Who are You! ? José Reis Fontao (chanteur de Stuck In the Sound,) Romuald Bovin et les deux membres d’I Am un Chien, David (frère de José) et Douglas Cavanna. Leur premier disque s’appelle You!, too.

Machine à angle exsangue, langue tirée, capuche trouée laissant passer les gouttes d’eau et s’enfuir les idées. Va t’en parler de rock anorexique après ça. Et puis Paris, c’est une idée : gobelets en plastique, Champomy et tequila frappée, métro fermé et gueules ouvertes, rock à baskets, cercle voilé d’amis, combo et crew, tous ensemble tous désunis, tous dépareillés. Alors quand arrive You! en rangs (très très) serrés, on se dit qu’on pourrait leur confier nos grimaces, oublier les agios, tenter de payer le taxi de retour en CB, claquer la portière à la volée si ça ne marche pas, en espérant que le chauffeur ne soit pas armé – ni trop désespéré pour tirer : imagine ta gueule en page faits divers, non mais imagine un peu. Et ce track en boucle, Murder in the night club : basse bousillée, potards au max, batteur coincé dans un ascenseur suant à grosses gouttes et LET ME OUT ! Remarque, avec une partie du groupe évoluant chez I Am un Chien, on se dit que ça vaut encore la peine d’aboyer. Et pondre un morceau qui en ait, du chien. « T’inquiète de rien,  on va la retourner ta gamelle, toi et tes yeux d’affamé ».

Je me demande souvent « qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? »

Mon bureau est renversé, mes cheveux en fouillis, ma sudation en ébullition. C’est grave, docteur ? « Yep ! Pour sûr, et je compte sur You! pour suivre le traitement », dit-il sur le pas de ma porte. Oui, oui. Séances d’électrochocs, Battles à plein tubes dans le 65m2, un économe dans les oreilles taillant dans le cérumen à la recherche du supplément d’âme (pas trouvé), des trucs froissés partout, de la vaisselle s’évadant de l’évier et moi de l’étau : Come on la tasse à café, viens on va se faire un monde joli ; putain il faut au moins ça, tant Heart est moche. Comme s’il avait fallu qu’il fasse au moins une concession. Mais il suffit de hausser les épaules et tout disparaît. Disparaître. To disappear : le disque commence comme ça. Nicolas Leroux d’Overhead doit en bouffer sa console de son. Comme tous les inconsolables, il trouvera malgré tout que ça a bien de la gueule, tout ça. To disappear. Au prochain paragraphe, comme ça. Claquer des doigts, fermer un œil, convaincre l’autre et lâcher la rampe : la métaphore de l’escalier ne viendra pas foutre une marche dans cette phrase, vous pouvez me croire. Disparaître. La belle affaire ! Old song, la belle chanson ! Fougueuse et indomptée bien comme il faut.

« Ici, c’est la mi-temps de moi contre le reste du monde, il fait chaud, la lumière du soleil n’arrive à rien avec la blancheur de ma peau et les ballons de plage retombent tous sur ma gueule, je vous embrasse et j’ai soif de pot d’échappement. Le monde est un endroit horrible où vivre et je travaille mes grimaces. Kiss. »

Car I Hate You en vérité. Comme dans la chanson, oui, oui, celle où le marteau tape dans la grosse caisse, où le chanteur se met des cordes de guitare à la place des cordes vocales et où la guitare casse les siennes toutes les deux mesures. 3’25 d’autopsie bien fouillée entre peau et muscle, au bon tempo. Un Luke Skywalker à la main fraîchement coupée dirait qu’on y voit les étoiles. Mais brillent-elles seulement encore ?

Le caniveau Sisters et une bonne paire d’enceintes, on n’est pas bien, là ?

Il y a aussi Know your G, shoegazing au rabais te raclant les tibias, less is more et puis c’est tout ; Thank You et la piqûre de rappel signalant que surtout, surtout, « penser à ne pas courber l’échine. Jamais ». Pour le reste, vous êtes autorisé à desserrer votre ceinture ; celle de la sécurité fermée au dernier cran sur le cou, celle des marques rouges qui ne partent pas vraiment, qui sont là, écrites dans la peau. Il y a Never seen a girl : juste chalouper. Je vous dis pas les tours de manège gratuits qu’on a envie de se payer avec ce truc. Il y a Sisters et sa prod  mini cooper sur les boulevards, à déraper sans cesse du train arrière et à flirter avec le caniveau.

« Ici c’est la fin du match de moi contre les armées de vers de terres. Les vacances, en vrai, ça n’existe pas. J’en voudrais de très longues, avec une paille immense reliée à un cocktail plein de glace pilée et d’alcool fort. Pour la couleur, je n’ai pas de préférence. »

Ecoutez You!, vous aimerez ou non, moi oui. C’est à peu près tout ce que j’avais à vous dire.

You! //  You! // Kuskus
http://www.myspace.com/youthemusic

4 commentaires

  1. Putain, j’ai beaucoup beaucoup beaucoup de mal avec leur musique. Comment dire : l’acidité dans les guitares conjuguée au son heavy et très compressé, la voix aigüe et braillarde, la lourdeur rythmique sont trop contradictoires dans l’ensemble, un genre de mauvaise digestion des 80’s par des mecs aux influences 90’s. Un truc difficile à écouter au final. Par contre y’a quelques petites articulations mélodiques intéressantes et je me reconnais dans leur clip, on dirait vraiment moi en soirée.

  2. Perso, le titre en écoute me fait penser à un mélange de Kiss et de Primal Scream, bizarre … J’aimerais bien entendre tout l’album!

  3. Je confirme, c’est le plus mauvais morceau du disque. Mais à mes oreilles, le reste vaut vraiment le coup. Ceci dit, le clip est muy bien.

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