C’est l’un des disques les plus étonnants de la rentrée, l’alliance d’un brailleur américain adulé par les demi-sourds et d’un confectionneur français naviguant sous les radars depuis 3 décennies. Avec ces deux là, on pouvait s’attendre au pire et pourtant, « Corpse Flower » recèle quelques surprises dont la plus grande : la petite Melody Nelson a bien grandi et elle chante désormais comme un camionneur.

« Corpse Flower » est un disque étonnant. De par ceux qui l’ont fait naitre, d’abord ; Patton s’étant fait connaître avec Faith No More, un groupe de metal qu’on a toute la peine du monde à respecter ; Vannier avec son travail d’arrangements (et de composition) dont le plus célèbre pour Gainsbourg et luttant depuis pour sortir de cette case où les Français l’ont un peu trop rapidement laissé prendre la poussière. Puis étonnant, également, par son sens du à rebours. Huit ans, c’est le temps qu’il aura fallu pour l’accouchement depuis la rencontre entre les deux, un soir de 2011 à Los Angeles – lors d’une soirée hommage à l’homme à tête de chou. Prenant l’époque à contrepied, impatiente, ce long format de douze chansons semble au premier abord se foutre de la gueule de l’auditeur ; un peu comme si Bruce Willis participait soudainement à un film d’Eric Rohmer.

Pour finir avec les apparences, disons que de loin, en photo, le premier, 51 ans au compteur, ressemble étonnamment à Alexandre Astier – nous ne pouvons pas à l’heure actuelle en tirer la moindre conclusion. Le second, fidèle à lui-même et à la réputation, fait la gueule. La soirée s’annonce longue, on y entre à reculons, autant pour la réticence au premier que pour l’amour qu’on porte au second, eu égard de ses faits d’arme – même jusqu’à Salade de Filles, son dernier projet en date, en 2014.

Cette vieille fleur, pourtant, permet de renouer avec une époque oubliée depuis presque 40 ans. Souvenez-vous : nous en étions resté au moment où Mélody, s’étant pris une Rolls Royce dans la gueule, avait vacillé. C’était en 1971 et depuis, Vannier avait eu grand mal à se relever. Dès la piste 2, nommée Camion, tout revient. Les arrangements, les cordes, le son, l’ambiance de ce qui fit le succès du concept album de Gainsbourg, avec ses violons coupés au cutter, ses lits mélodiques généreusement étendus pour qui voudra bien s’y engouffrer. Il faut l’entendre pour le croire ! Feu de paille, artifice bien placé pour faire illusion ? En fait, pas. « Corpse Flower » est un beau trompe-l’œil. En optant pour Patton comme épouvantail américain, mauvais sosie de Tom Waits avec sa voix éraillée de mangeur de bouteilles, Vannier réussit autant à faire un beau bras d’honneur à la France qu’à réanimer l’esprit de Melody quand plus personne, pourtant, n’y croyait.

Il reste malgré tout des atrocités. Comme Insolubles, où la diction maladroite de Patton mériterait à elle seule une convocation devant un tribunal géré par Bernard Pivot. Où Chanson d’amour, qui fait penser aux roucoulades mal articulées d’Iggy Pop période « Après », avec des « doudidou » à la Jane Birkin dans la bouche d’un mec qu’on pensait habitué aux cailloux. Mais le reste de l’album, en dépit du chant maniéré, des all too much à chaque coin de phrase, permet à Vannier de retrouver un champ d’expression où le français n’est dès lors plus un obstacle, puisqu’il est chanté par un Américain.

Il faudra donc écouter cet étrange objet du désir malgré Patton, supporter ses beuglements pour mieux les dépasser, et ainsi pleinement plongé dans ce qui ressemble à un disque de « rock » harmonique où Vannier en met plein la gueule à tout le monde. Ses mouches volent encore et il reste, à 76 ans, un formidable marionnettiste ; c’est en synthèse ce qu’on aurait aimé lui dire s’il avait accepté de répondre à nos questions – interview refusée par le principal intéressé à cause du « ton » Gonzaï. Ne reste plus qu’à oublier les jérémiades de l’infâme Patton pour plonger, avec délice, dans cette fleur carnivore.

Mike Patton & Jean-Claude Vannier // Corpse Flower // Ipecac

 

16 commentaires

    1. MON CHER empailleur PARCE QUE LE LABEL DE Finders Keepers Records (label londonien la reedité une premiere fois en 2005 , le label et vannier sont tres en vogue chez les hisptets blanc gentrifier de paris de lyon et de Navarre et donc tu vas le trouvé en vinyle au prix moyen de 30 boules , ,je vomie cette vinyle mania ,on nous prends pour des pigeons

    2. jamais lu un commentaire aussi pitoyable sur mike patton vous n’y connaissez rien c’est la première et la dernière fois que j’entends parler de vous . Changez de métier malentendant !

  1. dans un univers “assez proche” du ’Corpse Flower’’ de Mike Patton et Jean-Claude Vannier ,je recommande l’album de KEVIN ROWLAND (ex Dexys Midnight Runners) paru en 1999 chez creation records ,au passage la pochette de l’album est kitch et délirante a souhait https://youtu.be/rxmQYWjTjwc

  2. white trash so look @ percentage sell on the cogs web site mid year season, C CHIOTTE CHIOTTE CHIOTTE sauf le Napoli quelque chose qui se fait presser en FRANCE! 1 comble 2 chiottes!

  3. Je crois chers journalistes haineux de gonzai,ah non c’est vrai vous luttez pour une liberté de ton! Mon cul vous êtes comme les autres,quand vous n’aimez pas vous tapez dessus.Alors quid des haters?Et puis je pense que mike patton doit s’en branler pas mal qu’on lui tape dessus aussi facilement.On doit pas être du même monde mais sa carrière et le respect qu’il impose autour de lui parle pour lui.Ah on peut pas tout apprécier mais la façon dont vous parlez du monsieur vous décrédibilise auprès d’une grande partie de la presse musicale. Mais vous en faites parti ou pas, vous, de la presse musicale?

  4. Au fait comme en plus d’etre Sourd vous êtes peu au fait saviez vous que Patton est considéré comme l’un des meilleurs chanteurs de rock de tous les temps que ce beuglard qui mange des cailloux est aussi à l’aise en crooner qu’en chanteur de black metal écoutez donc monde cane et qu’il possède 6 octaves et demi ça fait beaucoup pour un brailleur de jérémiades . Torchon faussement underground adieu

  5. Je ne sais pas si c’est pure provocation que d’écrire autant d’inepties sur un chanteur qui n’a eu de cesse d’explorer toutes les techniques vocales possibles et s’est ouvert aussi bien au métal, qu’au jazz, qu’au chant lyrique contemporain, qu’au rap, qu’à la composition de musique de films. En fait je crois qu’il suffit d’écouter l’interview de Vannier sur FIP qui dit ni plus ni moins qu’il s’agit de l’un des plus grand chanteurs qu’il ait rencontré. J’espère que cet album en tout point exceptionnel incitera certains lecteurs à passer outre votre vision réduite d’un chanteur talentueux, iconoclaste et hors système, et à se plonger dans Mr Bungle, Mondo Cane, Tomahawk, Peeping Tom ou la BOF de The place beyond the pines.
    Continuez quand même votre taf putaclick, l’essentiel est tout de même que vous parliez d’un fantastique album.

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