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LANA DEL REY
These boots are made for running

Pourquoi se laisser enfermer dans un rôle quand on peut être maîtresse du scénario ? Encore presque anonyme, l’Américaine Lizzy Grant, 24 ans, n’a pas pris le risque et se présente déjà comme la “gangsta Nancy Sinatra”.

Pourquoi se laisser enfermer dans un rôle quand on peut être maîtresse du scénario ? Encore presque anonyme, l’Américaine Lizzy Grant, 24 ans, n’a pas pris le risque et se présente déjà comme la “gangsta Nancy Sinatra”.

Dans son personnage de Lana Del Rey, elle met en scène sa beauté fatale, se colle une moue boudeuse et dirige ses yeux larmoyants vers la caméra, tragédienne irrésistible pour son clip Video Games. Images d’archives qui datent parfois d’hier, rythmées par des explosions sur Playstation, on y retrouve les paradoxes de notre génération, qu’elle dit condamnée. Sa voix est sublimée par une harpe, la mélodie et la voix sont douces et oppressantes : elle est comme une fillette éperdue serrant trop fort le cou de son amoureux. Personnage presque digne d’un film de Lynch, avec tous les clichés que cela implique, elle se rêve héroïne de film noir et a trouvé le parfait trailer pour son album en préparation.
Cela pourrait être un blockbuster, à moins qu’elle ne parvienne en fait à rien et ne rejoigne le rang des pop stars désillusionnées. Mais j’ai eu envie de l’interviewer quoi qu’il advienne, alors qu’elle n’en est qu’au début de cette carrière, un peu comme si j’avais pu discuter avec Britney avant qu’avec ses deux couettes et son chemisier ouvert elle ne devienne une icône générationnelle. J’entends des rires gras résonner jusqu’ici, les rires de mecs qui, par contre, sont à genoux devant Tyler The Creator parce qu’il a tout compris à la vie. Mais pendant que Tyler s’invente des bitch en buvant du petit lait dans le salon de sa maman, Lana Del Rey fait une lettre ouverte aux bourreaux de son cœur, comme sur le plus R’n’B Diet Mtn Dew. Même si elle a une formation jazz, consciemment ou non, les grandes soeurs Nancy, Nico, Britney, Nina, Madonna, Beyonce, Aaliyah veillent. Comme une reine des abeilles, elle s’entoure bien : son producteur a travaillé avec les Strokes, Regina Spektor… elle a déjà deux managers à ses boots, c’est à eux que je me suis adressée pour contacter leur protégée. Désormais basée à Londres, elle ne répond pour le moment aux interviews que par e-mail. Ce n’était pas l’entretien du siècle, ni une discussion entre copines sur MSN, juste une interview comme celles auxquelles elle s’était peut-être entraîné à répondre depuis son adolescence, en attendant son heure.

Bonjour Lana, est-tu bien réelle ?

Oui, je suis aussi réelle qu’on puisse l’être. Je suis l’une de ces millions de filles vivant le côté obscur du rêve américain. J’aime les bolides, les mauvais garçons et la bonne musique.

Les titres que tu as mis sur le web jusqu’ici sont des histoires d’amour d’une tristesse maladive. Tu te sens parfois reconnaissante envers tous ces garçons qui te brisent le cœur et t’inspirent ?

Non, ils ne méritent pas la moindre accolade, ni la moindre pitié. Quoique certains d’entre eux devraient quand même être crédités pour toutes les paroles de torturée qu’ils m’inspirent.

A l’origine tu es une chanteuse de jazz ; pourquoi cette nouvelle direction plutôt pop et R’n’B ?

Je n’ai pas pris consciemment la décision d’aller dans un registre plus street. L’inspiration pour mon premier disque, que j’enregistre avec le producteur David Khane, m’est venue des lieux où j’évoluais et des garçons qui me plaisaient. Tout ça transposé dans un style cinématographique, ça pourrait faire office de bande-son pour un film noir. J’ai vécu dans le Bronx pendant quatre ans et à Brooklyn par la suite, je baignais donc dans le  hip hop, et les beats lourds sur cet album sont venus naturellement.

Les pop stars de nos jours peuvent-elles toujours prétendre être des icônes ?

La seule chose que les pop stars font bien aujourd’hui, c’est perpétuer l’héritage de la célébrité. Je crois au pouvoir d’élever les gens au rang d’icônes, et même de dieux vivants, s’ils le méritent. Elvis le méritait, il était par nature d’un cool dérangeant.

Tu avais quelles attentes, concernant le nouvel album de Britney ?

Selon moi elle ne peut pas se planter, c’est la seule vraie pop star féminine, et je suis convaincue qu’elle croit vraiment en ce qu’elle chante. Elle est entraînée dans sa propre tragédie hollywoodienne, et c’est magnifique à regarder.

Comment décrirais-tu notre génération ?

Condamnée.

Si tu es la nouvelle Nancy Sinatra, alors qui est ton Lee Hazlewood ?

Reeve Carney (ce type tient en ce moment la vedette à Broadway dans le rôle de Spiderman – NdlR)

Qui travaille actuellement sur ton album ?

Beaucoup de gens : des compositeurs de musiques de films avec une formation classique, et des producteurs de hip-hop. Le parfait mix pour atteindre une beauté idéale.

C’est bien toi qui joues de la harpe sur Video game ?

J’ai bien peur que non, mon cœur : c’est Robopop.

Cette vidéo est à couper le souffle, d’où te vient ce côté dramatique ?

J’étais surprise de toute l’attention qu’on lui a porté. Je suis une fille très dramatique. Je vis pour le drame dans tout sa splendeur. Cela inclut la musique, les clips, mes amoureux : si ce n’est pas épique, ça ne vaut pas le coup.

http://www.myspace.com/lizzygrant

9 Comments

  1. ROUGE EST MON NOM

    20 juin 2011 at 13 h 54 min

    Je l’ai « bien connu » y’a 3 piges sur myspace puis perdu de vue…ravi d’avoir des news et de lire Lizzy!
    Merci CHARLINE

  2. Any

    21 juin 2011 at 10 h 07 min

    Ces lèvres…

  3. LE_POULPE

    21 juin 2011 at 10 h 19 min

    Ces lèvres … oui … je me demande si ce n’est pas ça qui fait qu’on a l’impression qu’elle chante avec un truc dans la bouche, un peu pateuse … pas très séduisant en tous cas, enfin pour moi.

  4. secondflore

    21 juin 2011 at 10 h 44 min

    « Juste une interview comme celles auxquelles elle s’était peut-être entraîné à répondre depuis son adolescence ». Joli.

  5. catnatt

    22 juin 2011 at 14 h 31 min

    J’aime bien ce que fait cette fille.
    Merci pour l’info

  6. GigsterBang

    23 juin 2011 at 16 h 10 min

    « Est-tu bien réelle? »
    Comment dire.

  7. buzzlekler

    25 juin 2011 at 11 h 22 min

    Attraction-répulsion, je sais pas qui va gagner, mais ça promet. Les démos sur son MySpace sont vraiment excitantes.

  8. Pingback: Lana Del Rey | Le Choix | Webzine Musical à la première personne du singulier

  9. nic

    19 août 2011 at 9 h 00 min

    Bon ben on peut dire tout ce qu’on veut, mais elle chante drôlement bien. C’est vrai que c’est bizarre parfois, de se retrouver avec des artistes qui nous donnent l’impression d’avoir été packagé comme le dernier smoothie à la mode… D’autant que les gens la compare déjà à Amy Winehouse a qui elle fait immanquablement penser ds le genre poupée soul destroy… Comme si les artistes étaient programmés, pré-fabriqués pour rentrer dans des parts de marché. En même temps c’est cette putain de chanson qui la propulse d’un coup, elle chante depuis un petit bout de temps si j’ai bien compris, d’où peut être cette sensation « out of the blue ».

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