Des looks de sapeurs-pompiers, un album rembourré comme le soutien-gorge d’une ado mal palpée et la conscience politique d’une huitre desséchée, qui sont ces groupes dont tout le monde parle mais que plus personne n’écoute ? Musique désincarnée, une série périssable et subjective qui donne les 10 mauvaises raisons pour appuyer sur la touche STOP, parce que c’est pas le manque d’idées qui empêchent les musiciens modernes de sortir des albums.

Aujourd’hui, Hot Chip. A mi-chemin entre le rappel organique des souffrances de l’ongle incarné et le souffle mystique des mélopées qui élèvent l’esprit, il y a Hot Chip. Bénéficiant d’un karma flamboyant, Hot Chip fait partie de ces groupes dont je découvre les productions deux ans après tout le monde… sans parvenir à m’en émouvoir. Me voici donc avec 10 bonnes raisons pour toi de passer ton chemin… Au fait, je t’ai déjà dit ce que je pensais de la putasserie musicale ?

1. Au rayon électro overground, entre Caribou, LCD Soundsystem et MGMT, je demande Hot Chip. Calibrage parfait et consensus autour de leur génie… Facebook t’as prévenu : « 50 friends like this ». Dictature du bon goût oblige : Hot Chip, tu aimeras.

2. Clin d’œil complice aux pires perversions des 80’s, comment accepter que se perpétue en 2010 l’usage du synthé-violon ? Estampillées rétro-futuristes, les productions d’Hot Chip – particulièrement sur One Life Stand– offrent un mix raffiné entre le Believe de Cher et le Isla Bonita de Madonna. Indéniablement une rencontre majeure dans l’histoire de la musique contemporaine.

3. Quelle crédibilité a-t-on à faire de l’électro-pop-putasse lorsqu’on a au mieux le physique d’un responsable du rayon Hi-fi de Auchan-Brétigny, au pire celui d’un sympathique boucher expert ès-têtes de veau ? Si Dieu a créé Britney Spears et Justin Timberlake, ce n’est pas pour rien.

4. … Et quitte à écouter de la musique de moche, penche-toi plutôt sur le Harvest Festival de Joe Goddard, concept-album sur la thématique du fruit option corne d’abondance. Pour Hot Chip par contre, elles sont cuitas les bananas.

5. Si l’excision est qualifiée de crime contre l’humanité, il devrait en être de même de la castration intra-puberté subie par Alexis Taylor. Sans remettre en question l’atout que peut représenter l’androgynie pour un artiste, les envolées péniblement aiguës de Taylor se révèlent une alternative intéressante au supplice par suffocation.

6. Hot chip, ça rime avec cheap.

7. Un album inspiré de l’amour qu’ils portent aux leurs : c’est l’arme du groupe pour écouler leur dernier opus. Pourtant personne ne semble relever que le romantique échevelé des paroles auto-tunées d’I Feel Better sonne comme le plus court chemin vers la rupture.

8. En démontrant leur capacité à détourner les codes de la geekerie beauf, Hot Chip fait de la musique « LOL ». Fausse autodérision à la frontière de la condescendance, le second degré se fait agression des sens.

9. Sous couvert de fraîcheur, c’est en fait une absence d’émotion qui émane des créations du groupe. Plutôt que de clamer : « j’adoOOore … c’est léger, c’est fun ! », choisis de te taire et de t’enfermer dans ta chambre pour y regarder la semaine de Secret Story en streaming.

10. Finalement, ce One life Stand ne serait-il pas la meilleure des invitations à la mauvaise foi assumée ?

http://www.myspace.com/hotchip

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20 commentaires

  1. Hey merci !
    Ca fait du bien de lire ca ! Un peu de fouet mon bon maitre.
    Aïe ! Oh oui je crois à cette candeur de HotChip et croire que ce sont encore des geeks, des ados qui ne sont pas de cools guitaristes. Aïe !
    Merci d’avoir trouvé la chanson la plus pourrie du groupe. J’espère qu’en même que tu connaissais la tuerie de Over & over..

  2. En 2010, on ne dira plus “la tuerie”, comme on ne dira plus “les usagers sont pris en otage”, on ne dira plus tout ça sous peine de finir dans la jungle …

  3. Ainsi donc, Gonzaï se lance également dans l’exercice de style de la démolition gratuite. C’est tendance, facile à écrire – encore que les 10 points de l’argumentaire aient manifestement été très laborieusement atteints, et c’est un formidable appât à clics – on aime ça, la visibilité, sur le web alternatif.
    Pas fous, cependant, vous tapez hors-cible, préservant votre lectorat. Se façonner une image de gars à qui on la fait pas, ok, mais pas au prix de la perte vos 3 lecteurs quotidiens.

    Cher Ismène de Beauvoir (quel pseudo pompeux pour un étudiant attardé que j’imagine facilement barbu, amateur de chemises à carreaux et mal à l’aise avec sa sexualité), j’ai un conseil à vous donner : il faut aller un peu plus loin que le visionnage de 3 vidéos sur Youtube avant de prétendre émettre un avis qui fasse autorité.

    Laissez-moi vous éclairer : la musique d’Hot Chip est à prendre au premier degré (ils sont plus honnêtes que ces groupes néo-psychédéliques que vous adulez et qui feignent jusque leurs prises d’acides), elle est riche, inventive, beaucoup moins légère que ne peut le croire un auditeur distrait. Et elle n’est en aucun cas passéiste ou rétro-futuriste, elle est simplement moderne (en dehors de Lady Gaga, qui a autant fait bouger les lignes de la pop en cette décennie ?).

    Qu’ils soient moches, pas très élégants ni virils, et que leur image vous renvoie à ce temps honni où vous vous faisiez racketter votre gouter dans la cour de récréation du collège ne leur enlèvera jamais cela.
    Le fait qu’ils soient populaires parmi vos amis non plus. A la limite, c’est plutôt bon signe, vous avez réussi à conserver un cercle d’amis de gout malgré votre indécrottable snobisme.

  4. Oh ben ouais mais c’est pas du jeu : cette série d’articles est si joyeusement fourrée à la mauvaise foi que ça me donne envie de commenter direct, même quand j’aime pas particulièrement le groupe en question. Joli effet de mise en abyme : une rubrique qui parle de putasserie… en faisant dans la putasserie. M’enfin c’est ce que j’aime détester chez vous. XD

  5. salut c’est “chris”. alors biquette comme ça maintenant on porte la barbe ? j’ai hâte de voir ça même si je reste persuadé qu’un collier et un baise en ville serait plus en harmonie avec ton visage !

  6. Cool, en fait ce que t’aimes pas chez Hot Chip c’est qu’ils ont pas la classe, qu’ils sont pas beau et que ya déjà trop de monde qui aime bien?
    C’est ce qui m’amuse le plus chez gonzai : ils copient un concept d’article des inrocks qui se nomme “ça casse” et le transforme en “musique désincarnée”, en fournissant des arguments encore plus pauvres et dangeureux d’un point de vue éthique.
    De la prétention d’être supérieur à leurs ennemis mortels, ils se sont écrasés comme des merdes.

  7. @ IDB oui évidemment mais comme je est un autre ce n’est pas bien grave

    @ in bryanouze we trust : tu sais, il y a des gens dont les inrocks n’est pas le référent absolu et même sans les critiquer on ne peut pas décemment dire que ces mecs ont le monopole de la critique virulente. Pour ce qui est de l’ennemi je pense qu’il habite dans ton cerveau à la réflexion aussi binaire que manichéenne.
    ça me fait dire que le problème des inrocks n’est pas tant son contenu qu’une certaines frange de son lectorat dont tu viens de nous brosser un portrait à la caricature aussi pathétique qu’une blague de Popeck

  8. premièrement : je ne suis en aucun cas un fan des inrocks, je lis certaines de leur chroniques comme je lis certains articles sur gonzai

    deuxièmement : cette opposition gonzai/inrocks n’existe pas dans “mon cerveau” mais dans les propos de votre rédac chef que j’ai eu l’occasion d’entendre de ma propre oreille

    troisièmement : garde donc ton calme, ton agressivité te fait oublier l’essentiel, à savoir est-ce que tu penses que cette critique de hot chip (qui entendons nous bien est un groupe bourrés de défauts qu’ils auraient été intéressants de relever) qui est si je me souviens bien un ensemble d’individus faisant de la musique est pertinente dans la mesure ou elle ne fait pratiquement aucune mention de musique?

    bien à toi

  9. ah parce que critiquer les inrocks c’est en faire un ennemi juré et ben je crois que je viens de m’en découvrir une tripotée ( liste exhaustive non disponible)

    mon agressivité ? je ne peux pas savoir puisque je me suis “écrasé comme une merde” et que tu accuses une rédaction entière de plagiat.

    c’est assez typique, ton commentaire est clairement ordurier et après tu nous la joues jeune pucelle en fleur lorsque tu trouves une réponse pourtant bien diplomate

    je n’ai pas d’avis sur ce groupe en fait si je me branle des hot chips comme du premier ukulélé de julien doré, c’est dire

    ps : “que j’ai eu l’occasion d’entendre de ma propre oreille” on entend rarement avec son postérieur mais peut être as tu cette faculté ?
    ps2 : si tu croises Bester avec une côte de maille à fleurs c’est qu’il aura définitivement choisi de prendre les armes

  10. ça va être fatiguant de relancer le débat sur ce point, mais bon, il faut bien : il ne s’agissait pas de “critiquer les inrocks” mais de phrases du style “les inrocks? on les déteste” avec une intonation dans la voix qui ne trompait pas. Je ne sais pas, demande directement à ton boss ce qu’il en pense.

    En fait, j’ai fait ce rapprochement avec les inrocks parce que je savais que ça vous énerveraient et je voulais avoir l’opinion d’un journaliste (je t’avoue que j’aurais préféré quelqu’un d’autre) sur quelque chose de plus profond, à savoir la pertinence de cet article.

    Malheureusement, la seule chose qui semble t’intéresser est de laver l’honneur -ô combien souillé- de ton webzine par ma petite remarque, et la seule opinion que j’ai pu obtenir, tu la connais (“je m’en branle de hot chip”)

    ps : “de ma propre oreille” est une expression -certes très ampoulée, mais je ne suis pas aussi subtil que toi, champion- qui marquait ici le fait que je n’interprétais pas un écrit mais que j’avais assisté à la déclaration. Bon apparemment ça n’a servi a rien puisque tu penses toujours qu’il ne faisait que les “critiquer”.

    ps2 : si tu croises quelqu’un qui a un avis sur hot chip et sur la musique en général, n’hésite pas à me l’envoyer

  11. tu veux mon avis sur cet article ? je pense qu’il est bon parce qu’il fait courir des gars comme toi.
    pour mon avis sur la musique tu peux rechercher mes articles et mettre une note fielleuse en bas de page

  12. toute façon, Hot Chips c’est un truc pour l’apéro. à la votre. après on passe à table pour le consistant [insérez ici votre plat préféré], et tout le monde est content.
    perso Ismène, j’ai bien ri.
    tchin’

  13. Il est clair que cet article ne se fonde pas sur une analyse musicale du groupe, ce qui est gênant puisque c’est bien pour ça qu’on se réunit dans une atmosphère amicale.

    De plus, ces quelques lignes sont fichtrement mal écrites (“le romantique échevelé des paroles auto-tunées…”, synthaxiquement, le “romantisme” est de meilleure augure), et les concepts sont menés à mal: le romantisme éyant été un mouvement littéraire dont les protagonistes revendiquaient un désespoir résigné dû à la nostalgie de l’Empire du début du 19ème siècle. Par extension, il symbolise une attitude de doute et de souffrance intérieure, d’exaltaion de l’âme quant à des questions existentielles. C’est finalement bien éloigné de la définition qu’on donne aujourd’hui à se terme galvaudé, c’est-à-dire une sorte de penchant pour le discours amoureux et l’exacerbation de la sensibilité qui va de paire.

    certes, il y a eu (et il y en a probablement toujours) de grands journalistes -gonzo, justement- pour envoyer valdinguer un groupe de mauvais musiciens benêts à coup de grandes insultes et d’humeur au vitriol (hunter S. Thompson et Lester bangs bien sûr!), le propos était rendu crédible par une argumentation fine, voire érudite, du paysage social et musical alentour. Vouloir faire la même chose sans le solide fondement de la connaissance et de l’argumentation logique, c’est se conforter avec complaisance dans la pose du marginal futé. Hors le rock, c’est justement la lutte contre la complaisance. Ceci n’est pas une critique, juste l’idée que m’a évoquer cette article et les commentaires qui s’en suivent.
    A bon entendeur, salut.

  14. @ serlach : merci pour ta réponse, même si je ne suis pas sûr de comprendre le sens de “courir”

    @ flux : merci de pointer le ridicule de cet article et de son auteur, qui a sans doute oublié que la forme n’est rien sans le fond. Euh, par contre fait gaffe tu critique l’orthographe alors que ton commentaire est bourré de fautes.

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