Au cours d’ une session d’écoute sauvage et aléatoire, cliquer sur la petite flèche pour découvrir, cliquer. C’est l’hiver, c’est la nuit : rencontrer Pethrol.

Le titre en question se nomme Blood Of The Unicorn, le nom envoie à l’univers nébuleux d’Harry Potter et à la scène du bois, quand Lord Voldemort vampirise une bestiole sacrée. J’écoute l’EP d’un trait, c’est complètement addictif.

L’ensemble est remarquable, les Pethrol font de la pop transgressive qui vient s’installer là et ne repart plus. Flirtant entre Austra et London Grammar, mais en plus sublimé, plus brutal. Pethrol c’est radical : l’aller sans retour vers un univers semi-électronique où la pop ne se contente pas d’être « happy » par obligation.

Pas de petits sauts surexcités, pas de couleurs acidulées, ou de joie feinte… Rien de cela dans Pethrol. Plutôt la sensation d’être enduit de ce son qui colle à la peau, qui recouvre l’âme façon marée noire. A la différence que c’est agréable. Les titres sont denses. Est-ce qu’on peut s’entendre sur qualificatif néo-pop-punk ?

Depuis la fameuse nuit, le nom de Pethrol a fleuri sur les programmations estivales. Je poursuis mon immersion : l’EP « Black Gold » est le négatif parfait de la pop lavasse qu’on nous ressert tous les jours en criant. Le chant est torturé, engagé, à se demander comment cette fille arrive à moduler sa voix au point d’osciller entre Bjork, Siouxsie et Peaches ? Y a-t-il donc un secret à percer ? Pour comprendre l’énergie qui anime Pethrol, je me dis que j’aimerais bien les rencontrer.

Quelle surprise un soir, quand je me fais bousculer par une fille – deux mètres de haut, blond platine, cheveux longs – et deux vikings dans son sillage qui se retournent en demandant pardon. Elle porte une frange ébouriffée au dessus d’yeux pétillants. Elle esquisse un sourire, elle est troublante de beauté, de simplicité. Les deux gaillards qui l’accompagnent ont la même fraicheur, ils ont l’air perdus au milieu de tout ces gens, mais ravis.

Je souris, un vrai sourire, c’est pas grave d’être bousculé, c’est même bien. « C’est Pethrol » me dit on.

Printemps de Bourges 2014Ils font tous immenses. D’ailleurs je choisis de monter sur une marche ou peut être deux pour converser. Ils revendiquent la vie, l’expression, simplement. Moi je repense à leur EP, je les imagine avec des dessins peints sur le torse nu entrain de taper du pied autour d’un feu ou dans des quêtes intersidérales à travers des galaxies de synthétiseurs… Je demande quand même le pourquoi, le comment, à Guillaume Heritier, le manager « D’aucuns diront que notre chemin était tracé, qu’il faisait évidence et qu’il était ainsi. D’autres sauront plutôt combien cette route fut dessinée par la craie, combien nous dûmes repasser sur les lignes et à quel point la lutte fut part de notre quotidien.

 Cette aventure est belle. Elle bouleverse les sens et dévore la vie. Les péripéties de nos cheminements toujours ont été balisées par la bonne fortune, nous les bordés par des pavés de soie ».

Pethrol, c’est surtout une famille. Une équipe qui sait vivre ses ambitions et survivre à ses peurs, un collectif qui a su faire le choix. Le choix des êtres solidaires parés au sacrifice, possédant la volonté de défendre une création intègre, et entière.
« L’épopée enclenchée, nous ferons désormais tout afin de saisir les cœurs et de partager notre musique avec ceux qui souhaiteront la voir perdurer dans le temps » m’explique Guillaume. Pethrol seraient-ils l’énergie que l’on attendait plus, l’énergie de demain ?

https://www.facebook.com/Pethrol
Photos : Christophe Crénel

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