Que veux dire le nom de ce nouveau groupe ? Qui est la femme sur le portrait qui illustre la pochette de l’album ? Que raconte le premier clip du groupe ? Pourquoi y voit-on une Trabant ? Une boite ? une trompette ? Spoiler : cet article ne répond à aucune de ces questions.

Le fantasme est-il plus fort que la réalité ? Oui, évidemment. Pour illustrer le concept, prenons l’exemple du film de Luis Buñuel, Belle de Jour. Catherine Deneuve, 23 ans, y joue Severine, une jeune bourgeoise mariée et insatisfaite, attirée par la prostitution et les rapports sadomasochistes. Elle commence à travailler dans le bordel de Madame Anaïs, prétexte à un défilé de clients chelous. Et puis arrive le client à la boite.

Buñuel raconte dans ses mémoires : « De toutes les questions inutiles qui m’ont été posées sur mes films, une des plus fréquentes, des plus obsédantes, concerne la petite boîte qu’un client asiatique apporte avec lui dans le bordel. Il l’ouvre, montre aux filles ce qu’elle contient (nous ne le voyons pas). Les filles refusent avec des cris d’horreur sauf Séverine, plutôt intéressée. Je ne sais combien de fois on nous a demandé, des femmes surtout : “qu’est-ce qu’il y a dans la petite boîte ?” Comme je n’en sais rien, la seule réponse possible est : “ce que vous voudrez”. »

Dans le clip de Concrete, il y a aussi une boite qu’on ouvre, et on ne saura pas ce qu’elle contient. Il y a aussi une route fermée à la circulation et qui ne va nulle part. Le nom même du groupe est une énigme, et le visuel de l’album est le portrait peint d’une femme inconnue.

C’est tout le sens du projet : quand on s’affranchit d’un territoire, quand on choisit de s’ajouter une nouvelle identité, quand on ne montre pas le contenu de la boite, on peut être partout, on peut chercher un écho universel, on peut dédier une chanson à Maureen Tucker. Peu importe que le groupe soit français, puisque sa démarche est à l’inverse de celle de Trois Cafés Gourmands (« soyez sûrs, j’en suis fier, j’ai la Corrèze dans le cathéter »).

Alors il y a « Reed » dans le nom du groupe, et l’un des titres s’appelle « Maureen ». Est-ce que c’est une raison pour parler des influences ? Non. Comme me l’a dit un jour le leader de Ephemerals : « Parler d’influences musicales c’est un peu chiant non ? Pour cet album mon influence principale c’est la rivière à côté de laquelle j’habite. »

Showcase au Walrus le 6 septembre 2019.

5 commentaires

  1. borne-les-mimosas j’y terrasse une caravane dans un tunnel, personne, ne viendra chier là, et pour la musikque j’ai un poêle & des cuillières, Je tiens le coup.

Répondre à qui monte le complot, & apres on verra les suites.... Annuler la réponse

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