Selon « lesinrocks.com », il y a « dix choses à savoir » sur le Good Times de Chic. Dix choses, pas une de plus, pas une de moins. Si t’en sais que neuf, t’es qu’un œuf, et si t’en sais onze, ta tête explose. Ces espèces de listes à la Prévert qui fleurissent dans la jungle foisonnante et sauvage du web me hérissent au plus haut point. Culture Kleenex : tu lis vite fait (c’est rarement passionnant), tu te mouches dedans ou tu te torches avec, puis tu jettes à la poubelle ou dans les gogues cette maigre nourriture pour l’esprit. T’as pas mal au crâne après, et même du sacré « temps de cerveau humain disponible » et tu cours donc fissa t’acheter un Coca.

Joël Tribhout, photographe et fabuliste, a conté le festin d’un papillon et d’un bourdon se régalant de concert du nectar de la même fleur, sans animosité. La morale de sa fable a les accents d’un texte de Chic : « Le partage doit être un acte naturel, / Nos compères l’ont ici bien compris, / Ne vivons pas dans la querelle, / Dégustons la vie entre amis. »

Chic est un Moro-sphinx, lépidoptère mi-bourdon mi-papillon, connu pour sa capacité enchanteresse à butiner en vol stationnaire, comme s’il lévitait. Tandis que la basse de Bernard Edwards fait bourdonner son groove, la patte experte de Nile Rodgers libère des notes légères comme des papillons. Et les gais danseurs qui virevoltent sur du Chic le font en suspension au-dessus du sol, défiant les lois de la gravité. Ceci étant dit, il est temps à présent de rentrer dans le dur en disséquant les « dix choses à savoir » sur le Good Times de Chic selon les Inrocks. Je suis pas un méchant garçon, mais ça va dézinguer un tout petit peu quand même, forcément.

Chose n°1 « Good Times est extrait du troisième album de Chic, Risqué. Sorti en 1979, ce disque avait un budget de 160 000 dollars et contient notamment l’autre tube My Feet Keep Dancing. »

Un budget de 160 000 dollars, mince alors, mais c’est vraiment une « chose à savoir » ça ? C’est couillon pour moi dis-donc, je l’aurai complètement zappée avant même d’avoir cette phrase terminé.

Chose n°2 « Le titre, et surtout la partie de basse chaleureuse de Bernard Edwards, est l’un des morceaux les plus samplés de l’histoire de la musique. Le site whosampled.com en compte 145. »

Moi, j’aurais été dithyrambique au sujet de la ligne de basse d’Edwards. J’aurais au minimum dit qu’elle est chaude, ronde, charnelle, caressante et chaloupée. Et pompée jusqu’à l’os aussi, y a pas à tortiller là-dessus.

Chose n°3 « Parmi eux, le titre Rapper’s Delight de Sugarhill Gang, sorti la même année que l’album de Chic. Le groupe disco a découvert l’utilisation de samples de Good Times en écoutant une cassette : ils n’avaient pas été contactés au préalable. Après avoir menacé le label d’une poursuite en justice, Bernard Edwards et Nile Rodgers ont été crédités comme co-auteurs de ce titre fondateur du hip-hop. »

Le plus cocasse dans cette affaire, c’est qu’avant que l’embrouille n’éclate, les membres du Sugarhill Gang étaient montés sur scène pour rapper sur Good Times lors d’un set de Chic à New York. Ils y avaient été invités par Nile Rodgers en personne, qui les avait laissés scander leurs pieds nickelés façon freestyle, tels des poètes agités improvisant leur truc. Ah, et puis, c’est sans doute une chose pas utile à savoir non plus, puisque les Inrocks n’en pipent mot, mais le Sugarhill Gang n’a pas samplé Good Times stricto sensu. La musique a en fait été réinterprétée en studio par Positive Force, un groupe funk signé sur le même label que le combo hip-hop du New Jersey. Du « replay » que ça s’appelle, figure-toi.

Chose n°4 « Le titre de Sugarhill Gang a rencontré un énorme succès et a gagné plus d’argent que celui de Chic. »

Et d’une, tu l’auras compris, l’argent ne m’intéresse pas, et de deux, je vois pas pourquoi Les Inrocks se prennent tout à coup pour Les Échos. Quoi qu’il en soit, cet item aurait pu être intégré au précédent, mais il en fallait dix au total pour faire bonne mesure, alors voili voilou, Les Inuptibles nous pissent du paragraphe inutile. Comme tu m’as l’air d’un naturel curieux, je vais te faire offrande d’une vraie « chose n°4 ». En tournée dans les années 2010 je crois, quand Nile Rodgers flanqué de Chic nouvelle mouture envoyait Good Times, il prenait un malin plaisir à y insérer des extraits du texte de Rapper’s Delight. Et rappés par ses soins siouplaît, pas par ses chanteuses/choristes.

Chose n°5 « Good Times présente aussi de nombreuses similitudes avec le Another One Bites the Dust de Queen : Chic a régulièrement souligné le plagiat de la ligne de basse. D’après Bernard Edwards, le bassiste John Deacon traînait à l’époque beaucoup (trop) dans leur studio. »

D’accord Hector, mais ça serait pas plutôt Another One Bites The Dust qui présente des similitudes avec Good Times ? Et ces similitudes ne sont pas si « nombreuses », vois-tu : il y a les premières mesures de la ligne de basse et… et point barre. Allez, fonce Alphonse, repasse-toi la scie de Sa Majesté britonne, et tu verras bien si je déconne.

Chose n°6  « Le morceau Rapture du groupe Blondie sorti en 1980 présente aussi pas mal de points communs. Nile Rodgers, amie de Debbie Harry (il produira son album Backfired, sorti en 1981), y voit plutôt un hommage. »

A toi, je peux bien le dire : je sais que Chris Stein a confessé que le « tissage » basse/guitare de Rapture lui avait été soufflé par la ligne d’Edwards mais, par pure mauvaise foi assumée, j’ai décidé de m’en branler dans ce qui suit.

Sous la plume affûtée des Inrocks, Nile Rodgers change donc de sexe au gré d’un bullet point facétieux, mais c’est un détail. Ce qui me chiffonne, c’est que j’ai beau écouter et réécouter, je n’entends rien de Good Times là-dedans. J’entends par contre le carillonnement des cloches de I Want Your Love, autre sommet de Chic. J’entends aussi Debbie Harry « rapper », et mes oreilles dressées captent bien que la Marylin disco-punk n’est pas Lil’ Kim. Mais c’est peut-être son rap foiré qui a fait dérailler le wagonnet n°6 du train-train de la mimine brinquebalant, émétique et mastoc des Inrocks. Je m’explique. A un moment, Debbie dit : « Flash is fast, Flash is cool », rendant ainsi hommage à Grandmaster Flash. Et il se trouve que ce dernier a pondu en 1981 The Adventures Of Grandmaster Flash On The Wheels Of Steel, un « live DJ mix » sur lequel il scratche et mixe divers morceaux, dont Good Times, Rapture, Another One Bites The Dust et Rapper’s Delight. Ce trop-plein de filiations a dû faire disjoncter la sagacité de nos estimés confrères.

Au lieu de t’encombrer le rassoudok avec cette « chose à savoir » qui n’en est donc pas une, je te propose d’embarquer sur le Wot, fier esquif d’un sensible capitaine en rupture des Damned. Là, tu trouveras un véritable « point commun ». Soit la ligne de basse, comme d’hab.

Chose n°7 « Dernier clin d’œil, celui rendu par les Daft Punk sur le titre Around The World. Nile Rodgers collaborera ensuite avec le duo casqué sur leur dernier album, Random Access Memories et le fameux Get Lucky. »

Sur ça, rien à dire, si ce n’est que j’aime bien vanner les « Punk Idiot », ces deux androïdes pas drôles qui, après nous avoir bassinés avec leur electro house à la Mickey Mouse, ont versé dans le funk pour robots ménagers. Les moutons électriques rêvent-ils de Daft Punk ? Si c’est le cas, je les imagine assez bien se gondoler dans leur sommeil.

Chose n°8  « Le titre a largement été influencé par un vieux titre écrit par Milton Ager et sorti en 1929 (et que reprendra Barbra Streisand en 1962) : Happy Days Are There Again. Ce morceau servira notamment à illustrer la campagne présidentielle de Roosevelt. »

Le titre du morceau est approximativement cité, mais passons. En revanche, l’argumentaire est furieusement famélique, c’est un doux euphémisme pour un délit caractérisé de discrétion abusive. Je balance pas, je t’informe. Nile Rodgers a révélé que Good Times évoquait en creux la Grande Dépression et la Renaissance de Harlem. L’insouciance jubilatoire de Good Times, pied de nez aux chocs pétroliers de 1973 et 1979 et à la crise économique mondiale qui s’avance en montrant les crocs, fait écho à celle de Happy Days Are Here Again, sorti l’année du krach boursier qui préluda à la Grande Dépression des années 30.

Ainsi, le premier vers du premier couplet de Good Times est « Happy days are here again ». Dans ce même couplet résonne le cri de ralliement « Let’s get together, how ’bout a quarter to ten », référence au About A Quarter To Nine d’Al Jolson. A partir de là, faire le lien avec la Renaissance de Harlem, mouvement culturel afro-américain de l’Entre-deux-guerres, c’est un poil coton (sans jeu de mots à la con), mais te bile pas, je vais t’affranchir (sans jeu de mots défraîchi). Au début du vingtième siècle, l’artiste de music-hall Al Jolson amusait la galerie en poussant la goualante grimé en noir, dans la grande tradition ricaine des minstrel shows de triste mémoire. Il s’est ensuite illustré dans The Jazz Singer, film de 1927 dont il tenait le rôle principal, celui d’un mec qui devient la nouvelle coqueluche de la chanson sous les traits d’un blackface. D’aucuns diront qu’on ne se refait pas et ils auront tout faux. En effet, James Weldon Johnson, écrivain, poète et figure de proue de la Renaissance de Harlem, a adoubé Jolson pour sa contribution à la promotion d’Appearances de Garland Anderson (1925), première pièce de théâtre écrite par un black à fouler les planches de Broadway. Si je devais rédiger un article sur l’ambivalent Al, je l’intitulerais « Al Jolson ou les errements d’un honnête homme dans l’Amérique raciste de 1911-1950 »…

Et la campagne présidentielle de Franklin Delano Roosevelt dans tout ça ? Ben, si tu veux mon avis, les gars Nile et Bernie s’en carraient le proze de cette connerie.

Chose n°9 « Les paroles de Good Times reviennent sur la décennie des 70’s avec un brin de nostalgie. »

Mouais, Good Times est avant tout la réponse en mode fuck you de Chic à la vague « Disco Sucks » soulevée par des fans de rock à la mormoilnoeud qui ne goûtaient guère la musique inventée et dansée par les nègres, les latinos et les pédés. Le point Godwin de cette grogne des « Facho Macho Men » est atteint lors de la Disco Demolition Night, événement sportif promotionnel (sic) qui se tient au Comiskey Park de Chicago et au cours duquel une caisse remplie de skeuds disco est pulvérisée à l’explosif. Ce qui est incroyable, c’est que cette « Nuit de destruction du disco » a eu lieu en juillet 1979, mois de parution de Good Times. Me demande pas pourquoi, mais la Disco Demolition Night est annonciatrice du déclin commercial du disco. C’est pas mes oignons, mais il me semble que Les Échoruptibles auraient dû, en toute logique, s’émouvoir du manque à gagner induit dans leur papelard.

Chose n°10 « Dernière utilisation étrange de ce titre, celle qu’a fait Shakira pour son titre She Wolf en 2009. Quand on dit que Good Times est partout, c’est qu’il est vraiment partout. »

Je sais pas pour toi, mais pour moi, le discours des Rockuptibles devient inaudible, là. Je vois pas le rapport entre cette daube lycanthropique des tropiques de la mini pouffe colombienne et Good Times. Alors, soit mes tympans s’en tamponnent, soit ce torchon cochonné à la va-vite nous gratifie d’une ultime foutaise. Ne voulant en vain m’user les oreilles, et moins encore les voir saigner, j’opte de facto pour la seconde option. Et si on se remettait Need You Tonight d’INXS sur la platine ? Primo, ça fera plaisir à mon collègue et ami Gérard Love, ce qui n’a pas de prix. Deuxio, tu constateras que ce que les guitares y tricotent doit quelque chose à tu-sais-quoi maintenant. N’en déplaise aux Inrocks, Good Times ne saurait être « partout », ce qui serait flippant, mais il irrigue à n’en pas douter l’ode à l’amour physique et sans issue de Michael Hutchence & Co.

Chose n°11 (à ne pas savoir car ça ferait trop pour ta cervelle d’oiseau)

En 2011, Nile Rodgers a déclaré : « (Chic had aimed for the) sophistication of Roxy Music. But we knew we weren’t Bryan Ferry, so we put the girls in that role. » Pas compliqué de renifler que Nilou parlait du Roxy de 1975, celui de « Siren » et Love Is The Drug. Avant « Siren », Bryan et sa bande à part faisaient dans le glam-prog, un truc inouï et unique en son genre, très éloigné de la « machine à freak » de Chic. Si l’avant-garde est toujours de mise sur la plupart des morceaux de l’album « Siren », Ferry a décidé lors de la conception de ce dernier que l’heure était venue pour Roxy de s’ouvrir à un public qui avait simplement envie de danser. Both Ends Burning et surtout le « funky but chic » Love Is The Drug, qui visent cet objectif, raflent crânement la mise. Mais c’est le deuxième titre qui nous intéresse ici, celui dans lequel un Bryan titubant, la bite en étendard, chante avec délectation son addiction au sexe. La musique y est en effet brodée sur la ligne de basse de John Gustafson, dont Nile Rodgers a dit s’être inspiré pour mettre au point avec Bernard Edwards celle de Good Times. Et si on le buvait au goulot, ce putain de Love Is The Drug ? Primo, ça fera plaisir à mon boss et néanmoins ami Bester, ce qui n’a pas de prix. Deuxio, ça t’aidera à trancher en ton âme et conscience la question suivante : Nile Rodgers avait-il encore toutes ses facultés quand il a dit ce qu’il a dit, ou grésillait-il déjà sous l’effet des champirigolos becquetés en scred avec les Daft Punk ? Et cherche pas la date de son témoignage sur les Internet, gros malin, l’organe de Corti n’est pas fait pour les chiens.

Si mon papier ne t’as pas trop fatigué, et s’il te reste quelques menues minutes à m’accorder, jette un œil (voire les deux) à la pochette du premier album de Chic, sobrement intitulé « Chic » ; tu me diras en retour si elle ne te fait pas penser aux écrins glamour des disques de Roxy. Quand Nile Rodgers parlait de sophistication à propos du groupe de Bryan Ferry, sophistication à laquelle Chic aspirait, il ne faisait vraisemblablement pas allusion qu’à sa musique. Bryan Ferry et Nile Rodgers ont très souvent taffé ensemble et sont presque devenus potes (« Il est aussi extraverti que je suis timide », dixit Ferry). Bryan a fait gratter Nile sur la plupart de ses albums solos depuis « Boys And Girls » (1985). Nile n’a produit qu’une seule fois Bryan, pour l’impeccable single Help Me de 1986. Dommage, un voyage au long cours du Ferry porté par le Nile, ça aurait eu de la gueule, non ?

34 commentaires

  1. Mouais, voir l’utilisation des points rythmiques de la basse de “Good Times”, c’est comme considérer comme vil plagiat le Diddley Beat, le mi/Re/la de “sympathy for the devil/I can’t stand it anymore /Gloria/, le Funky Drummer des JBs, ou les 12 mesures du delta. Tout cela ne signifie rien, on aménage son Lego avec les briques que l’on veut. Si la chanson, même truffée de plagiats, demeure singulière et bonnee, elle a rempli son rôle.

                1. “On voit la mollesse comme un mal en soi, mais c’est ne pas considérer qu’elle est surtout une réaction à l’activisme extravagant de beaucoup.”
                  Paul Maurice

  2. sinon… Fotomatic peuvent pas sortir la doffine pour le rsd d’avril… quelle poisse…..pour les tresoreriers d’ordures de disquaires……

  3. J’avais déjà remarqué cette petite musique à propos de l’évènement “Disco Sucks” dans le stade et qui serait en fait un manifestation crypto anti-gay.
    Je remarque que le complotisme touche aussi ceux qui défendent des causes qui n’engage à pas grand chose mais qui flatte surtout la bonne conscience.
    C’est toujours facile de surinterpréter un évènement après coup et lui donner les couleurs qui nous conviennent sans les remettre dans le contexte.

  4. Écrire “pédé” ça fait transgressif pour pas un rond. C’est comme dire “wesh” dans une cour de récré du 16ieme ça fait toujours son petit effet
    Sinon a rien compris à l’article

  5. Discussion d’experts en musicologie … !
    Quel que soit le sujet les experts ne sont jamais d’accord ce qui, en général, éclaire ou obscurcit les idées des néophytes
    Sur le fond je n’ai pas vraiment porté d’attention au disco (sauf pour ABBA et ses chanteuses) qui est une musique à danser pour ceux qui savent bien se déhancher mais par pour moi qui est raide comme un piquet et totalement absent des boites de nuit.
    Je ne porte pas non plus d’attention au rap cette musique à une, voire deux notes pour les mélodies les plus compliquées, avec de plus, des textes trop abondants rendus incompréhensibles par le haut débit de paroles.
    Pour conclure , il ressort que les bonnes idées sont souvent copiées, améliorées voire sublimées (et quelque part c’est un compliment, volontaire ou non, à l’auteur).
    Et quand le business s’en mêle !
    J’apprend que le morceau de Led Zeppelin « Stairway to Haeven » paru au début des années 70 sort juste d’un procès pour plagia….
    A propos, quand Michel nous feras tu un article de ton cru sur ces légendes du rock ?

    1. En fait de discussion d’experts, il se trouve que, par ici, les commentaires sur la zique se comptent sur les doigts d’une main à laquelle il en manque trois.

  6. Freak out! Le freak c’est chic
    Ah la bonne époque du patte d’eff et costume paillettes moulant, chemise col pelle à tarte 🙄 ça vous change un homme.
    Merci monsieur Peyras pour ce changement de garde robe entre le trash vestimentaire presque inexistant du varan et le chic du chic. Allez je vais fouiller dans le grenier et me changer ça fera toujours rire les gosses pendant cette période de confinement

    1. En fait, je suis pas trop fan du disco, mais Chic c’était vraiment la classe. Et leur “Good Times” a une vraie histoire, intéressante à raconter. Au passage, chapeau bas pour la subtile allusion à Iggy.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Shares