Y'a un paquet de réunions au boulot où tu sais pertinemment que même si tous les supposés ténors de l'entreprise se rassemblent, le résultat va puer la merde. Il n'y a qu'à prendre un exemple concret avec Ikea qui en Allemagne décide de supprimer ses meubles Expedit, la fameuse étagère sous forme de cases adorée par les types qui écoutent encore des vinyles. Mais parfois l'ordre naît du chaos et le sublime rayonne au loin. Sisyphus est de cette trempe là.

Sisyphus-cover-art-608x608Souvent, créer un super groupe est très casse-gueule et pas mal y ont laissé des dents. Par exemple Them Crooked Vultures (Josh Homme, John Paul Jones et Dave Grohl) dont l’idée d’un disque avait de quoi faire baver. Au final, un disque de rock sympathique mais clairement pas inoubliable. La preuve, eux-même ont l’air d’avoir oublié qu’ils ont un jour fait un groupe ensemble.

Ce qui est ici certain, c’est que l’alliance Sufjan Stevens, Son Lux et Serengeti fonctionne à fond. En fait, c’est même carrément logique que ça marche. Entre Serengeti qui rappe comme Buck 65 ne sait plus le faire et les deux autres dont le talent mélodique et expérimental n’est plus à prouver, il y avait de quoi écrire un sacré disque.

Ce disque est un smoothie, bien loin d’une machine Sodastream dont les sirops vont vous trouer l’abdomen. C’est un réfrigérateur avec tous les meilleurs ingrédients au monde mais qui laisse le choix quant à la composition du liquide final. Un peu d’expérimental par là, de la pop ici, du hip hop là dessous et de la folk quelque part. C’est fou, j’aime presque le sucre 0 %. Si Cyril Lignac passait par là, je suis persuadé qu’il ferait un selfie avec son verre de Sisyphus avant de le publier sur ce putain d’Instagram avec un filtre lofi… Ou un Vine, chaque hypothèse se défend. Plus sérieusement, quelque part ce groupe est vraiment de la bouffe fraîche couplée à du sport tant c’est bon, sain et varié.

Quoi qu’il en soit, quand Sisyphus se met à cuisiner, ça ne rigole pas. Ici pas de persil à la con et de coriandre dégueulasse. Le trio balance carrément un orchestre de cordes pour assaisonner son met par touches discrètes mais raffinées. On est clairement loin de ce gros burger de Taylor Switch, Stitch, je ne sais plus et je m’en fous.
Il est en tout cas difficile de ne pas tomber dans l’éloge masturbatoire tant ce disque est bon. Il fallait s’en douter cela dit. Même si Sufjan Stevens est énervant, Son Lux trop discret et que personne ne sait qui est Serengeti, ça sentait bon. Comme dans la cuisine de mémé.

Sisyphus // Sisyphus // Asthmatic Kitty (Joyful Noise)
Sortie le 18 mars

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