On avait laissé NLF3 avec « Beast Me » (2011), EP chair de poule envoyant John Carpenter jouer de la flûte au pied du Machu Picchu, se demandant, bouche bée et transis de sueurs froides, de quoi le trio français serait capable la prochaine fois. Premier élément de réponse le 9 juin avec « Three Dances », EP qui défriche le terrain de « Pink Renaissance », leur nouvel album qui sort le 15 septembre. Présentation en exclu, c’est comme ça qu’on dit, non ?

Résumé des épisodes précédents. Dans les nineties, Fabrice et Nicolas Laureau découvrent le skate, le hardcore et les instruments qui vont avec. Ils créent Prohibition, leur premier groupe, puis Prohibited Records : déjà, les deux frères vont leur chemin en toute indépendance, élevés à l’école Fugazi, avec qui ils tourneront. Fin de décennie, fin du groupe, début du second, NLF3. Bye bye le chant et les guitares bruyantes, bonjour le champ des possibles, enfermés dans un studio avec une armée d’instruments, de samples et la force de frappe de Mitch Pires, batteur mutique qui sait faire du bruit et jouer son rôle d’assise sans passer pour un guignol. Vont sortir de là « Viva ! » (2003), « Brand New Time » (2008) et « Beautiful Is The Way to The World Beyond » (2010), le titre de ce dernier signifiant clairement à l’auditeur où ils comptent l’emmener : loin. Un an plus tard, c’est « Beast me », EP fiévreux et flippant, qu’on imagine enregistré quelque part entre Lagos, Mexico et Berlin. Entretemps, Nicolas poursuit ses explorations solo sous le blaze Don Nino et Fabrice, rebaptisé F/LOR, sort son premier disque tout seul, « Blackflakes ». Les présentations faites, allons danser.

Plus le temps passe, moins il y a de disques qu’on attend avec impatience. Je te le dis tout de suite, lecteur, le crew Pitchfork, le combo barbe/slim/smartphone, très peu pour moi. J’ai acheté un iPod pour avoir la paix au bureau, pas pour être de ce siècle. Je suis trop vieux pour toutes ces conneries, j’écoute France Culture et du bon gros ternaire me met en joie aussi vrai que je vomis les animatrices hystériques du Mouv qui devraient tout réapprendre depuis le début avant d’essayer d’avoir « un ton ». Cette sortie de vieux con terminée, revenons-en à l’impatience évoquée en début de paragraphe.

NLF3, groupe formidable d’inventivité, de joie syncopée et de liberté absolue, fait partie de ces groupes dont je guette encore les sorties, avec l’impatience du masturbateur frénétique en manque de sensations fortes. Avec « Three Dances », plutôt que de se toucher, il conviendra, comme son nom l’indique, d’onduler du bassin en claquant des doigts. Un peu n’importe comment, un peu guimauve éméchée les pieds au bord du vide avec des ailes qui poussent au bout des mains. Eh ouais. Bref. NLF3 est de retour et ça me met en joie. Pour l’occasion, ils sont allés taper à la porte de Turzi, pour un remix beyond the space, et ont ajouté un inédit, Foundation, composé initialement pour un film présentant la Fondation Cartier pour lʼart contemporain à Art Baselun fikl. L’occasion de rappeler que lorsqu’ils ne sont pas en train de pondre des albums studio, ils participent à mille autres projets, notamment des ciné-concerts.

J’aime NLF3. Ils sont de retour. Je suis heureux à en danser. Trois fois. En attendant les choses sérieuses, « Pink Renaissance », leur prochain LP. Ca va faire long jusqu’au 15 septembre. Et pourtant, dieu sait que je déteste le rose.

NLF3 // EP Three Dances // Prohibited Records, sortie le 9 juin, en précommande ici
http://www.nlf3.com/

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