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4 janvier 2026

Angine de Poitrine, duo canadien aux gros poumons rock

Dans la famille des groupes masqués, on connaissait les Residents, les Rockets, les chevaliers français de Magnüm et bien sûr, les Daft Punk. Une nouvelle cargaison de costumes vient d’être livrée depuis le Québec avec un nom stupide comme on n’en avait pas vu depuis Ventre de Biche. Méfions-nous de la couleur moche de ce gilet en laine : l’intérieur du thorax d’Angine de Poitrine résonne comme un beau shoot de ventoline.

Il fait très froid à Saguenay, Québec. Rien qu’au moment où je vous écris, la météo annonce un frisquet -19° (température ressentie : -25°). Les deux musiciens mystérieux derrière Angine de Poitrine n’ont surement pas eu à chercher bien loin pour trouver le nom de scène de ce projet débuté mollement en 2019 et activé sérieusement en 2024 avec un premier album passé sous les radars. Hey : ne serions-nous pas collectivement passés à côté du plus gros Ovni des derniers mois ? Mais que foutions-nous pour avoir perdu autant de temps sur des musiques mille fois moins passionnantes que ces 6 titres dont la particularité tient à la microtonalité de la guitare-basse à deux manches conçue sur mesure pour ce vaisseau spatial chargé à bloc direction la Turquie du futur turbo-boosté ?

La sortie en fin d’année dernière d’un nouveau single de 6 minutes (Mata Zyklek) confirme que nous, médias pour ce qu’il en reste, avons mal fait notre boulot. Aucun doute sur le fait que le Québec est devenu depuis belle lurette la terre promise des derniers rockeurs en exil, et ces terres-là sont actuellement labourées avec un tracteur Harley-Davidson médiéval par Angine de Poitrine. Stupide, technique, original : la sainte trinité réunie dans un seul titre donnant envie de se taper la tête contre le premier mur passant à proximité, avec l’impression d’écouter du Altın Gün en moins soporifique, et en fait un peu tous les genres musicaux à la fois : du math-rock façon captain Spock, du boogie en mode ZZ Top coincé dans un épisode de Téléchat par Topor, ou encore du King Gizzard & the Lizard Wizard turquo-canadien.

Ces deux-là n’en mettent pas une à côté et les costumes imaginés pour dissimuler leurs visages permettent – vieille technique – de permettre de se focaliser sur l’essence même du projet : le rythme. Un duo guitare-batterie à la White Stripes donc (première fois qu’un membre de Gonzaï mentionne ce groupe depuis février 2013), mais avec une dose de cool au carré intensément supérieure à la dose de béton qu’il a fallu à Xavier Dupont de Ligonnès pour refaire sa terrasse.

On souhaite, pour paraphraser les poètes de Sinsemilia, tout le bonheur du monde à Khn (guitare/basse) et Klek (batterie) ; cet intelligent duo qui parie sur l’anonymat pour sortir du lot. Un nouvel album devrait certainement voir le jour cette année. Pas besoin de se faire prescrire des antibiotiques, ce rock asymétrique est foutrement contagieux.

https://anginedepoitrine.bandcamp.com/

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