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NOIR BOY GEORGE
Metz noire pour nuit blanche

La gare de Lyon et sa chaleur écrasante vers une destination à la chaleur encore plus écrasante, gare Saint Lazare en manteau noir pour une petite virée proustienne en Normandie ; Trouville, Cabourg, les plages du débarquement. La gare du Nord encore, ses trains de banlieues chauds, ses promesses de drogue vers le nord ou Londres voir de la famille. Mais surement pas la gare de l’Est, ce vortex vers quoi d’ailleurs ? C’est grand, l’est. Ca peut nous mener loin. Vers une base militaire de RFA pour un pauvre appelé des années 90, tirant nerveusement sur sa cigarette, déambulant sur les quais déguisé en militaire. Vers un camp en Pologne. Vers Lagny, ou Meaux, toute la Seine et Marne. Histoire de gens qui s’aiment jusque dans les fourrées de sous-bois sans passants, avec la mort au bout du rendez vous d’amour. Des gens qui s’engueulent sous les caméras de confession intime. Beaucoup de cimetières militaires. Et la Grande triple Alliance Internationale de l’Est. Noir Boy George raconte.

La gare de Lyon et sa chaleur écrasante vers une destination à la chaleur encore plus écrasante, gare Saint Lazare en manteau noir pour une petite virée proustienne en Normandie ; Trouville, Cabourg, les plages du débarquement. La gare du Nord encore, ses trains de banlieues chauds, ses promesses de drogue vers le nord ou Londres voir de la famille. Mais surement pas la gare de l'Est, ce vortex vers quoi d'ailleurs ? C'est grand, l'est. Ca peut nous mener loin. Vers une base militaire de RFA pour un pauvre appelé des années 90, tirant nerveusement sur sa cigarette, déambulant sur les quais déguisé en militaire. Vers un camp en Pologne. Vers Lagny, ou Meaux, toute la Seine et Marne. Histoire de gens qui s'aiment jusque dans les fourrées de sous-bois sans passants, avec la mort au bout du rendez vous d'amour. Des gens qui s'engueulent sous les caméras de confession intime. Beaucoup de cimetières militaires. Et la Grande triple Alliance Internationale de l'Est. Noir Boy George raconte.

« On organise des concerts sous des ponts, dans des bunkers, des harras désaffectés avec le centre d’hygiène de l’est, notre asso officielle loi 1907 » – Michel S.

Croix3CLRwaiiibeL’Est, et plus précisément l’Alsace Moselle, a la particularité ou le privilège de vivre encore sous certaines des lois promulguées au moment de l’occupation de ces territoires par l’Empire Allemand, au terme de la défaite de 1871. Cela peut paraître loin, mais ça a laissé des traces dans la génétique du territoire. Tampon entre Paris, c’est à dire la France, et les sombres forêts allemandes. De celles où l’injonction romantique est tellement forte que Fourniret en laissera beaucoup pour mortes, dans une peu subtile variation du Liebenstod interprété à l’opinel. L’Est, on pense encore à Guy Georges, le tueur de l’Est parisien. Ca infeste jusqu’à notre capitale. Au moins à l’Est, il n’y a pas la mer. Surement pour ça qu’il n’y a jamais personne sur l’A3.

Un sigle étrange : une croix chrétienne à triple transverse pour trois fois plus d’efficacité, avec illuminatis, petits éclairs SS, et quelques pentacles. Voilà la marque apposé sur tout une nébuleuse de groupes obscurs dont les noms évoquent l’underground de province, c’est à dire véritablement 15 survivants dans une cave, attendant l’apocalypse. Et ils ne portent pas de montures noires. « N’allez jamais vivre, dans une ville de moins de 4000 habitants, où règne la mort et l’ennui » chante Noir Boy George. Il n’y a pas que lui. Il y a aussi A.H.kraken, vingt mille punks, double veteran, discipline for youth, the Anals, Crack und ultra eczema, the Dreams, le Chomage, Scorpion violente, Lesion blanche, 1400 points de suture, Für deutschland, Subut Ex, Dolphins Nazis… dont la plupart n’ont sortis qu’une K7 à quelques dizaines d’exemplaires ou tenu un concert dans une grange. L’offre est protéiforme, et il est difficile de distinguer qui se cache derrière ce jeu de masques. S’organisant autour d’un syncrétisme de tout ce que la vie peut nous offrir de plus débile, comme par exemple un chien habillé avec un tee-shirt d’un Che Guevara portant une svastika à l’envers, pour encore plus de satanisme, le son est sale, sauf quand il est funk. Et ça tout le monde peut le faire. C’est pour ça que chez la Grande Triple Alliance Internationale de l’Est tout le monde le fait. C’est démocratique et ça ne nécessite qu’une cave avec un public à abrutir dedans.

« Nous étions jeune, nous étions 4, nous étions starck » – Les masques à gaz

7274_16045Un site en free.fr développé dans une esthétique gothique avec un « entrez » scintillant de flammes sataniques. Le compteur est bloqué sur 666, et cela doit être fait exprès. Bienvenue sur le site des filles de l’Est. Le graphisme évoque un jeu d’aventure en point and click sur Amiga, Zack Mc Kraken par exemple. Le Kraken déjà. Inspiration probable du nom du groupe matrice, A.H. Kraken. Auquel il fut ajouté les initiales d’un célèbre homme politique allemand. « Un groupe de lycée qu’on a monté à quatre, le mix de deux groupes, 20 000 Punks et Emonsson. On avait un morceau de 15 minutes et c’est tout, on a fait cinq ou six concerts juste avec ce morceau, après il y en a eu d’autres. » A.H. Kraken que l’on retrouve sur l’opus 666 – la numérotation, fantaisiste, étant passé directement de 13 à 666 – de luisances sonores, label de cassette éditant les premiers Feeling of Love entre autres reprises indus de Fade to Grey. AH Kraken y chante sur Thank You des remerciements « à ceux qui commandent mon cerveau, merci aux instructeurs qui commandent mon cerveau », sur un son d’une puissance inouïe, évoquant Throbbing Gristle période ZyKlon B. Hurlé dans une boite de conserve sur laquelle s’acharnerait au fouet une déesse SM.
Le morceau de bidoche serait tout droit sorti d’un album intitulé « Autopsie d’une femme tronc », soit disant enregistré en 2002 dans l’église d’Oron (57) : « c’est ça le son, la reverb de Jesus ». L’objet fut tiré à 27 exemplaires, avec une pochette édité à la photocopieuse et signé Nafi. En 2008 le groupe était signé sur In The Red Recordings pour « Elle Avait Peut-être 19 Ans Mais Pour Moi Elle En Aura Toujours 12 », une apologie de l’amour éternel défiant les âges et la mort. Sur la pochette, une jeune fille en tee-shirt Slipknot tenant un fusil : « une fille de Nancy qui nous avait demandé d’être pote sur Myspace et y’avait ça dans ses photos, elle ne sait même pas qu’elle est sur le disque. Elle doit être apprentie coiffeuse. »

« Subutex Faggot punk » sera le seul commentaire qu’aura généré cette vidéo live posté il y a déjà 7 ans, et des fois un seul suffit. A.H. Kraken c’est une machine taillée pour passer du silence au bruit blanc en un éclair, le tout affichant fièrement ses 540 vues au compteur Youtube et ses 5 fans sur Deezer pour leur pourtant excellent « Live Mort », et cette déclaration à Gianna Michaels : «Gianna Michaels / beaucoup de gens sont entrés dans ton corps / l’amour tu l’as produit en série / je suis nu devant ma télé / je suis nu mais je t’aime ». Devenir le plus sale possible pour tendre aspymptotiquement à un rendu fidèle du réel, dans un long et prodigue vomissement, rendant en musique ce que racontait déjà Thomas Hardy de l’Angleterre du 19ième siècle (mais rien ne sera jamais aussi violent que les romans de Thomas Hardy). C’est beau c’est sombre, et surtout c’est bien composé. Un week-end à Metz. Des forêts, des mines, du charbon, et encore des mines, à la 8.6 cette fois. Alors au fait, qui est cet Allan Müller ? « Un gars de Metz qu’on connait pas très bien, mais qui a l’air cool. Du coup on a écrit un morceau sur lui. Ca parle de rencontres homosexuelles dans les bois avec des mecs avec des chemises brunes ouais, mais classes les chemises brunes, genre bien taillées près du corps ».

« La caserne / Dans ta caverne »

l4veNaviguer dans la galaxie de la Grande Triple Alliance Internationale de l’Est n’est pas une tâche aisée. Un blog affreux relatant les dernières sorties, derniers concert ; un disque de Judas Donneger (premier titre : Grand concours du maximum baise), son split avec les Suces Pendus, un fanzine de Cannibal Canniche : « Ca s’appelle 2012 Fin et suite. C’est sur le thème de la fin du monde, car oui elle approche vite. ENFIN. » Un univers de compilation sur audio cassette, de BD intitulé « La caserne bareback », de vinyles pressés que d’un seul côté, à l’économie. C’est comme marcher dans Rouen, et de constater que les années 80 y ont survécu au bug de l’an 2000, avec ses hardos qui marchent dans les rues et ses boutiques à inscrire au patrimoine mondial de l’humanité avant qu’elles ne disparaissent pour de bon : échoppes de surplus militaire, cyber-cafés ou magasins EuroDif. Il pleut, c’est gris et ça me rappelle ce que mes grands cousins évoquaient de leur jeunesse.

Le champ d’action de la Grande Triple Alliance ne se limite bien entendu pas au post-grunge dépressif, le summer of love est aussi passé par la Lorraine, et ça a engendré Scorpion Violente, dont le premier maxi paru chez Bruit Direct annonçait la couleur avec des titres comme Rome Violente ou Mi pute Mi soumise. Festif comme les Gloomy Mondays, ça sent la drogue coupée au plâtre, avec le bras qui se nécrose et le doigt coincé sur une touche de synthé. « L’objectif était de jouer le moins de notes possibles, maxi deux par mains, ça fait quatre par personnes, maximum 8 puisqu’on est deux. Ca en devient presque mélodique. Après on joue bourré, donc c’est tranquille. »

Minimale et bestial, drone musique qui tourne pas rond, c’est un Tecknival avec le sosie de Francis Heaulme qui te ferait des oeillades, la tête dans les enceintes. Uniquement synthétique, mais pas forcément plus propre, le son de Scorpion Violente est droit et puissant comme une autoroute allemande, et au moins aussi sympathique que le Slug Bait ICA de Throbbing Gristle dans le genre bande original de film de viol. Le confort d’une berline allemande, à la différence que tu voyages dans le coffre, pour une destination finale inconnue. Pourquoi n’as tu pas écouté les conseils de Noir Boy George : « Fais gaffe petite, fais gaffe, les mecs c’est des tristes mélodies. Ils t’emmènent dans les bois ». Assis à l’avant, Scott Scorpion à gauche et Toma Violente, son comparse d’Ars sur Moselle à la place conducteur. Scott raconte : « Moi je suis au RMI, je fais des chantiers, de la menuisierie, enfin j’ai dû en faire 10 mois sur 33 ans. Lui est réceptionniste dans un hôtel. » Il tient le volant de sa masse imposante, et ses rares indications verbales ne sont que des moyens de nous perdre un peu plus.

Il ne faudrait pas non plus résumer la triple alliance à des mecs qui tombent amoureux d’actrices porno en rêvant de viol dans les bois, car dans l’affaire il y a aussi des filles, et qui dit fille, dit sensualité immédiate, rapport direct et spontané aux sensations de la fête et de l’été, chassant les ténèbres de l’esprit, engorgé de ses délires fantasmatiques. Quand c’est beau, que c’est frais, que ça danse, ça s’appelle The Dreams, dont l’idée tiens en un terme, un genre, le tropicold, à savoir l’hybridation du coupé décalé et du spleen The Cure, période « Pornography ». On reste dans les tons et c’est toujours aussi efficace, même si cette fois l’influence proclamé c’est Police et Walking on the Moon, qui sut réconcilier influences jamaïcaines et souffle punk pour le résultat que l’on sait. Et puis il faudra bien un enquêteur sur les lieux, pour emballer le corps et démarrer l’enquête, c’est à dire le script du prochain Faites entrer l’accusé. Et cela serait encore mieux qu’il soit un ancien SS par exemple. Derrick, nous pensons à toi.

Un homme seul maintenant est resté. Il a lâché sa bande, son meilleur ami est en taule et sa copine l’a quitté. Cet homme est là, au milieu de foule, simplement séparé d’elle par son synthétiseur et sa boite à rythme. Fini les imprécations inaudibles lancés dans une canette de Grolsch par dessus un orchestre de guitare. Fini les slogans minimalistes jetés dans la reverb, fini le franglais mâtiné d’Allemand de The Dreams. Maintenant il va parler et raconter, et ce qu’il raconte est beau et Metz Noir est son chef d’oeuvre. Sorti en 2011 en cassette, 49 exemplaires. Uploadé pas plus tard que décembre dernier sur filestube, à écouter en boucle pour pas cher. Défendu sur scène de nombreuses fois courant 2014 – en fait pas sur scène, mais directement dans la fosse, le public autour – Noir Boy George en impose.

images_albums_Noir_Boy_George_-_Metz_Noire_-_2013123162859058.w_290.h_290.m_crop.a_center.v_topAyant pris rapidement la tangente par rapport au projet initial – insuffler au charme LGBT de la musique de Boy George une conscience raciale – Metz Noire s’articule compact autour de 7 titres tous percutants. Qui raconte en long et en large la vie dans un entrefilet de Nouveau Détective – tuer, dépecer – des gens qui marchent dans la rue, une beauté qui est un cancer ou les bébés congelés. Si la forme peut paraître simple, il me semble déplacé d’évoquer l’art primitif, comme s’il s’agissait là, sous verre ou en bande magnétique, d’un échantillon folklorique de musique mosellane. Ni même de comparer Noir Boy George avec Daniel Johnston le gentil asperger, tendance Corky fait de la musique. Car n’oublions pas, ou alors plutôt rendez nous compte, que tous masque tombés, que si Noir Boy George simple et évident, que cette poésie là n’est pas celle d’un idiot touché par la grâce, mais celle lentement maturé, à force de concentration et d’ascèse, de l’homme qui fut Nafi dans The Dreams, Scott Scorpion chez les Violente, Emmanuel S. guitar héro pour A.H. Kraken, pour ne citer que ses masques les plus « célèbres ».

Du Suicide sans le côté boogie-woogie. Un orgue s’abat sur la rythmique minimaliste, et il ne va pas lâcher sa proie. Un doigt ou deux, peu importe. « On retrouva un pied, ou retrouvera une jambe, tous découpés, dépecés. » Kevin, la petite Carie, Montigny les Metz. Des petites villes, et même la banlieue de ces petites villes. Banlieue maudite, où règne la mort et l’ennui. La forme est simple, elle fonctionne sur des cycles, sans cesse relancés, les paroles s’arrangeant autour en miroir. A la fois manuel de survie dans les forêts de l’est – Ta beauté c’est un cancer – et manifeste politique – Messin plutôt que français -, Noir Boy George attaque nu, directement là où ça fait mal, et en Français, il raconte des histoires.

Pour en savoir plus, je décidai de rencontrer l’homme quelque part sur l’IRC. Rendez vous est pris, sur le salon #Moselle, il est 23h30, l’homme qui avance sous le nom de Noir Boy George est là.

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* Now talking in #Moselle
* Topic is Metz Noire
* Web1.chat-irc.fr set the mode +ntrcVCTj 3:10

*** Sigismund Benway has joined
*** Nafi [now known as Noir Boy George] has joined

<Sigismund Benway>Yo mec, ça va ?

<Noir Boy George> Oui ça va, asv ?

<Sigismund Benway> 33m75, asv ?

<Noir Boy George> 33m57

<Sigismund Benway> Ok Noir Boy George, alors dis-moi, qu’as tu fait de beau pour cette fête de la musique ?

<Noir Boy George> J’ai été voir plein de groupes de reprise de Police, c’était chouette. Et puis aussi un groupe de potes, les Dewendels ça c’était très chouette, ils reprenaient pas Police.

<Sigismund Benway> C’est marrant que tu parles de Police, car pas plus tard qu’hier des gens sont venus faire une fête chez moi et ils ont dansé sur Roxanne et Walking on The Moon. Tu aimes bien Sting, et tout ce qui est rock anglais comme The Smiths ?

<Noir Boy George> J’aime pas Sting solo mais j’aime bien Police, surtout Bed’s too big without you, du bon reggae froid. Les Smiths j’adore parce que je suis presque pédé sous ma carapace de gros dur.

<Sigismund Benway> Oui tous les mecs deviennent pédés quand ils écoutent Morrissey. Et donc puisqu’on parle de rock anglais, ton nom est un hommage à Boy George ?

<Noir Boy George> Plutôt à Bertrand Cantat et Noir Désir, parce qu’à 16 ans ma copine de l’époque les aimait bien. Je crois qu’elle était plus amoureuse du chanteur que de moi.

<Sigismund Benway> Oui, toutes les femmes sont amoureuses de Cantat, c’est normal. En tant que critique musicale, ce qui est mon hobby, j’entends un peu de Suicide et de Throbbing Gristle période Slug Bait dans tes chansons. Tu valides ?

<Noir Boy George> Throbbing Gristle est bien barré, il n’y a pas de mélodie sur Slug Bait, moi je fais quand même des notes. Mais Suicide clairement c’est mon groupe préféré.

<Sigismund Benway> Suicide avec un côté Jacques Brel ?

<Noir Boy George> J’aime bien Renaud, Bashung, Daho, Jacno, les Bérus. Enfin les Bérus jusqu’en 1984, après c’est de la merde. Comme Renaud, après 1984 c’est de la merde. En même temps je suis le genre de connard à toujours préférer le premier album, ou pire, la première démo du groupe que j’aime.

« J’ai tout piqué à Jean-Louis Costes, pardonnez moi. »

<Sigismund Benway> Seth Putnam, le front man d’Anal Cunt, chantait : « If you think Death were good after their demos- you’re fucking gay ». Mais quand on voit ce qu’est devenu The Cure et New Order en 1984 (respectivement The Top et Low-Life), il y a de quoi se poser des questions. En même temps Police a sorti De Do Do Do, Da Da Da Da en 1980.

<Noir Boy George> En tout cas je trouve ça plaisant d’écrire en Français, une des plus grosses influences, c’est Jean-Louis Costes quand même, dans le genre paroles qui te prennent aux tripes. On avait organisé deux concerts pour lui en 2003 et 2005 à Metz, et ça avait été mortel. Au premier concert il y a eut un début d’émeute c’était génial. Plus tard je l’ai revu en mode chanson, et j’ai trouvé ça mieux que les spectacles porno sociaux. Le mec tout seul avec son synthé et sa bouteille de vin qui chiale. En fait je lui ait tout piqué. Pardonnez moi.

<Sigismund Benway> Sauf la carotte dans le cul j’espère.

<Noir Boy George> Je trouve ça mieux sans la carotte justement, juste quand il chante. C’est cool, c’est triste, ça parle. Enfin je vais sortir un disque, un 33 tours en coproduction sur les labels Attila Tralala, Les angles morts, Animal Biscuit, 24H/ jamais, Et Mon cul c’est du Tofu, Eurochoc prod, Commence par Maman, POUeT! Schallplatten et Virgin. La coproduction c’est pour partager les frais.

wSigismund Benway> Ca sort quand ?

<Noir Boy George> En septembre, quand la pochette sera prête. Il faut que je stalke Myspace pour trouver la photo. [NDR : Il en fut ainsi pour les disques de Scorpion Violente et AH Kraken].

<Sigismund Benway> Parlons matos. Côté technique, Noir Boy George ça donne quoi ?

<Noir Boy George> Un synthé Bontempi de base, avec un delay, et un delay pour la voix.

<Sigismund Benway> C’est quelle marque pour les delay, BOSS ?

<Noir Boy George> BOSS oui, comme la marque de mon parfum. Il paraît que c’est BOSS qui a désigné les costumes SS, je sais pas si c’est vrai.

<Sigismund Benway> J’ai souvent entendu cette histoire au collège.

<Noir Boy George> Ou c’est peut être ESPRIT.

« Nietzsche j’aime bien sa moustache, mais j’aimerais bien voir sa bite. »

<Sigismund Benway> Parlons chanson. Cette magnifique chanson, Ta beauté c’est un cancer, tu t’adresses à qui ?

<Noir Boy George> Ce n’est pas un morceau qui parle de moi, comme aucun d’ailleurs. Ca parle d’une fille tellement jolie qu’elle risque de se faire avoir par les mecs. Elle finira morte avant d’être adulte tellement elle est bonne en gros.

<Sigismund Benway> Ca parle de dealers aussi. Niveau drogues tu te situes comment ?

<Noir Boy George> Je consomme légal. Alcool, médicaments, clopes. On mate des rape and revenge avec Toma sous Stilnox. Il a quelque chose comme 4000 VHS chez lui à Ars. Les dreads et les jokes c’est fini.

the_dreams<Sigismund Benway> Il y a aussi Les masques à gaz, ils sont cinq et ensuite ils sont quatre. Mais ça veut dire quoi Schtarck ?

<Noir Boy George> Schtarck ça veut dire fort en allemand. Ca vient d’une chanson de DAF où il dit « Du bist Schön, und du bist Schtarck, mein Schatz », sois beau et sois fort, mon amour. Ca sonne, quoi.

<Sigismund Benway> Oui c’est beau. DAF c’est une source d’inspiration ?

<Noir Boy George> Oui ici tout le monde est fan de DAF. [NDR : AH Kraken a repris Verschwende Deine Jugend]. La première fois que j’ai entendu DAF, je pensais que c’était une boite à rythme. Il joue comme un robot. Il est mignon en plus, mi gay- mi blond. Je suis moins fan du chanteur. Enfin ils sont tous beaux dans DAF. Et la musique bute.

<Sigismund Benway> « Du bist schön und jung und stark »

<Noir Boy George> En lorrain Schtarck devient schtarf. Un mec schtarf c’est un mec costaud, mais ça peut aussi être un gros kebab. Ce kebab était schtarf, ça veut dire ce kebab était énorme.

<Sigismund Benway> Je crois que j’ai saisi le concept. La lorraine est infusé d’Allemagne, un peu comme Marseille est infusée d’Algérie.

<Noir Boy George> Exactement. C’est le glissement sémantique dans les régions frontalières. J’imagine que c’est le même bordel avec le toulousain et l’espagnol.

<Sigismund Benway> Du coup vous subissez tout le romantisme allemand, les forêts et Nietzsche aussi, que tu traites de baltringue dans « on meurt aujourd’hui ». Pour quelle raison d’ailleurs ?

<Noir Boy George> Nietzsche j’aime bien sa moustache, mais j’aimerais bien voir sa bite. Rapport à l’ubermensch.

<Sigismund Benway> Je ne pense pas qu’il en existe un moulage, comme pour Hendrix par exemple.

<Noir Boy George> Oui mais Hendrix n’avait pas de moustache, quoique peut être une fine, mais par contre je pense qu’il avait une grosse bite (pas de racisme anti-noir là dedans). Mais Nietzsche je ne sais pas. Je l’imagine bien petite bite mais grosses couilles, des grosses couilles veineuses.

<Sigismund Benway> Nietzsche ne baisait jamais. Il a choppé la syphilis avec une pute lors de son dépucelage, à la suite de quoi il a dévellopé 30 ans plus tard des problèmes neurologiques.

<Noir Boy George> Il baisait dans sa tête, c’est pareil.

<Sigismund Benway> Tu lui aurais donné Xvidéos, la face de la philosophie allemande aurait été toute différente.

<Noir Boy George> Ah ah oui. Je peux pas vraiment rentrer dans les détails, j’ai dû en lire 5 pages au lycée pour me la péter. Mais en livre j’aime bien Bukowski. Grosse bite grosses couilles, le délire prolo qui picole et fini par baiser, l’untermensch qui devient l’uber.

<Sigismund Benway> Bukowski était un vrai poète, d’ailleurs il est né en Allemagne aussi. Sa dernière amie était sympa, on le voit lui caressant la chatte alors qu’il approche de la tombe, c’est touchant. Bon pour conclure cette interview Noir Boy George, vas-t-on bientôt te voir réapparaitre sous un autre avatar, ou alors est-ce parti pour une carrière de 10 ans à la Julien Clerc ?

<Noir Boy George> Putain ouais, tournée au Japon en 2040 je m’y vois bien, mais de toute façon il faudra que je trouve autre chose, j’ai que cinq rythmes différents sur mon synthé, et je les ai déjà tous utilisé trois fois.

http://freemusicarchive.org/music/Noir_Boy_George/
http://grandetripleallianceinternationalest.blogspot.fr/

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