par
31 janvier 2009

DAVID FOSTER WALLACE
Nadal=mesomorphism

Au moins, notre bel hexagone lui aura évité le faste obscène des épitaphes « artistes ». Une ou deux brèves sur les forums de Télérama/Nouvel Obs, et un petit extrait d’un roman forcément inachevé publié sans grâce par Chronic’art.

Histoire de laisser le « il était… » au portail du cimetière, urgeons simplement tout badaud de courir grailler avec la cervelle et les ventricules Infinite Jest , colosse-somme américano-américaine tenant la chique au Pynchon le plus inextricable et volubile, croisant le stylo avec Ubik, fessant sans retenue aucune tout Easton Ellis. 1200 pages de tiroirs maltraitant la SF, roman empoisonnant l’ironie des post-modernes US. PLUS, car DFW ne radine pas sur le méta-langage, une diatribe pointue sur l’objet cinématographique, à recoller en fin d’ouvrage !

Puis, on lâchera par hélico les pages de « Brieve Interviews With Hideous Men », ou même de leur traduction chez Le Diable Vauvert ; ça fera toujours de quoi rembourrer l’oreiller en vieux t-shirt du clodo du coin, qui doit commencer à trouver Darm Bhums sacrément ténu.

Enfin, on se lassera probablement de claironner partout l’incompréhensible exégèse de David Foster Wallace, et on renverra le lecteur à ce grand moment de journalisme retors, ce papier gigantique publié dans le New York Times que Spider Jerusalem, le gonzo reporter cyber-ponque du Transmetropolitan de Warren Ellis, aurait pu aisément signer s’il ne se pavanait pas dans un autre millénaire : «Roger Federer As Religious Experience »

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