28 septembre 2025

Technopolice balance un album de fadas sur la Canebière

Avec « Chien De La Casse », Technopolice rappelle que la scène rock marseillaise n’est pas atteinte du squinfus mais prolifère à l’ombre de la centralisation parisienne.

 Une nouvelle scène rock vient redéfinir l’identité sonore de la cité phocéenne injustement dépeinte comme quasi exclusivement portée sur le rap et hip-hop. Mais de Rocky Volcano à Pogy et les Kéfars ou des 5 Gentlemen aux Jolis, en passant par Wild Child, The Dolipranes, Calvitie et Quartiers Nord, le rock a toujours connu un certain dynamisme aux alentours du Vieux-Port. Certainement lassés que nombre de leurs concitoyens ne sachent citer qu’IAM, Fonky Family, Jul ou Sch, une nouvelle génération ravive le flambeau du rock indé marseillais et compte bien le propager aux quatre coins de la métropole.

Le batteur de Technopolice (et chanteur-guitariste de La Flemme), Jules Massa, a justifié la méconnaissance de cette scène par son isolement géographique à nos confrères de Mowno. Quelle qu’en soit la raison, il semble indéniable que la presse spécialisée ne s’attarde que trop peu sur le vivier rock de la cité phocéenne.

Pour combler cette lacune, à l’initiative de Fracas Records (label cofondé par Technopolice et la salle de concert l’Intermédiaire) et du Lollipop Music Store, la compilation « Massilia’s Bruning » (2024) offrait un aperçu de 15 groupes rock qui secouent actuellement Marseille. Bien évidemment, Technopolice dont on retrouve certains membres dans La Flemme, Avenoir, Rahewl ou Flathead, y a glissé une chanson. Ajoutons Avee Mana avec qui Technopolice partage un local de répétition et Pollen Session (dont certains membres officient dans Crache) qui a enregistré et mixé « Chien De La Casse », pour dresser un panorama non exhaustif mais déjà conséquent de cette scène en effervescence.

Punk orwellien

Hommage à une compilation aux objectifs similaires sortie au début du millénaire, Massilia’s Burning était aussi un média qui s’attachait à documenter la scène rock du chef-lieu de la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur entre 2004 et 2013. Il faut croire qu’à Marseille on aime employer des homonymes puisque c’est aussi le cas de Technopolice. En janvier 2022, le groupe sort un premier 3-titres éponyme qui l’amène à jouer en septembre au festival Technopolice de Marseille. Lancée par la Quadrature du Net, Technopolice est le nom donné à une campagne de 2019 pour prévenir les dérives de la surveillance policière dans l’espace public. Il y a ainsi un collectif Technopolice à Marseille qui proposait notamment une cartographie de caméras lors du festival dans lequel a joué Technopolice en 2022. Ça va, vous suivez ? Parce qu’un film d’animation japonais paraît en 1982 sous le titre Techno Police 21C. Mais le quatuor marseillais explique s’être baptisé ainsi en référence à 1984 de George Orwell.

S’enjailler comme un chien de la casse

Initialement influencé par IDLES, Fontaines D.C. ou Parquet Courts, Technopolice a décidé de renier le post-punk pour s’orienter vers l’egg punk – qui contamine comme une véritable épidémie le circuit punk-rock. Le quatuor lorgne du côté de l’Espagne avec Seggs Tape ou Prison Affair et de l’Australie avec Gee Tee ou R.M.F.C. Un virage a été parallèlement entrepris avec Mort Vivant, première chanson en français qui vient clore leur EP « In Your Pocket » de 2024. Voici, grosso modo, comment interpréter la démarche derrière leur premier album « Chien De La Casse » (Howlin’ Banana, 2025) sur lequel les morceaux (enregistrés sans métronome) se veulent rapides et directs comme le jab d’un boxeur.

Dès l’ouverture, Charles Prieur, Jules Massa, Zacharie Capitant et Léo Jousselin, se présentent sous un nouveau jour avec la déglinguée Hellastic Mr Pox aux riffs entêtants comme une ritournelle de vieux jeu vidéo. L’accent français est volontairement marqué dans les textes en anglais pour ne pas désavouer le vivier dans lequel Technopolice évolue. C’est d’ailleurs ce qu’évoque le communiqué de presse lorsqu’il indique en conclusion que l’album « témoigne d’un moment précis – celui où un groupe capte ce qui se passe ailleurs et décide d’en faire quelque chose de nouveau ici [à Marseille, NdlR]. »

 

Si vous cherchez du rock français à dimension poétique, passez votre chemin. Chez Technopolice, l’efficacité prime sur la prose. C’est le texte qui accompagne le jeu des instruments et non l’inverse. En témoigne Chien De La Casse qui clame :

« J’aime pas aller sur le port/ Une odeur qui sent le mort/ Je veux pas prendre le métro/ Le plastique sent pas bon j’aime pas trop ».

Par contre, comme dans La Flemme où on retrouve Charles Prieur et Jules Massa (mais cette fois intervertis), la fête semble demeurer une thématique qui les obsède. Non pas pour en faire l’apologie comme des adolescents insouciants ou des hédonistes oisifs, c’est surtout son caractère ambivalent qui est devenu leur principal sujet de réflexion. L’échappatoire du quotidien, les regrets connexes à l’auto-sabotage mais aussi l’incapacité à y renoncer, à ignorer les sollicitations et s’en servir comme prétexte à la procrastination ressortent du diptyque Sortir le soir… et …Regretter après.

 

La fin de l’album devient aussi expérimentale qu’une bouillabaisse parisienne avec Taaaannnnkkk qui marque un faux break psyché et distordu avant d’augmenter la cadence du riff sur Tank. Après s’être égosillés à chanter le refrain (« Toutes mes ambitions tombent à l’eau »), l’album s’achève sur Puke, plus apaisée, qui se dégage de l’egg punk pour planer vers d’autres horizons. Technopolice nous emboucanerait-il avec des pistes sur l’orientation de ses futures compositions à chaque fin de disque ?

Technopolice // Chien de la casse // Howlin’ Banana
https://howlinbananarecords.bandcamp.com/album/chien-de-la-casse

9 Comments Laisser un commentaire

  1. Un article de Try Harder pour un groupe de Try Harder.
    Compo insipide, circulez, y a rien à voir.
    Ou, pour reprendre le vocabulaire sudiste de Try Harder employé par le rédacteur :
    « Va te jeter aux Goudes. »

  2. les vieux de huspuppies niquen tles veaux de limes nanas c au find fond du 66 ou que les dingues et fauchés passent les ‘con templer’

  3. pour l histoire de Marseille , il faut demander au vieux :LEDA ATOMICA …. allez on bosse sa culture marseillaise ou Martin Dupont, qui n’est plus que le groupe d’un seul homme ….

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

partages
Aller enHaut

Ca vient de sortir

Éliane Radigue, concrètement 

Pionnière de la musique électronique, Éliane Radigue a traversé tous

Avec « Plein Sommeil », Jacques Duvall et Benjamin Schoos livrent un disque à dormir debout

Dans le grand hôtel du rock où la majorité des

Ile de Garde met les mecs de Born Bad au garde-à-vous

Avec son premier EP Rage Blossom, le trio féminin derrière