Dans mon iPod, j’avais enfin trouvé l’équilibre parfait : Bee Gees VS Booba. Trois trouducs moulebités valent bien un duc testostéroné. Rentrée 2011 : mon 11 septembre à moi s’appelle Rover. Je remballe ma playlist et je sors.

A l’heure où Young Michelin se fait tirer les oreilles par la célèbre marque de pneus (qui les oblige à juridiquement changer de nom sous peine de poursuites pénales, de la part de Michelin c’est plutôt gonflé, NDR), Rover déboule avec quatre jantes en acier chromé fraîchement sorties de l’usine fashion Cinq7. D’abord, la pochette. Certains y verront un Berlioz un peu bouboule qui pose. D’autres, le héros de Mort à Venise deux décades plus tard, faciès de serveur dans un self-service d’autoroute, au régime Croq’Malin & Kro pour une nouvelle Rover au top du point de vue airbag. Regardez la vidéo qui suit : faut dire que sa jolie petite tête blonde sur ce corps de Centaure, ça a de quoi surprendre. Non ? Allez, on arrête sur le physique, on avait dit qu’on ne faisait pas de blagues là-dessus (smiley). On peut dire du bien, aussi.

A défaut d’avoir la cheville fine, Rover a le poignet solide. On sent la maîtrise de l’instrument, le mec qui connaît son répertoire rock sur le bout du médiator. Sur Aqualast, pour sûr qu’il la tient sa Gibson, notre ours au grand cœur. On y repère sa patte, l’arpège clair, le clair arpège, oserais-je même. L’ours, l’ogre est gentleman, et opère avec des doigts de fée. Même avec de la disto, sur le bluesy Birds. Oui, car cet EP, avec cette si bonne assise, bah ça arrache pas la gueule de le déguster avec un vieux whisky, près de l’âtre fumant, la pipe au bec et le labrador ronflant sur le plaid. Le confort, après tout, peut être une fin en soi. Prenez Tonight, ce beat électro et cette voix très Interpol, ça passe comme un Colissimo. La voix monte dans les cimes. Recueillement. Je vois des anges. C’est peut-être con de dire ça, mais j’assume : c’est tellement criant de vérité. Tim Buckley ou son fils Jeff ?.. Un mix des deux. De toute façon, ça finira à l’eau. Comme moi. Demain, j’arrête la picole au volant, je m’en vais au vert. La ballade Joy m’accompagnera : 1min23s hors du temps, c’est déjà ça. 1min23s, c’est à peu de choses près le temps d’arrêt d’une voiture à un péage. Echange de tickets, échange de bonjours et on repart suivre les pointillés blancs sur 200, 300, 400 kilomètres… Si ça continue, j’vais me découper.

Diagnostic : pas besoin d’être Lacan pour se tenir là quand une plaie ouverte se joue ici, maintenant, et en plein jour. Ces quatre titres, c’est quatre points de suture. J’crois que j’ai pigé le message : vous sentez-vous toujours bien dans votre peau ? Voyez comme c’est parfois intenable. Parlez-en à votre Rover.

Rover // Rover EP // Cinq7/Wagram
http://www.myspace.com/musicrover
Disponible le 3 octobre 2011

1 commentaire

  1. ***Certains y verront un Berlioz un peu bouboule qui pose.*** Ah ah ! Alors celle là, je la qualifierais de … Fantastique ! Et puis Berlioz était en plus un grand fan de guitare … classique. Je surenchéris « qui pose la face déchirée sur un vieux billet de 10 balles coincé dans le porte jarretelle de Liliane Bettencourt »

    ***Allez, on arrête sur le physique, on avait dit qu’on ne faisait pas de blagues là-dessus ***
    C’est vrai, ça ne se fait pas, mais c’est tellement bon.

    Superbe chronique ! merci.

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