2009. Une flopée de groupes rouvrent l’autoroute vers l’enfer. Car l’heure n’est plus au fun : ton palier sent le soufre, genre hell’s next d

2009. Une flopée de groupes rouvrent l’autoroute vers l’enfer. Car l’heure n’est plus au fun : ton palier sent le soufre, genre hell’s next door. Aujourd’hui donc, l’enfer, c’est les nôtres : The Warlocks, Crystal Stilts, The Black Angels, The Horrors et… Singapore Sling. La boîte de Pandore, ouverte il y a 40 ans par le Velvet n’a jamais fait autant de petits. Bienvenue au pays du zéro concession.

Etre rock en 2009 ? Faire du Air clavier en écoutant Singapore Sling. Du givre au bout des doigts et les veines remplies de glace. Avec l’envie irrépressible de répondre aux adeptes du tolérance zéro par un zéro concession : surnageant au milieu d’un ordre moral dictatorial où le rire est côté en bourse, celui des watts passées au congélo envoie une purée en cubes : dents cassées et entailles au front sont à prévoir.

Tous mes mots vont donc ici aux Islandais de Singapore Sling. Leur Perversity, Desperation And Death est une terrifiante ligne droite avec accident tous les 10 mètres : laissez tomber ambulance, pompier et autres héros idiots, il s’agit ici de laisser apparaître l’os. De ne pas laisser les plaies se refermer. De toute façon, sous le zéro tout se gèle…

La rondeur de leurs angles droits hérisse le poil. La chambre froide plutôt que celle du gaz. Faire couiner la viande. Le souffle quasi coupé offre des signes de lutte : de la condensation, seul vestige d’une chaleur passée.

Le plus drôle, c’est que tout n’est pas parfait dans ce disque iceberg. Tout ce blanc à l’horizon, ces paysages tous pareils, l’ennui guette. C’est alors qu’on entre en collision avec Girls podwer et Martian arts, deux titres absolument définitifs. Qui donnent envie de :

1° Signaler son admiration.

2° Prendre feu malgré tout.

3° Constater, hagard et en sueur, que dans ce cauchemar climatisé sponsorisé par notre monde libre, certains ont cassé le bouton.

4° Finir exsangue sur la banquise. Lancer des SOS pour de faux.

Car on ira pas déclencher une guerre, aussi froide soit elle, pour défendre un truc pareil.

En revanche, énoncer clairement le choix d’un camp, se faire bruyamment l’écho de ceux dont les secousses valent mieux que n’importe quel tube ondéifié jusqu’à la nausée, claquer des phrases au kilomètre tandis qu’en face on pense stratégie marketing et temps de tympan disponible, tout ça est tout à fait envisageable. Ni donneur de leçons, ni montreur de directions. Mais refuser en bloc d’être fun ET de se prendre au sérieux, oui, c’est tout à fait possible.

En conséquence de quoi, je déclare Perversity, Desperation And Death disque de l’été : quitte à sucer des glaçons, autant aller à la source. Sinon, j’aurais bien aimé placer « anxiogène » quelque part.

Singapore Sling // Perversity, Desperation And Death // 8MMusik

http://www.myspace.com/singaporesling

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