Deux ans après un premier volume étonnamment passé inaperçu, le duo québecois le plus mystique depuis la fin du groupe Céline Dion / René Angélil revient avec une nouvelle livraison hautement attendue. Qu’en attendre ? Verdict microtonale à lire ci-dessous, entre exaspération des vieux grincheux et passion des autres. Seule certitude : aucune intelligence artificielle n’est pour l’heure capable de produire une musique comme celle-ci.
A quoi peut-on mesurer le degré du succès d’un disque dit « de rock » en 2026 ? Plus vraiment à l’excitation des chroniques élogieuses sur Angine de Poitrine, cette espèce de version mutante entre les White Stripes et une mutation turque de King Gizzard & the Lizard Wizard. Mais plutôt au degré de mécontentement que la hype générée par leur session KEXP (plus de 500 000 vues en 48 heures) a généré chez les grincheux du rock ; ceux rivés à leurs anciens disques d’Eric Clapton, Led Zeppelin et autres vieilleries, bien heureux de se vautrer dans cette idée poussiéreuse que le rock, c’était définitivement mieux avant. Si cette idée elle aussi vieille comme le monde a tendance à rassurer les principaux intéressés sur leur importance dans le monde actuel, elle agit également comme un poison lent sur les réseaux sociaux, et véhicule cette croyance que tout ayant déjà fait, l’avenir ne réserve qu’une somme de déceptions. On ne sera donc pas surpris d’avoir tous lus des commentaires à la limite du risible à propos de ce duo déguisé dans des costumes génialement ridicules et préférant l’anonymat pour susciter le pire et le meilleur du fantasme chez le fan de rock de base.
Une fois passé le wagon des mécontentements à propos d’Angine de Poitrine, groupe grand-guignolesque au nom WTF comme on disait en 2017, que reste-t-il de ce Volume 2 et des six titres qui le composent ? Sincèrement : un sentiment de jouissance qui Dieu merci écrase ce refus d’accepter l’originalité et la sincérité du propos. Passons sur les costumes qui rappellent tout de même qu’il existe un autre monde costumé nettement plus intéressant que celui de The Shoes et Vladimir Cauchemar, et osons d’emblée ce qui est l’essentiel de ce papier : inconsciemment ou pas, Angine de Poitrine livre un énorme paquet de cailloux sur la tronche de l’auditeur qui ne s’attendait certainement plus à rien, et la dose de math-rock (Yor Zarad) combinée au jazz-rock (Sarniezz) aboutit à un genre dont on ne connaît pas vraiment le nom, si ce n’est qu’il réunirait autant les Daft Punk que ZZ Top ; pour vous dire à quel point on nage ici dans un océan inconnu.
C’est ici qu’Angine de Poitrine révolutionne un genre endormi : incapable de décrire ce qu’on entend, hormis le fait que le titre Utzp aurait parfaitement pu remplacer Metallica dans la séquence culte de cette série pour ados trépanés qu’est Stranger Things, nous voilà à tous voir passer un train à la vitesse de la lumière sans rien comprendre ; et c’est EXACTEMENT ce qu’on espérait tous depuis un paquet de mois. La profusion des avis d’experts sur YouTube, outre le fait qu’elle valide elles aussi la naissance d’un vrai phénomène Angine de poitrine, valide également l’idée que cette fusion d’étiquettes musicales sur un seul et même costume rend toute réflexion trop cérébrale un peu vaine.
Volume II est un essai brutal, sans concession et parfois difficilement tenable dans un espace fermé. Taillé pour la scène, seul endroit où le rock possède encore un véritable espace d’expression collectif désormais que tous les chefs de projet et playlisteurs ont squatté la planète streaming, il cogne lourd comme on dit au Hellfest. Moralité : on finit cette écoute comme un vieux T-shirt d’Iron Maiden passé dans une machine à laver fabriquée par le petit-fils de Satan. Le rock, au final, en ressort complètement essoré mais avec ses vieilles couleurs ravivées. Et c’est précisément tout ce qu’on attend d’un disque à guitares en 2026.
https://anginedepoitrine.bandcamp.com/album/vol-ii
Y’ a PaNNe treumé pour direction st guenille
il esr pas courbe ce grrop
No bites elles, hell visses or RSD2026