Je voulais vous la faire à l’envers, tout sourire dehors et pirouette finale, de quoi vous refiler l’envie d’aller acheter le disque (pardon), enfin de cliquer sur la souris pour all

Je voulais vous la faire à l’envers, tout sourire dehors et pirouette finale, de quoi vous refiler l’envie d’aller acheter le disque (pardon), enfin de cliquer sur la souris pour aller chercher le bonheur. Mais les mauvaises nouvelles étant ce qu’elles sont, j’ai opté pour un gros pain dans vos gencives. Voici donc Mono, combo japonais qui fait dans le lyrique’n’roll et le premier qui se marre ramassera ses dents. Allez, on y va.

L’emphase, c’est tout ce qu’il te reste. Oui. Et ne regarde pas tes baskets quand je cause, je suis sérieux. Une fois que tu as payé la taxe d’habitation, la facture de gaz et les bonbons pour la toux, te voilà bien dépourvu quand l’hiver arrive. Comment ça il est fini ? Ça ne finit jamais l’hiver, petit scarabée. Mono bonne musique pour toi. Japonais fous. Japonais lyriques jusqu’à l’os. Et puis Japonais à guitare, on a jamais vu ça d’abord ? Non, c’est bien ce que je disais. L’emphase. Le soulèvement. Et enlève-moi cette casquette. Une bonne fois pour toutes.

Par où commencer ? Par Steve Albini à la production. Par un orchestre de 28 musiciens. Par le titre, Hymn to the immortal wind. Par où tu veux, en fait. D’où que tu le prennes, ce disque te reviendra dans la figure, à un moment ou à un autre. Oui c’est vrai, ça ne chante pas. Et alors ? Oui ça fait parfois B.O d’épopée lyrique où une armée de chevaliers passent au ralenti devant un soleil couchant sur le chemin de la bataille finale où il ne pourra en rester qu’un et encore.

Oui, c’est vrai. Mais enfin… une baston à grande échelle où ça défouraillerait à qui mieux mieux, qui ne voudrait pas en être ? Gonflé du sentiment que toutes ces têtes décapitées, c’est pour la bonne cause?

Et puis tu apprendras qu’il faut voir plus loin ; passés le champ de bataille et le sang coagulé, les viscères pas jojo à mater et les regrets au fond de la gorge (il y a toujours des regrets, cette mémoire qui gratte à la porte malgré le regard qui essaye de biaiser), il y aura la lumière. Pas façon gospel où tout est réparé ; pardonné (non ça c’est interdit, pas qu’on ne veuille pas c’est juste que c’est IMPOSSIBLE). Non, la lumière. Tu entends ce que je dis ? La lumière tambour, la lumière pulsation, la seule, la belle, l’unique lumière. La lumière larsen qui fait des nœuds dans ton ventre, des nœuds dans tes genoux, des nœuds au bout de tes doigts, des nœuds partout.

Il me semble, petit scarabée, que tu fais moins le malin à présent.

Alors oui, l’emphase c’est tout ce qu’il te reste. A présent que sont balayés les prétextes, les excuses, les dérogations. Les petits arrangements et autres magouilles de miroir. L’emphase. Le rentrer en dedans. Le lâcher prise, le s’envoler. Hymne à l’immortel vent ? Et pourquoi pas, après tout ? Ca vaut mieux qu’une soirée clubbing, un plateau rock jeunes talents ou jah love vibration.

Car à présent le frisson, tu sais ce que ça veut dire, non ? Cette guitare par DESSOUS la peau, ces larsens dictant ta respiration et cette batterie qui ne tombe jamais en panne. Et quand bien même la pression retombe parfois, tu n’as plus rien pour te protéger, nulle part où te cacher : où que tu regardes, l’horizon est en feu. Et pas la peine d’insister, c’est mon dernier mot.

Mono // Hymn to the immortal wind // Human Highway

http://www.myspace.com/monojp

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