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DEATH IN VEGAS
La difformité mortelle

Groupe culte cité dans cinquante pour cent de mes écrits, père de substitution junkie et violent venant ternir mon enfance trop heureuse, Death in Vegas ou l’apogée de mes connexions nerveuses avant la bringue et l’alcool. J’étais jeune, pur et intelligent, je suis désormais vieux, terni et con. Et Death in Vegas, quinze ans après ses débuts, n’a définitivement plus le même gout.

Groupe culte cité dans cinquante pour cent de mes écrits, père de substitution junkie et violent venant ternir mon enfance trop heureuse, Death in Vegas ou l’apogée de mes connexions nerveuses avant la bringue et l’alcool. J’étais jeune, pur et intelligent, je suis désormais vieux, terni et con. Et Death in Vegas, quinze ans après ses débuts, n’a définitivement plus le même gout.

Comme un signe décisif, « Dead Elvis », tout premier album, le meilleur. Sofia Coppola et ses vierges, tout comme. Après ça plonge dans l’évidence (« The contino sessions » Vs Lost in translation), ça se perd dans la simplicité (« Scorpio rising » Vs Marie-Antoinette) et ça finit en queue de poisson à servir une soupe de calamar  périmée (« Trans love énergies » Vs Somewhere). Qui aime bien castre bien, je suis, il est vrai, sévère sur la portée de ce nouvel album. Mais mon jugement semble à la hauteur du talent. Pas de passe-droit chez moi.

De retour d’un projet solo ambitieux mais quelque peu bancal (Black Acid) hormis la bombasse de single Glitter in the gutter, Richard Fearless lâche Tim Holmes et tient seul la bar du drakkar Death In Vegas après avoir monté son propre label. Enfin, il embarque avec lui la queer de Austra Katie Stelmanis et donne ainsi une direction space opéra à son navire. Stelmanis a trouvé un bien beau refuge dans ce loft new-yorkais que l’on imagine macabre et hanté par l’esprit brumeux et sociopathe de Fearless.

On retrouve les codes de la grandeur, un rythme lent, bombe à retardement jouant la nuance entre le clavier ringard d’OMD et le vocal suédois de blondes acidifiés jusqu’à la racine. Une montée contrôlée en sept minutes (Your loft my acid) bien plus efficace que la tentative bien foirée de pop intergalactique émasculée (Scissors, Medication). Par contre, quand le rythme s’accélère, les sirènes retentissent et la voix, elle, reste froide et pénétrante, Death In vegas trouve enfin le chemin d’une possible rédemption future (Coum, With dance). Pour cet album, c’est foutu, trop de parasites, d’essayages en rayon femme et de maquillages ratés.  On entend raisonner la néo cold-wave de Cold cave, la néo cold-pop de M83 mais au final, tous ses parallèles n’ont aucun sens. Copié-copieur, ils réintègrent des codes préalablement fixés par eux-mêmes mais passés sous silence depuis leur mise à pied. Etrangement amusant.

Death in Vegas n’est pas mort. Ca tâtonne grave, ça se goure de famille, ça tente la consanguinité pour finir dans la difformité. Mais tout n’est pas à jeter. L’espoir perdure de revoir un jour, un visage à deux yeux, un corps à deux bras. Mais le couperet n’est pas loin. Parce qu’à la prochaine bavure, c’est fausse-couche.

Death In Vegas // Trans-Love Energies // Portobello (Differ-ant)
http://www.deathinvegasmusic.com/

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