©Franck Alix

Avec le titre Bipolarity, le tout nouveau trio toulousain veut sonner le retour du punk dans la ville rose. Et clairement, Fotomatic a « nothing to loose ».

Pete Shelley des Buzzcocks est mort le 6 décembre 2018. Mais il ne sera pas oublié. En tout cas, pas par Fotomatic, trois jeunes toulousains réunis autour de leur passion commune pour les musiques à trois accords, les morceaux à 200 BPM et les rythmes binaires. Laura chante et joue de la guitare, Maxime batte à la batterie et Guillaume prend les commandes à la basse. Ensemble, ils ne réfléchissent pas : ils foncent. Ils foncent tout droit vers des concerts « crash-test » et une envie de sortir de leur zone de confort pour offrir une musique brute et instinctive. On a parlé au trio fans de The Damned (Maxime), de Link Wray (Guillaume) et de Television Personalities (Laura) pour comprendre pourquoi Fotomatic, c’est anarchique.

Comme vous êtes nouveaux, la question que tout le monde se pose c’est : qui êtes-vous ?

Maxime : À la base le groupe a été créé par Laura. Je lui ai dit que j’étais partant pour jouer de la batterie avec elle parce que c’est exactement le style de musique que je sais faire. Je savais aussi qui prendre pour jouer de la basse avec nous, Guillaume, qui joue aussi avec Marie Mathématique et I Me Mine.

Guillaume : Fotomatic, pour moi, c’est un retour à une musique hyper spontanée et sans artifice : des morceaux à 200 BPM, une rythmique syncopée, Laura et son chant hyper saccadé qui fait uniquement des accords barrés sur sa guitare Danelectro, Max (également batteur de Cathédrale) qui libère toute son énergie avec son jeu très binaire après sa journée de travail à faire couler du béton, tu vois ?

Laura : Je n’avais jamais eu de projet de groupe qui s’était concrétisé avant, c’est une envie que j’avais depuis longtemps. Fotomatic, c’est avant tout une énergie brute, quelque chose d’instinctif qu’on a envie d’exprimer et que chacun peut capter et interpréter comme il le veut.

“La voix de Laura met tous les autres chanteurs KO”

La chanson Bipolarity parle de quoi ?

Laura : Ça parle d’une personne frustrée qui choisit d’être bipolaire parce qu’elle trouve que sa vie est très monotone et ennuyeuse, et elle finit par vraiment le devenir. Elle se sent inadaptée au monde autour d’elle alors elle choisit une sorte de folie qui la dégage de ses obligations, sauf que cette folie la rattrape et elle se retrouve prise au piège.

Guillaume : On a tous une frustration intérieure qui se libère d’une façon ou d’une autre… de manière instantanée. Pour moi la tension qui règne dans ce morceau arrive à son paroxysme au refrain, et là, c’est déjà trop tard : « So I get up from my bed, I break a bottle on my head ».

Si je vous dis que j’ai déjà entendu ce titre avant, vous me répondez quoi ?

Maxime : Que tu as sûrement raison mais que le nôtre est beaucoup mieux.

Guillaume : Tu l’as peut-être entendu, mais la voix de Laura met tous les autres chanteurs KO. Tout est une question d’attitude.

Le (post)punk en 2019, c’est quoi ?

Guillaume : Pour moi c’est une occasion de raviver, avec l’énergie du désespoir, la flamme de cette génération qui disparaît petit à petit avec les morts de Pete Shelley ou encore Mark E. Smith.

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