14 décembre 2025

Goblins On Saturn poursuit sa fiction sonore

Si des voyageurs galactiques débarquaient sur Terre, que penseraient-ils de ce foutoir ? Déjà amplement discuté dans les œuvres littéraires et cinématographiques de science-fiction, cette question est reposée par Goblins On Saturn avec son nouvel EP « Last Age of Hope ».

Formé comme un groupe conceptuel, Goblins On Saturn s’attache à concevoir des fragments d’une plus vaste histoire. Leurs chansons, à la manière d’extraits de chapitres d’un roman, offrent une trame qui sert une critique sociétale. Leur premier EP, en 2024, développait l’aventure de gobelins originaires de Saturne qui débarquent sur Terre. Ils y découvrent un bordel incohérent qui contraste avec leur société paisible qu’ils s’empressent de regagner. « À travers notre musique, nous cherchons à extérioriser les émotions que l’on peut vivre, mais au travers des yeux de nos créatures fétiches : les gobelins », indiquent-ils. Ex nihilo, Goblins On Saturn ne chercherait-il pas à concurrencer le marché des livres audios à travers son approche romancée ou bien trouve-t-il un coussin pour asseoir son approche musicale ?

 

Chroniqueurs d’un monde dysfonctionnel

Dans ce nouvel EP, « Last Age of Hope » (mixé par Adrian d’Epinay), Goblins On Saturn continue dans sa lancée à la manière du tome 2 qui prend cette fois pour sujet une nouvelle génération de gobelins curieuse de vérifier les racontars de leurs aînés. Musicalement plus enragé que le précédent, les textes de « Last Age of Hope » font écho à la santé mentale, à l’écologie ou aux injustices sur une approche vocale qui n’est parfois pas sans rappeler Marilyn Manson.

Ainsi, What Space Has to Show met en garde contre une radicalisation que présenterait la pensée terrienne sur un rock pesant comme la gravité de Jupiter et saturé comme une transmission longue distance. Leurs morceaux papillonnent entre le stoner et le heavy metal avec quelques touches mélodiques. Goblins On Saturn, qui préfère qualifier son approche de rock progressif, intègre diverses phases comme cette fin carillonnante qui tend vers le dub psyché. Parmi les influences : Psychedelic Porn Crumpets, The Voidz et King Crimson sont revendiquées. Tout un bestiaire allant de Black Sabbath à System of a Down pourrait aisément y être ajouté.

 

De manière laconique et quelque peu convenue, PIGZ s’attaque aux vils dirigeants avec des paroles acerbes : « Racist, homophobe / Off the motherfucking throne / Sexist, centrist / Zero fucking communist / All the fucking fascist pigz / Kill the rich and take their shit ». Puis, Pixiestick, qui débute de manière quelque peu orientale, effleure le sujet des addictions sur un chant qui traîne sur les couplets comme un fumeur de oinj plaintif.
Queen Goblin and the Trigger Finger, référence à King Gizzard and the Lizard Wizard, commence en cavalcade garage et aborde la nécessité de se battre pour un monde meilleur. Game Over, qui vient clore Last Age of Hope », soulève la problématique du genre qui serait inexistante sur Saturne où « les êtres sont libres d’être ce qu’ils veulent sans avoir à coller d’étiquette ». Le chant y est plus atmosphérique et le refrain évoquerait « la rage des gobelins qui crient pour la liberté et la tolérance ».

Finalement, le message ne consisterait-il pas à comprendre qu’il est préférable de ne jamais se contraindre à s’éterniser dans les situations inconvenantes ? 

https://goblinsonsaturn.bandcamp.com/album/last-age-of-hope

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