A 21 ans, Akiko Yano était déjà dans un monde bien à elle; il aura fallu attendre 50 ans pour attendre que son premier album, avec notamment Haruomi Hosono, ne ressorte en version dépoussiérée. Une histoire très japonaise.

La plupart des gens s’en foutaient il y a encore 50 ans et maintenant la fabuleuse folie de l’artiste semble reprendre vie. En oubliant le côté certes très peu original du titre de l’album, le contenu lui est surprenant. Mélange de jazz, rock, funk et de folk traditionnel japonais, la chanteuse est très vite surnommée la Kate Bush japonaise, et même comparée à Stevie Wonder, par Lowell George. Malgré son originalité et son intégration dans le monde de la musique, la jeune femme va pourtant mettre du temps à se faire connaître.

Rythmes trop complexes, les musiciens refusent leurs cachets.

Dès 15 ans, Akiko compte bien devenir musicienne. Repérée par un club de jazz, elle se décide après recordings à Tokyo à s’envoler à Hollywood pour enregistrer au Sound Studio, à Los Angeles. L’album contient d’ailleurs un accompagnement des Californiens de Little Feat; une collaboration slow funk qui se mélange parfaitement aux mélodies de Yano (écouter Funamachi-uta Part 2); mais ette cession montre bien le niveau de difficulté et d’originalité exigé par la chanteuse. Certains musiciens auraient même trouvé le rythme trop complexe; ils renonceront à une partie de leurs cachets. D’autres artistes ne ratent pas l’occasion et l’accompagnent alors sur ce “Japanese Girl : Haruomi Hosono, Keiichi Suzuki ou encore Kisaku Katada.

Trésor national 

Au delà des noms, ce sont les mélanges de genre qui sont étonnants. Sur la face japonaise, l’assemblage des instruments est tout aussi fou : flûte traversière Shinobue, Koto, tambour à main Tsuzumi. C’est cette partie du disque qui va sûrement permettre à l’artiste d’obtenir une reconnaissance nationale puisque l’oeuvre est présentée comme un trésor vivant par l’État japonais. Elle devient une icône de l’art dans son pays mais pour le reste du monde, il faudra attendre encore 50 ans.

Akiko ne semble pas pressée. Après ce premier chef d’oeuvre, l’artiste proposera une trentaine d’albums toujours aussi bons. Dans les années 90, elle s’installe aux Etats-Unis. Elle y découvre de nouveaux styles mais aussi de nouveaux collaborateurs comme Pat Metheny, The Chieftains ou Charlie Haden… Tadaima lui apportera une gloire bien méritée. Moins rock et plus électro, l’album a aussi été réédité par le même label WeWantSounds, en 2018. Vous pouvez lui dire merci.

Pour choper votre galette, c’est par là.

 

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