Plus de trois décennies après ses débuts, le groupe de Chicago fait son retour avec “Shiny and Oh So Bright, Vol. 1 /LP : NoPast. No Future. No Sun.”, produit aux Shangri La Studios par Rick Rubin, connu pour son boulot dans le rap et le heavy metal.

Après 30 millions d’albums vendus, voilà un onzième album que personne n’attendait vraiment. A une unité près (la bassiste D’Arcy Wretzky, blacklistée par l’autoitaire leader Billy Corgan et qui coule des jours heureux dans une ferme du Michigan), le line-up d’origine est de nouveau réuni. Voilà pour le semblant de storytelling. En attendant un probable deuxième volume, on a saisi l’occasion pour poser quelques questions sur la drogue au batteur historique du groupe, Jimmy Chamberlin, ex-junkie revenu de l’enfer des seringues.

(Olivia Bee)

Après deux départs, tu es revenu dans le groupe en 2015. Pourquoi?

Jimmy Chamberlin : Franchement, ça s’est fait très naturellement. Le groupe avait alors un batteur et s’apprêtait à faire une grande tournée. Pour je ne sais quelles raisons, ça ne marchait plus trop entre eux. Billy a fini par me demander si je voulais reprendre du service pour la tournée. Même si j’avais énormément de choses à faire à côté, j’ai évidemment accepté. Ca s’est bien passé et assez rapidement, on a commencé à envisager de recommencer à enregistrer ensemble, de s’interroger vers où on voulait aller, etc. A ce moment, James Iha est aussi revenu, et tout s’est remis en place. Très naturellement et de la meilleure des façons.

Des problèmes d’héroïne t’ont longtemps poursuivi pendant ta carrière. Où en es-tu aujourd’hui?

Jimmy Chamberlin : Tout va bien. Je suis en excellente santé. Sobre depuis presque 15 ans. Je suis marié, tout va bien. J’ai deux ans magnifiques. J’ai jamais autant apprécié la vie.

Pourquoi est-ce que drogue et le rock’n’roll ont-ils toujours fait si bon ménage?

Jimmy Chamberlin : C’est une bonne question. Pas facile, mais bonne. C’est vrai que la drogue et le rock’n’roll ont souvent été liés. Particulièrement aux Etats-Unis. Mais pas uniquement. Tu trouves aussi de la drogue chez les routiers, chez les contrôleurs aériens,…Franchement, j’ai pas de réponse à ta question.

Est-ce que c’est possible d’être journaliste musical et de ne pas prendre de drogues?

Dans les années 90, c’était possible d’être une rock star mondiale sans prendre de drogues?

Jimmy Chamberlin : Tu sais, les Smashing Pumpkins aujourd’hui, c’est un groupe qui ne prend aucune drogue. Absolument aucune. Je ne bois même pas. James très peu. Et personne ne prend de drogues dans le groupe. Donc la réponse est oui.

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Mais dans les années 90?

Jimmy Chamberlin : Disons que c’était plus compliqué. J’ai une question : est-ce que c’est possible d’être journaliste musical et de ne pas prendre de drogues? Aha.

Franchement, je ne crois pas.

Jimmy Chamberlin : Ca ne m’étonne pas!

En tant qu’ex-consommateur, tu vas sûrement pouvoir répondre à cette question : Qu’est-ce qui rend la drogue si fascinante quand tu es jeune et que tu as du succès?

Jimmy Chamberlin : Honnêtement, j’en sais rien. C’est si loin tout ça. J’ai 54 ans. Je regarde CNN, je m’assois sur des bancs d’école aux réunions de parents d’élèves, c’est vraiment quelque chose qui ne fait plus parti de ma vie. Et à laquelle j’évite de penser.

A l’époque, ça t’aidait à être meilleur à la batterie?

Non. Je pense que c’était bien pire.

C’est une interview sur le nouvel album ou sur mes problèmes de drogues il y a 20 ans ?

La première fois que tu t’étais fait viré du groupe, c’était à cause de gros problèmes d’addiction. Une décision qu’a longtemps regretté Billy Corgan. Pourquoi ?

Jimmy Chamberlin : J’en sais rien du tout. Il faudrait le lui demander. On en a jamais vraiment parlé. Mais c’est une interview sur le nouvel album ou sur mes problèmes de drogues il y a 20 ans ?

Parlons du nouvel album, alors.

Jimmy Chamberlin : L’idée initiale, c’était d’avoir un nouveau single pour la tournée. Puis, en un mois, on s’est retrouvés avec 16 chansons sans trop savoir comment. A aucun moment on s’est dit qu’on allait sortir un nouvel album. Il est juste venu à nous. Rick Rubin est ensuite arrivé en studio, et on a gardé les 8 meilleurs morceaux. 

C’est la première fois que tu travaillais avec Rick Rubin. Quel est ton avis sur cette collaboration?

Jimmy Chamberlin : Première fois pour moi, oui. Mais Billy avait déjà travaillé avec lui sur un ou deux albums. Rick a une vision très simple de la production. Il est très attaché aux fondamentaux. Et cette vision se ressent beaucoup dans la plupart des morceaux qu’il a produit, pas uniquement dans ceux des Smashing Pumpkins. Ce mec a un super-pouvoir, mais un super-pouvoir naturel. Il fait tout pour rester frais dans cette culture rock, et ça se sent sur l’album. 

Après toutes ces années, tu es toujours aussi excité par les grandes tournées? Tu connais pourtant déjà la plupart de ces pays, de ces salles.

Jimmy Chamberlin : Oui, parce que tout le monde est impliqué. Le groupe, la management, le label. On n’a jamais été aussi bons. Aussi équilibrés. On est tous en bonne santé, on a tous une vie de famille. Et on est mentalement disponibles pour cette tournée. C’est très excitant bien sûr. Concert après concert, on se rend compte que tout ça devient très spécial. Soir après soir, on change un peu la vie des gens avec notre musique. Qui y-a-t-il de mieux que ça? 

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Depuis 30 ans, tu as vécu des choses que peu d’humains vivent. Comme Dylan, Keith Richards ou Johnny Marr, envisages-tu de sortir ton autobiographie?

Jimmy Chamberlin : Si j’étais toi, je m’intéresserais surtout à la vie des Smashing Pumpkins. Pas à la mienne. Ce n’est pas parce que tu joues dans un groupe de rock que tu es cool. Le cool, c’est autre chose. Tu l’as, ou tu ne l’as pas. J’ai fait tellement de choses en dehors du groupe. Si j’écrivais mon autobiographie, je ne suis pas certain que la partie Smashing Pumpkins serait si importante. Quand tu penses à un musicien qui joue dans un groupe connu, tu penses souvent à lui d’une mauvaise manière. Je suis investi dans l’éducation des jeunes, j’ai joué dans deux groupes de jazz,…J’ai fait tellement de choses en dehors du groupe. Quand je lis des autobiographies de rockstars, je suis rarement intéressé par ce qu’elles racontent. C’est vraiment des trucs de fans hardcore. J’ai pas vraiment envie d’écrire mes mémoires, ni d’en lire. Evidemment, si c’est Bob Dylan ou Paul McCartney, c’est différent. Le problème, c’est que les gens pensent trop au passé ou au futur. Pas assez au présent. Alors que la vie est là. En tout cas c’est comme ça que je vois les choses maintenant. Tu ne peux pas dire « Je suis un grand écrivain parce que j’ai été un grand écrivain ». Tu es un grand écrivain, si tu en es un maintenant. Pas hier. J’ai participé à des trucs incroyables dans ma vie, mais j’ai aucune envie de les reproduire à l’infini.

Smashing Pumpkins // Shiny and Oh So Bright, Vol. 1 / LP : No Past. No Future. No Sun // Martha’s Music x Napalm records

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