez co-produit l’intégralité de vos disques solos…

Et les Roxy aussi…

Oui, tout à fait. Quelle est votre ambition, votre rôle, en tant que co-producteur ? Est-ce la volonté de garder la main sur tout ?

J’aime arranger, garder le contrôle, être connecté avec les idées sur toutes les étapes d’un disque ; en réalité je suis fasciné par ça, l’idée de faire partie d’une équipe, être capable de rebondir en direct.

Parlons des femmes. Restent-elles un objet à sculpter, un concept intouchable ?

C’est toujours une importante source de création, d’inspiration, c’est vrai (silence). Je ne sais pas pourquoi et ne cherche même plus à comprendre. (Re-silence)

Tant qu’on y est : avez-vous déjà rêvé d’être noir ?

Intéressant… La meilleure chose qui me soit arrivé, c’était il y a dix ans à Los Angeles, j’étais dans une boutique – je crois que c’était chez Barneys – et en me voyant descendre l’escalier un Noir a crié : « Bryan Ferry, the new Marvin Gaye ! » (Rires)
Je l’ai chaudement remercié, c’était peut-être la chose la plus gentille qu’on m’ait jamais dite. Depuis l’âge de dix ans, depuis que j’ai découvert la musique, c’est la musique noire qui m’a toujours touché le plus.

Et quelle mort célèbre vous a le plus affecté ? Elvis Presley ou Marvin Gaye ?

(Sans hésitation) David Williams. Un musicien qui a joué avec moi sur les trois dernières tournées, mais qui malheureusement n’avait pas pu m’accompagner sur Dylanesque – coincé aux States à cause d’une nana, sad story. Et puis il est mort, voilà un an. Très triste. C’était l’un des meilleurs musiciens, l’une des plus belles personnes que j’ai pu rencontrer. Il était très noir, très funky, il joua avec les Isley Brothers, les Temptations, Michael Jackson – la guitare de Billie Jean c’était lui. Et il avait accepté de jouer avec moi, woah ! A cause de ses histoires de restriction sur le territoire américain, il était bloqué là-bas, mais par chance il m’accompagne sur les meilleures choses, les plus intéressantes, d’Olympia, comme No name no face no number. Il me manque… (Soupir)

Comment se sont faites les rencontres avec Groove Armada et les Scissor Sisters ?

J’ai rencontré les Groove Armada lors d’un dîner, ils m’ont envoyé deux chansons dont une qui me semblait parfaite pour moi. Scissor Sisters, je les ai rencontré voilà déjà quatre ans, à Brooklyn, encore une fois grâce à des amis communs qui m’ont introduit. Nous avons donc composé deux chansons là-bas, dans leur petit studio, Scott [aka Babydaddy, NDR] est réellement quelqu’un de très intelligent, sur la programmation, les machines. D’une chose à l’autre, je suis parti travailler sur d’autres choses puis le tout a pris forme, mais cela a pris pas mal de temps, quatre ans environ. Ca ne me dérange pas.

Pourriez-vous jouer cet album dans les dance clubs ?

Certains des remix sûrement y auraient leur place. Mais ce serait difficile je crois, pas facile d’y rentrer une vingtaine de musiciens… Nous avons récemment fait un show à Ibiza, il y a deux mois, c’était fun de jouer dans un club, un sacré challenge ! Et c’est une bonne période pour tenter des choses différentes, en marge des hits qu’on demande souvent en festivals.

A l’époque de Manifesto (1979), vous êtes revenus avec une nouvelle direction pour Roxy Music, plus disco, plus dansante : plus mainstream. Etait-ce une façon pour vous d’échapper au Roxy première période, confiné au rock d’avant-garde pour étudiants, en direction des radios US ?

Yeah, définitivement, j’avais grandi par rapport au début ; je pense que l’on regardait effectivement dans cette direction. Et j’avais déjà joué avec pas mal de musiciens américains sur The Bride Stripped Bare : Rick Marotta, Waddy Wachtel, la crème des sessions players… Evidemment je ne voulais plus jouer comme un punk, j’avais appris de mes premières années – appris à jouer mieux je veux dire – je voulais mettre cet apprentissage en pratique.

Pour conclure, quelle est votre définition du temps ? Plus précisément, quelle est la différence selon vous entre une chanson dépassée et un titre intemporel ?

Les mélodies ne vieillissent pas, pas plus que les paroles, la seule chose qui résiste difficilement au temps, ce sont les rythmes de batterie. Certaines chansons d’il y a dix ans continuent de sonner contemporaines, modernes.

Bryan Ferry // Olympia // EMI
http://www.bryanferry.com/


[1]Ou plus tôt encore, lorsqu’on a tout dit en deux disques et qu’on continue pour les mêmes raisons qu’on refuse un divorce. Des exemples ? Strokes, les Rolling Stones, plus récemment les frères Duke du rock américain, les Kings of Leon, les mêmes que Ferry cite lorsqu’on lui demande des noms de rockeurs qu’il apprécie. Bigre.

[2] Captation live retransmise en direct sur France Inter le 2 décembre

[3] Formule à double tranchant, Olympia ne peut s’apprécier qu’au travers de ses défauts : une production jeuniste, des guests inutiles pour épater le chaland, six chansons excellentes et le reste plus discutable, en plus d’une pochette vraiment ratée. Un demi-disque de génie, finalement ; par les temps qui courent c’est déjà pas si mal.

5 Comments

  1. Blandine

    7 décembre 2010 at 9 h 17 min

    C’est vrai que la pochette fait un peu pub pour Mauboussin ou Chaumet, genre.
    Chouette itw; il a quand même trop la classe ce Bryan.

  2. sylvain fesson

    7 décembre 2010 at 20 h 48 min

    Ohla ! trop d’anglicismes.
    J’aurais aimé plus de questions sur les femmes, la mort et sa négritude.

  3. BSTR

    7 décembre 2010 at 22 h 38 min

    Anglicisme? Ai-je raté quelque chose?
    Concernant la négritude, well, Ferry n’est pas Senghor, c’est un chanteur de pop.

  4. sylvain fesson

    7 décembre 2010 at 23 h 24 min

    Well, yeah!

  5. Pingback: TODD TERJE ::: Le déhanchement c’est maintenant | Gonzai

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