John, Paul, George et Ringo. Entre 1962 et 1970, ils furent la tétrarchie qui imposa sa férule espiègle sur une pop culture pas encore rincée, éclatée, épuisée. Et forcément, quatre garçons fabuleux plus célèbres que Jésus-Christ, ça draine son lot de petits scarabées. Pensez donc aux millions de touristes qui se font photographier sur le passage piéton de la Rue de l’Abbaye.

Comme un gamin de sept ans peut enfiler un T-shirt rouge, taper dans un ballon en mousse et se prendre pour l’idole d’Anfield Road, ces groupes-là sonnèrent parfois plus Beatles que les Beatles eux-mêmes. Qu’ils soient des musclors de la copie quasi carbone (ELO, Oasis, Tears for Fears) ou des cinquièmes couteaux touchants (Gorky’s Zygotic Mynci, The Spongetones, Promise), des revivalistes facétieux (Utopia, XTC sous leur faux-nez The Dukes of Stratosphear) ou des outsiders 60s (Rainbow Ffolly, The Knickerbockers, Badfinger), des parodistes géniaux (The Rutles, The Monkees), des disciples psyché (Klaatu, Tame Impala) ou des rejetons pop (Juan Wauters), voilà une tripotée d’épigones qui eurent les yeux, les oreilles et les doigts en liaison directe avec les rives de la Mersey. Et s’ils ne purent pas tous prétendre être plus gros que les Beatles, aucun d’entre eux ne manquera, dans une autre vie peut-être, d’aller faire son Erasmus à Hambourg avant de prendre sa carte auprès de la fanfare du club des cœurs solitaires du Sergent Poivre.

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