Avec un nom inspiré d’une chanson du Brian Jonestown Massacre mais avec un style musical beaucoup plus punk que psyché (quoique), les jeunes Rouennais ont tapé dans l’oeil du label anglais Fuzz Club, qui vient tout juste de publier leur nouvel album, “Alien”.

Ceux qui fréquentent les salles obscures de moins de 200 personnes les ont probablement déjà vu en première partie d’un autre groupe (Psychotic Monks, Crows, Cosmic Dead…). Membre du Collectif Soza de Rouen (dont font également partie MMNQNS et We Hate You Please Die) et ayant déjà sorti leur premier album “The Lair of Gods” en 2016, Servo a passé ces dernières années à faire des concerts à base de morceaux bruitistes accompagnés de flashs stroboscopés et aveuglants ; de quoi laisser un souvenir visuel et sonore marquant à chacun de leurs spectateurs. Après quelques concerts “émeutiers et assourdissants à Londres”, le groupe a rapidement attiré l’attention du label anglais Fuzz Club. Une rencontre pas si étonnante que ça au final et qui frôle l’évidence, face à la concordance de leurs ADN respectifs : fuzz à gogo, et réverbération psyché à souhait. Ils étaient faits pour se rencontrer.

Le groupe s’est spécialisé dans un post-punk shoegaze et progressif qui passe par tous ces états. De la contemplation instrumentale évasive et embrumée (qui n’est pas sans rappeler les Black Angels) à une violence implacable où tous les instruments explosent en même temps (coucou A Place to Bury Strangers), il n’y a qu’un pas. Le tout étant guidé par un chant mi-monotone (pour le côté punk) mi-halluciné (pour le côté psyché) : Servo a trouvé son crédo et ça fonctionne plutôt pas mal.

Servo sort donc son deuxième album, “Alien”, et c’est un qualificatif qui correspond plutôt au groupe tant il est un des seuls à proposer ce qu’ils font sur le paysage francophone. Quelque part entre le goth incantatoire, le krautrock des plus mécaniques et la superposition de couches de fuzz en masse qui apporte ce côté noisy et psyché : Servo est assez atypique. Et si c’est un très bon disque qui explore les différentes capacités du groupe, avec des morceaux ultra progressifs qui dépassent allègrement les 6 minutes, la magie fait surtout effet en concert.

Si la signature du groupe sur le label Fuzz Club est plutôt bon signe pour le groupe, on aimerait bien que tous les talents nationaux n’aient pas non plus à se faire repérer par des labels outre-Manche. Pour rappel, Fuzz Club est également derrière le premier album de You Said Strange, et le cinquième album de Steeple Remove (de Rouen aussi, tiens donc). Réveillez-vous les gars, et surveillez la scène rouennaise. On peut pas laisser aux rosbeefs tous nos talents.

Servo  // Alien // Fuzz Club

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