Vieux con de 44 ans qui s occupe essentiellement de ses deux filles et de sa femme“, Joe Stratocaster a décidé de replonger sa plume dans l’acide pour un papier à prendre évidemment avec tout le second degré nécessaire, entre les lignes. Il y est question d’un certain esprit gaulois, représentatif d’une époque (heureusement) révolue et de ce qu’incarnait feu Jean-Pierre Marielle au siècle dernier. Féministes et haters de tous bords, rangez vos fusils : le papier qui suit force volontairement le trait pour faire réagir.

Ca y est. Fallait que ça arrive. On l’a perdu. Notre dernier bastion. Notre porte-avion de compétition vient de couler à 87 piges. Le complet veston marron est accroché au cintre de la camarde. Jamais plus jamais nous n’aurons la joie d’être vivant avec lui. Comme un modèle, une espérance. Le mec qui rasait pas les trottoirs et faisait la cour aux dames. Fini le désir même pas caché mais assouvi du duo slip kangourou débardeur dans un parfait alliage rouge brique.

On aurait voulu que ce soit l’antépénultième, l’avant dernier en quelque sorte mais voilà, y’a plus rien, la place est vide, le siège à bascule s’est retourné. On est seuls. Perdus. Toutes les couleurs se sont faites la malle avec lui. Dans le noir.

Certains pourraient penser que je vous cause de Dick, mais Dick, comme Cocteau, est mort le mauvais jour. Même si Dick était surement le seul ‘rocquer’ hexagonal (si tant est que cela signifie quelque chose) Dick n’a jamais eu la puissance de cette statue de commandeur. Moi, celui qui va me faire traîner des larmes sur la rivière regret, c’est bien entendu le Jean-Pierre Marielle.

Résultat de recherche d'images pour "jean pierre marielle galettes"J’en connais qui vont graisser des couronnes sur sa filmographie ô combien impressionnante, alors je vais leur laisser tisser le panégyrique en cinémascope. J’en ai d’autres qui vont crapahuter sur leur intimité avec le grand bonhomme, alors je les laisse le monter au septième ciel.

Moi, je n’ai jamais eu l’occasion de lui frimer la gueule en vrai, de lui serrer la louche pour de bon, de lui expliquer au combien il était nécessaire dans mon paysage. Mais je sais à quel point ce personnage à travers ses personnages m’est utile dans ma vie de tous les jours. Même si depuis lulure il ne donnait plus de nouvelles, on le savait là, en père modèle. « Tiens chéri, je t’ai offert un nécessaire de Marielle pour Noël ». Au commencement il y eut Lino, puis Cremer, puis Marielle. J’ai plus de papa. Je suis orphelin. Con ce matin là, comme je ne l’avais encore jamais été.

Maintenant au réveil, si on a la trique, on s’excusera de bander. Maintenant si on déjeune de la bonne choucroute en faisant glisser ça avec une Tuborg, ce sera en mode repentance.

Maintenant quand on causera masculinité, on ira chercher Romain Duris. J’en pleure.

Terminé les gars. On laisse place aux Mickey. Des jus de navets. Le métrosexuel des viragos bien né. L’anti-je est au summum. La multi-face du magasine Causette. L’homme « mignon » avec qui parler de ses problèmes de cœur. Le craquant pour moi et maman. Celui là, l’épilé de partout, le pas un mot plus haut que l’autre, il gagnait déjà du terrain depuis une dizaine d’années. Il grignotait l’infâme gendre idéal. Le porteur de sapes sans classe, tiré à l’as de pique et pas à quatre épingles comme notre Jean-Pierre. Là, sans Marielle pour nous guider dans la résistance qu’un fifi c’est pas une zézétte, nous les derniers représentants de la caste masculine, on va salement morfler. L’autre, le fielleux des Césars, Niney  il est au top. Sur la première place du podium. Quand on causera masculinité, on ira chercher Romain Duris. J’en pleure.

Résultat de recherche d'images pour "marielle comme la lune"Un gars, dorénavant, c’est un fantôme, un ectoplasme. Il ne bricole plus son existence, il fait des devis sur le long terme. On disait de Marielle qu’il était truculent, excessif, gaulois, mais il était français. Dans le pif, dans le ton, dans le fond, il était une part de nous tous. Ce que l’on perd avec sa disparition, c’est que l’époque n’est plus aux gros. Aux gros de tailles, aux gros de zobs et aux gros mots. Et vous savez quoi les demoiselles du XXIème siècle ? Vous allez vous faire chier sans les Marielle que nous sommes. Promis on vous regardera comme on zieute la victoire de Samothrace : sans les mains. Promis on retiendra plus la porte pour vous laisser passer; on vous l’enverra dans la gueule. Promis on fera du 50/50 pour tout et vous verrez si on se fend la guibole de rire. Finie la prévenance. C’est l’ère de la décadence; juste pas celle que vous croyez.

Que vont faire nos jeunes ? Vers qui va se tourner la descendance ? N’allez pas puiser votre inspiration du coté de chez Guillaume Canet, les gamins ! C’est à perdre son désir de vivre. Moi par exemple, si on termine la décennie avec un pantin de gravure de mode comme exemple : je me vasectomise de la société. On lui a déjà tout coupé à l’homo-erectus. Les “Meufs”, je vous l’assure, vous avez gagné : le pérlu pendra plus. La toison gorille et le verbe mariné dans un 51 brillant, gisent au sol. Coupé le zizi, coupé le sifflet, balayé par l’époque des LGBT et du monde javellisé par le bien pensant. L’antiseptique société moderne oublie sa carotte, son donnant-donnant : un coup de chevrotine.

Depuis la mort de Marielle, y’a plus personne pour fendre un cabinet en lisant du Shakespeare et ça aussi, ça me rend triste.‌

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