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Christophe Vs Jean-Michel Jarre
Les mots retrouvés

L’un a écrit ‘’Les mots bleus’’, l’autre les a chanté. Quarante ans après leur dernière collaboration, Christophe et Jean-Michel Jarre se retrouvent pour la première fois face caméra et expliquent à Gonzaï l'alchimie qui les lie depuis ce ‘’Paradis Perdu’’ qu’ils ont fini par retrouver.

Sur l’échelle du temps, quarante ans c’est un point noir sur une feuille. A l’échelle humaine, c’est déjà quatre fois plus que la longévité moyenne d’un groupe de rock. Pour Christophe et Jean-Michel Jarre, collés comme deux bonbons depuis que Dreyfus eut l’idée géniale de les réunir en 1973 pour ‘Les Paradis Perdus’, c’est… autre chose. A les écouter le soir de cette réunion improvisée [1], à blaguer comme deux adolescents potaches ou discuter des synthés (leur sujet favori), on se dit non seulement que le temps christophien plane quand même très haut, mais qu’il est également très relatif.

A 70 ans plus ou moins passés, avec leurs physiques de vieux ados, ces deux là préfèrent profiter de l’instant plutôt que de s’étendre sur les titres qu’ils ont fait entrer au Panthéon. Ouvrons le tableau des scores : Les Paradis Perdus, Emporte moi, Le Dernier des Bevilacqua, Senorita, Les Mots Bleus, que des tubes ou presque. En deux albums publiés coup sur coup en 73 et 74, le chanteur et son parolier décrocheront la timbale et puis chacun volera de ses propres ailes : Jarre couchera des mots pour d’autres (Que vas-tu faire pour Françoise Hardy et surtout Où sont les femmes pour Patrick Juvet), le backing band deviendra un vrai groupe (Dominique Perrier et Roger Rizzitelli fonderont le mythique Space Art) et Christophe, égal à lui-même, mutera en ce Beau Bizarre que Jarre avait croqué en esquisses dès le début. Et malgré tout cela, face à la postérité qui leur ouvre désormais ses bras, le masque et la plume semblent s’en cogner complet. Dans le cul ? Ouais, pas loin.

Crédit : Le Parisien

Après avoir défini la silhouette de celui qui deviendra l’image intemporelle du dandy, Jarre écrira une dernière fois pour Christophe, en 1977. Ce sera La Dolce Vita, tout en romantisme de synthèse. Après ça, peut-être par besoin d’Oxygène, il partira remplir des stades ou jouer devant les pyramides d’Egypte alors que Christophe disparaitra de la circulation pendant quinze longues années passées à chiner des jukebox. La Vespa aurait déjà pu s’arrêter là.

Sauf que les hasards sont parfois bien faits. En 2010, Jarre et Christophe se retrouvent par hasard sur la scène du théâtre Marigny pour une ennuyeuse cérémonie des Grands Prix SACEM. Les deux se chuchotent des mots (doux ?) à l’oreille. L’instant est fugace, presqu’invisible. Que se disent-ils ? Mystère. N’empêche que les vieux frères confirmeront plus tard que c’est ce soir là que le moteur s’est remis en marche.
Six ans après ces retrouvailles, l’histoire renait de ses cendres sous forme de déclarations d’amour par lettres interposées. ‘’Les Vestiges du Chaos’’, le dernier album de Christophe ? Il doit son nom à Jarre. La chanson éponyme, sapée comme jamais ? C’est l’une des plus belles réussites de l’album (avec le Tangerine en feat avec feu Alan Vega). De l’autre côté, Christophe est venu prêter voix forte sur Walking the Mile, extrait du ‘’Electronica 2’’. Et comme si le passé datait d’hier, une nouvelle page s’est écrite. Et Ferber, sans crier, s’est réveillé.

Christophe // Les Vestiges du Chaos // Capitol
Jean-Michel Jarre // Electronica 2  : The heart of noise // Columbia (en tournée dans toute la France et en concert le 12 décembre à Paris à l’AccorHotels Arena)

Réalisation et montage : Xavier Reim

[1] Enfin pas tant que ça, puisque la vidéo a été réalisée en marge d’une commande pour Universal.

4 Comments

  1. Serge Jorjet

    30 août 2016 at 19 h 54 min

    Bonsoir,J.M. bravos à tout les deux sur votre simplicité et collaboration,en plus cette chanson ( Les mots bleus ) merci belle soirée avec mon Amitié
    Serge

  2. patick tandy

    1 septembre 2016 at 14 h 16 min

    « ‘ Bleeps » for FLYS

  3. patick tandy

    4 octobre 2016 at 10 h 24 min

    « PSCHEE(A)T »

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