Déjà pas très loin du zéro absolu avec leur premier album sorti en 2010, The Soft Moon revient avec un brûlot synth-punk pas vraiment west coast, qui donne surtout l’impression de survoler Berlin en hélicoptère avant la chute du mur. À deux semaines de la sortie officielle chez Captured Tracks, écoute exclusive de cet album en béton armé, influencé par leurs aïeux de San Francisco, les bien nommés Chrome.

Le précédent album de The Soft Moon, sorti dans la plus grande indifférence au pays de Footix, avait néanmoins excité tout ce que la France compte de psychotiques internés en chambre capitonnée avec un poster de Ian Curtis collé au-dessus du lit à sangles.
Presque trois ans plus tard, le groupe fondé par Luis Vasquez fait son come-b(l)ack en configuration trio, histoire de donner de l’épaisseur à ces chansons osseuses qui sentent bon le cadavre, les cavalcades à la Guy Georges dans le Los Angeles 2013 de John Carpenter et tout un tas d’autres adjectifs anxiogènes issus d’un épisode de Faites entrer l’accusé. Dire qu’on ne sort pas complètement indemne de l’écoute de « Zeros » est un doux euphémisme ;  le leader Vasquez opte ici pour un tabula rasa nucléaire qu’on vous recommande vivement de ne PAS écouter au petit déjeuner en trempant vos tartines dans la mauvaise humeur. Et bref. Plutôt que de se perdre en palabres ou d’avoir à préciser que ce disque défouloir devait être livré avec des boules Quiès ou un stick anti-transpiration, Gonzaï vous offre une écoute intégrale qui vous permettra de pleurer de joie en imaginant un monde sans Grizzly Bear et autres baladins de la pop sans névrose. Pour la plongée dans le very dark side of The Soft Moon, c’est juste en dessous. Attachez vos ceintures les gars, décollage imminent vers la Mental Machine Music.

The Soft Moon // “Zeros” // Sortie le 5 novembre chez Captured Tracks
http://thesoftmoon.com/

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5 commentaires

  1. Il manque à cet effort, plus ramassé que l’autre, des passages arachnéens que la sainte fièvre emballerait pour surpasser la folie de l’extatique (sic) Vasquez.
    Ian Curtis est encore christique, mais Cabaret Voltaire ne résiste plus.

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