Insupportable ou jouissive selon qu’on est hermétique (ou pas) aux dissonances et autres instruments parfois vieux comme dix Brigitte Fontaine, la discographie de Sourdure s’enrichira le 2 avril prochain d’un nouvel album, cette fois en groupe, et qui s’annonce comme paradoxalement le plus accessible de cette carrière dans la marge. « De Mòrt Viva » est son nom, bizarre est son son.

Une vielle à roue (un violon médiéval), une cabrette (une cornemuse auvergnate), un cornet à bouquin (une flute tordue), un concertina (un accordéon venu du futur)… un rapide coup d’œil aux crédits du nouvel album de Sourdure suffit à comprendre qu’on navigue ici en terres inconnues ; loin, très loin, d’un simple album contemporain accouché sur un laptop. Derrière chaque nom d’instrument inconnu au bataillon – ou presque – un parfum régional renvoyant à l’idée que la musique, avant de devenir cette grande « sono mondiale » défendue par Jean-François Bizot, était une manière pour chacun de délimiter son périmètre culturel, et que ce dernier se comptait parfois en kilomètres – et pas en miles Air France.

Cette envie de retour au local, encore une fois, s’entend, encore plus fort, sur « De Mòrt Viva ». Peut-être parce que cette fois, Ernest Bergez, plutôt que de se la jouer berger solo en haut des falaises, s’est entouré de musiciens pour mettre en scène ce qui ressemble à une déclaration d’amour à l’occitan auvergnat ; une langue des massifs, très centrale, et qui donne à cet album qui ne devrait pas s’écouler à 2 millions d’exemplaires un côté passé-futur des plus révolutionnaires. Passé, parce que c’est la France d’antan qui est ici contée ; futur car vous n’entendrez probablement pas deux albums de ce genre en 2021.

Absolument insupportable en étant joué dans un open space, le disque s’annonce avec un titre-clip hommage à Jean-Christophe Averty, à la fois poétique, stupide et co-financé chichement par un label (Les Disques du Festival Permanent) qui semble avoir de moins en moins froid aux yeux. Le morceau en question se nomme Nostra Foeira (« notre chiasse », en français contemporain) et doit s’écouter comme  « un poème clownesque évoquant de manière vivante des situations où l’individu se fond dans un sentiment de communion avec l’humanité ». Imaginer que cette musique puisse un jour illustrer Les Visiteurs 5 avec Christian Clavier tentant la joute contre des ménestrels affublés de costumes sponsorisés par Lidl et Bandcamp devient alors un doux fantasme. Comme cette idée de la France rurale et anti-béton où Sourdure, de disque en disque, se love avec une sourde violence.

Sourdure // Nostra Foeira  // Sortie le 2 avril chez Les Disques du Festival Permanent / Pagans / Murailles Music

https://lesdisquesdufestivalpermanent.bandcamp.com/album/de-m-rt-viva

 

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12 commentaires

  1. bester t’a tout les meaux de la terre t raciste & voir + anti vieillards, infirmes etc etc etc t’a déjà eu de petits problèmes, là on fone chez la dame, on va voir ton titre si il est compatible ?

  2. messieurs/dames ???? simplement les « simplets » comme perseverence, mattez vous sur un ring, j’ai un pavillon ou l’on s’entretuent les wk nds

    je ne sais pas combien d’identitées a celui:celle, mais toto c trop familier et estampillié vieilot!? & ce ‘toto » n’a pas l’air d’avoir beaucoup d’occupations, & voila qu’il va me repondre…..le smoderateurs sont des fainiasses, vite ce wk_nd.

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