14 janvier 2020

Le soleil se relève sur « Thousand Knives », premier album de Sakamoto

En 1982 sortaient les derniers pressages vinyles outre-archipel de « Thousand Knives », premier album du génial Ryuichi Sakamoto produit 5 ans plus tôt. Fin 2019, Wewantsounds a eu la bonne idée de réparer cette négligence artistique bien trop durable en rééditant le disque phare du maestro nippon sur le vieux continent.

Nulle face cachée ou enregistrements sauvages en backstage pour cette réédition donc, mais simplement le plaisir de retrouver les expérimentations du dandy binoclard à l’aube de sa gloire sur disque optique. L’occasion pour initiés et néophytes de (re)découvrir l’épopée d’un mec qui aura quand même trouvé moyen de jeter les bases de son premier album entre poèmes de Mao Zedong sur vocodeur et solos santanesques débordants (Thousand Knives). On n’oublie pas non plus la symphonie insectophile d’Island of Woods préfigurant  les harmonies contemplatives et Debussiennes de Grasshoppers. Et puis difficile de passer outre cette deuxième face au parfum d’album-concept où Extrême Orient et musique électronique se partagent le champ sémantique. Das Neue Japanische Elektronische Volkslied, clin d’oeil musical au trio iconique de Düsseldorf prouve encore et toujours que le kitsch peut tout de même être mélodieux. Le Moog baveux à souhait de Plastic Bamboo et le cheap tune de The End of Asia finissent enfin de garnir une odyssée à la frontière du bon goût et de l’expérience jubilatoire comme seul l’entourage du Yellow Magic Orchestra a su nous abreuver depuis cette fameuse année de 78.

https://www.youtube.com/watch?v=rBHb6clMxp0

La réédition est tout de même accompagnée d’un livret de 4 pages signé par le journaliste musical Paul Bowler, qui décortique soigneusement les oeuvres de l’album en s’appuyant sur des connaissances contextuelles assez impressionnantes.

Rappelons enfin que nos même amis de Modulor Records a réédité en 2018 les oeuvres d’Akiko Yano, ex-compagne de Sakamoto mais avant tout compositrice de talent répondant au doux surnom de « Kate Bush japonaise ». Sacrée brochette de gênes, tout de même.

Pour commander l’album, c’est ici.
Il existe également une version collector chez Balades Sonores, numérotée à 100 exemplaires. Plus d’infos ici

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