Parmi les multiples poncifs de la presse musicale, le « périlleux exercice du deuxième album » joue le haut du tableau. C’est le cas pour les Ecossais de Spinning Coin avec « Hyacinth » : ils se prennent un peu les pieds dans la marche, mais les amateurs d’anorak et d’indie pop circa 1992 y trouveront quand même leur bonheur.

A Glasgow, la musique est partout. Malgré ses airs un peu austères et sa réhabilitation galopante, la plus grande ville d’Ecosse cultive depuis plus de 40 ans un héritage pop assez exceptionnel pour avoir vu passer – entre autres – des clients comme Teenage Fanclub, Primal Scream, Belle And Sebastian ou encore The Pastels et Stephen Mc Robbie, son leader aux allures de gardien du temple qui continue à sortir un disque tous les 10 ans depuis son café-disquaire Mono.

C’est dans sa boutique qu’il aurait démarché Sean Armstrong de Spinning Coin après avoir entendu la cassette d’Albany, l’un des premiers titres du petit groupe local. La suite veut qu’il les signe sur son propre label Geographic et sorte leur premier album « Permo » en 2017, produit par une autre gloire du coin : Edwyn Collins. Et pour le coup, Spinning Coin se plaçait comme un héritier studieux et brillant du savoir-faire glaswegien en matière de pop raffinée sur un disque aussi enthousiasmant qu’un but de Brian Laudrup quand il jouait chez les Rangers.
Trois ans plus tard, et après le départ de leur bassiste et une délocalisation à Berlin, le désormais quartet remet le couvert avec « Hyacinth ». Ils y ont gardé ce principe d’alternance entre titres doux canal jangle pop et d’autres plus noisy et rentre-dedans. Une dualité qui se poursuit dans les timbres de voix : entre celui presque androgyne de Sean Armstrong et celui beaucoup plus punk de Jack Mellin.

Si l’écriture est légèrement en deçà de celle du premier album avec des titres moins forts que des merveilles comme Raining on Hope Street ou Sleepless, « Hyacinth » y gagne en richesse musicale et sort un peu du modèle pop bricolée.

Ca donne un album très « laid back » et parfaitement réconfortant avec ses guitares enjouées et ses mélodies innocentes. L’impeccable single Feel You More Than World Right Now est accompagné par quelques douceurs (The Long Heights, Laughing Ways ou Black Cat où la voix de Rachel Taylor rappelle forcément celle de Katrina Mitchell des Pastels). En apportant le psychédélisme ensoleillé à la David Crosby sur l’introductif Avenue Of Spring ou de très infimes touches électroniques (Thing Of The Past, Get High), ils élargissent la palette avec succès.
Mais, en toute subjectivité, c’est dans ses passages les plus énervés que Spinning Coin est le moins convaincant. Sur Ghosting, la voix haut perchée d’Armstrong en devient même carrément exaspérante. Un peu comme chez Grandaddy par exemple, le groupe est tout de suite moins à l’aise quand il hausse le ton. Pas de quoi non plus déconseiller le reste d’un disque tout à fait agréable mais ils devraient peut-être s’inspirer encore un peu plus du parrain local Mc Robbie dont les Pastels ont toujours fui les décibels comme la peste.

Spinning Coin // Hyacinth // Geographic Music / Domino

2 commentaires

  1. Fait attention EJ, tu commences à nous pondre des papiers à la Robin Ecoeur, le ton emphatique du critic à la Nok en moins, mais là on sent que ça fatigue un poil, c’est une commande, on t’as obligé pas vrai?
    Un peu comme les derniers numéros de Gonzai d’ailleurs, papier assez indigeste d’un bout à l’autre et souvent sans grand intérêt, qui a besoin de savoir quels sont les 60 coups de cœur des année 2010 des pigistes. ou ces 6 pages sur le Pôvre Michael Hutchence.
    Sans parler du numéros HS sur les Rock Critics, numéros uno des ventes le mois dernier pour R&F, No comment…

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