Carney et Auerbach are back : grosse claque. Le rock est mort, vive le blues. Vous n’imaginez comment mes potes vont se foutre de moi.

Carney et Auerbach are back : grosse claque. Le rock est mort, vive le blues. Vous n’imaginez comment mes potes vont se foutre de moi.

Ce Brothers m’a brisé. Son blues de blanc pas chiant, cette conviction que plutôt que de plier lentement sous le poids du 220V en 180 BPM, il valait mieux accepter de mourir tout de suite, abandonner là toutes les grimaces, les pliures du cuir, les morsures, marcher dans le verre cassé, monter un poney fiévreux à la place du pur sang qu’on ne posséderait jamais tout à fait : “mort à crédit”, avait dit un monsieur bourré de talent et de méchanceté gratuite. Ranger son pistolet à eau, penser Brothers, penser sister, ne plus penser, juste se laisser glisser. Et puis on verrait bien.

6ème album, bon dieu. S’ils avaient choisi de continuer à envoyer les pieds, on aurait fini par ne plus voir que leurs chaussettes. Mais Blakroc est passé par là. Range tes santiags, étranger, ça fait moins mal pour taper du pied. Alors donc, avec Brothers, l’aventure Black Keys allait changer de cap. Fini les riffs tout gras ? La batterie sèche et rêche ? Euh, c’est un peu plus compliqué que ça. Il est plus question d’affiner son jeu. De toucher l’os avec un tison moins brûlant. De tordre le foie ET l’estomac ET le palpitant, planqué là-haut dans sa cage de verre (à whisky). De rajouter des claviers. D’être chaloupé. De se choper des vraies ganaches de noires et les soucis qui vont avec. De brouiller l’écoute (je sais, j’avais promis). De pondre quinze morceaux au fur et à mesure plus mélancoliques. De te faire chialer ta bière, cowboy. Et oui. Nous voilà bien.

Quinte de hoquet à Ok Corral : un mort par KO

Tenez, prenez Too afraid to love et Ten cen pistol. Ca flirte avec le blues à papa (daddy, si tu m’entends, spéciale cace’dédi, ces noirs ont tout compris, t’avais raison mais bon, je suis pas né au Congo, bon dieu), mais en même temps, tout cela sent autant le bayou que la pompe à essence, l’arbre à came et l’alligator. Et puis zut, Katrina, on y peut rien. Dieu avait dit qu’everything gonna be alright. On a vu le résultat. Alors je signe pour ces deux blancs. Ils ont mangé le chapeau de Robert Johnson et en chient les ronds si joliment. Si chairdepoulement. Si sincèrement. Ce Dan Auerbach, quelle voix ! Et moi la voix, je dis que y a que ça. Ca et une batterie anorexique hoquetant dans le bon temps. Et une guitare douce. Aérienne si vous préférez. Visitant les bonnes vieilles grilles d’accord avec juste le bon pas de côté. Chapeau ! (Non Robert, ils te le rendront pas, l’ont mangé j’tai dit, et puis va t’acheter un GPS, t’as l’air tout con avec ton panneau fléché au-dessus de la tête).

I’m not the one. Unknown brother. Deux bonnes occasions d’aller se confesser, si vous voulez mon avis : quand une musique te met tout nu, tu pars en courant dans tous les sens à la recherche de la bonne âme qui voudra bien te céder un slip : la décence ne tolère ni la nudité ni l’érection en public. Autre solution envisageable, faire comme les oiseaux et se cacher pour rougir. Never gonna give you up, merci beaucoup. Tombent décidément bien ces deux-là : contre les bleus à l’âme et l’envie d’en presque finir, ça fait du bien de savoir  qu’on peut renifler dans sa manche sans avoir honte. Surtout que derrière, ils ont pas oublié la cavalerie : Every lasting light, Howlin’ for you et  Sinister kid (eh les gars, pas de blague, vous avez mis une contrebasse dedans, hein !) rétablissent l’équilibre : ce tabouret de bar menaçait de tomber, Black Keys intervient tout en riffs kick ass, claviers booty et fat batterie.

Alors voilà, c’est dit, Black Keys a pondu un album de grande classe. Du genre qui met longtemps à t’attraper et qui ne te lâche plus après. Plus jamais. Vous trouvez ça un peu exagéré ? J’aimerais vous y voir.

Black Keys /// Brothers /// V2 (Coop)
http://www.myspace.com/theblackkeys

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